Le nom de la Paracha signifie : « quand tu fais monter ». (Devarim 8: 2)
Aharon reçoit le commandement de faire monter la lumière dans les lampes de la Menorah et la tribu de Lévi est initiée à son service dans le Sanctuaire.
Un « Second Pessa’h » est institué en réponse à la pétition : « Pourquoi serions-nous privés ? » lancée par un groupe de Juifs qui n’avaient pas été en mesure d’offrir le sacrifice pascal, en son temps, parce qu’ils étaient rituellement impurs. D.ieu instruit Moché sur les itinéraires des voyages et des campements d’Israël dans le désert et le peuple part en groupement, du Mont Sinaï, où il avait campé pendant presqu’un an.
Le peuple est insatisfait de son « pain du ciel » (la Manne) et demande à Moché de lui fournir de la viande. Moché désigne 70 Anciens, auxquels il transmet son esprit, pour l’assister dans la charge de diriger le peuple.
Miryam parle de Moché en termes négatifs et est punie par une lèpre. Moché prie pour sa guérison et toute la communauté attend sept jours jusqu’à ce qu’elle guérisse.
La Paracha commence en relatant la suite des événements qui avaient eu lieu le Roch ‘Hodèch Nissan, un an après la sortie d’Égypte. La Torah commence en décrivant ce jour très spécial : le jour de l’assemblement du Michkane (le Sanctuaire du désert), à la fin de la Paracha Pekoudé, presque tout au long du Livre de Vayikra et au commencement de Bamidbar. La date en était Roch ‘Hodèch Nissan.
La seconde partie de la Paracha de cette semaine discute de la manière dont le peuple se déplaçait au cours de ses voyages dans le désert.
Il y a un lien entre ces deux récits. Après que le peuple l’eut assemblé, un nuage (symbolisant la Présence Divine) plana sur le dessus du Michkane. Quand ce nuage se levait et avançait vers une nouvelle direction, le Peuple juif levait le camp et voyageait dans son sillage.
C’est ainsi que la manifestation de la Présence Divine déterminait le chemin qu’empruntaient les Juifs. C’est la raison pour laquelle les détails de la manière dont ils voyageaient sont mentionnés immédiatement après que la Torah a fini d’évoquer l’assemblement du Michkane et son service.
Il est significatif que la Torah discute des voyages des Juifs dans la même Paracha que l’évocation de l’allumage de la Menorah (le Candélabre). Plus encore, le nom de cette Paracha, qui indique son contenu, est également associé à l’allumage de la Menorah.
Cela montre un lien entre tous les détails de la Paracha et la Menorah. Bien que cette connexion ne soit pas apparente, nous allons, en nous attardant sur le sens profond du service de la Menorah, comprendre son lien avec les voyages des Juifs.
Expliquons : Rachi rapporte que l’allumage de la Menorah est plus important que l’initiation de l’autel. Le Rambam (Maïmonide) explique cette déclaration en notant que le service des sacrifices sur l’autel ne s’appliqua que tant qu’existait le Beth Hamikdach (le Temple). Par contre, le service de l’allumage de la Menorah ne cessera jamais. Même après la destruction du Temple, nous le poursuivons en allumant les lumières de ‘Hanouccah, illuminant ainsi l’obscurité de l’exil. C’est ainsi que l’allumage de la Menorah est considéré comme un service fondamental du Michkane et il est donc bien mis en évidence.
Toutes les Mitsvot de la Torah sont éternellement applicables. Cela comprend également celles qui ne peuvent être accomplies par des actes concrets mais qui maintiennent leur portée spirituelle et servent de leçons pour nous guider chaque jour. Cela s’applique tout particulièrement au Michkane. En effet, nos Sages nous enjoignent de faire un Michkane, une résidence pour D.ieu, à l’intérieur de chacun d’entre nous. Néanmoins, l’allumage de la Menorah se distingue dans la mesure où c’est un service que nous accomplissons également de manière concrète, quand bien même il n’y a pas de Beth Hamikdach et même dans un lieu qui se situe en dehors des alentours du Beth Hamikdach, voire en dehors d’Erets Israël. Qui plus est, le service du Cohen n’est pas requis. Chaque Juif individuellement peut allumer sa propre Menorah, quel que soit son lieu de résidence.
Cela reflète l’importance primordiale du service spirituel de l’allumage de la Menorah, dans nos efforts pour créer « une résidence pour D.ieu » dans ce monde. « L’âme de l’homme est une lumière de D.ieu » et elle brille de toute sa lumière lorsqu’elle est illuminée avec la « bougie de la Mitsva et la lumière de la Torah ».
Cette pure lumière affecte non seulement le corps dans lequel est enveloppée l’âme mais également les gens, les lieux et les objets avec lesquels elle entre en contact. Tout comme la lumière de la Menorah se répand à l’extérieur et illumine le monde entier, ainsi notre but est d’apporter la lumière dans le monde entier. Olam, le mot hébreu pour « le monde », partage la même racine que le mot « Elam » qui signifie « ce qui est caché ». Notre but est de faire briller la Lumière de D.ieu au sein de tout ce qui est caché, c’est-à-dire de ce qui caractérise le monde, et de révéler ainsi que le monde est réellement la Demeure de D.ieu.
Bien que la Menorah fût allumée par les prêtres, chaque Juif fait partie du « royaume de prêtres » et peut donc allumer sa Menorah individuelle, tout comme la Menorah était allumée par Aharon, le Grand Prêtre. Aharon allumait les sept branches de la Menorah, correspondant aux sept approches différentes qui caractérisent le service divin des différents segments du Peuple juif.
En outre, toutes les lampes étaient tournées vers le centre de la Menorah, indiquant par là un sens d’unité. De la même façon, une fois que chacun a allumé la Menorah à l’intérieur de son âme, toutes ces lumières s’unissent pour former une Menorah d’Or unie et unique.
Le lien entre le fait d’allumer la Menorah et notre service divin s’exprime totalement dans les détails de cette Mitsva.
Tout d’abord, comme cela a été mentionné, c’était Aharon le Cohen qui allumait la Menorah. Cela indique que notre service personnel qui consiste à allumer notre Menorah intérieure, doit refléter les qualités d’Aharon. C’est dans cette veine que le Midrach indique : « Sois un disciple d’Aharon [en] aimant la paix, en poursuivant la paix, en aimant les créatures et en les rapprochant de la Torah ». Cela implique que nous devons aimer même ceux qui n’ont comme unique qualité que d’être des créatures de D.ieu.
Par ailleurs, Aharon avait reçu l’ordre d’allumer non pas une bougie mais sept. Cela impliquait qu’il devait inclure les sept approches différentes au service de D.ieu. De la même façon, chacun d’entre nous possède les capacités d’affecter le Peuple juif, de lui apporter de la lumière, en fonction de ses différentes approches de la vie.
A première vue, l’on pourrait ressentir que l’on ne peut entretenir de relations qu’avec un nombre limités de personnes juives. Mais pourtant, c’est une mauvaise estimation de notre potentiel. Quand l’on s’applique à se diriger dans cette direction, nos capacités augmentent. Plus nous prenons de l’expérience en nous liant avec de nombreuses personnes et plus nous grandissons pour finir par avoir le potentiel d’affecter de plus en plus de monde.
Le fait que les sept lumières étaient allumées chaque jour a une implication plus profonde. Cela évoque le fait que la lumière doit, et peut, être ajoutée au service Divin de chaque Juif, chaque jour. Même si l’on a atteint un certain niveau, l’on peut et l’on doit toujours aspirer à s’élever davantage encore. Et quand bien même l’on est à un échelon bas, la possibilité de monter n’est pas hors d’atteinte.
Enfin, Rachi note que le mot « Behaalotekha » (traduit approximativement par « quand tu allumeras ») signifie littéralement : « quand tu élèveras », impliquant que la bougie doit être allumée jusqu’à ce que la flamme s’élève d’elle-même vers le haut. Elle doit brûler par elle-même sans l’aide d’une autre lumière pour l’assister. Par le même biais, notre service divin doit être suffisamment fort pour continuer, indépendamment de toute influence extérieure.
