Au-delà des températures changeantes, le calendrier nous le signale avec l’espoir d’être suivi durablement par le soleil : l’été approche à grands pas. Cette saison-là n’est sans doute pas comme les autres. Elle renvoie immanquablement à l’idée de vacances, de temps libre longuement attendu et, surtout, la hausse des températures nous incline à une sensation de confort, de bien-être matériel inaccoutumée. Nos sages ont bien perçu ce changement comme un défi à relever, et ce n’est pas en vain qu’ils ont prescrit d’étudier le texte des Pirkei Avot chaque Chabbat entre la fête de Pessa’h et celle de Chavouot, et, dans de nombreuses coutumes, jusqu’à Roch Hachana. De fait, ces textes, de par leur nature même, leur contenu agissent sur ceux qui les étudient comme un instrument d’élévation, une manière de se dégager de la grossièreté matérielle pour aller vers des accomplissements plus essentiels.
Mais, outre ces constatations, il nous appartient de nous interroger sur l’attitude à avoir dans une telle période. Bien sûr, les vacances sont proches, sans doute déjà dans l’esprit de la plupart, et il faudra y revenir. Dès à présent cependant, notre regard sur le monde qui nous entoure doit évoluer. On l’a dit : la saison fait changer les choses, il nous revient donc d’accompagner ce changement. Par exemple, la longueur nouvelle des journées doit nous donner des opportunités nouvelles, la fin prochaine de l’année scolaire doit nous conduire à imaginer des voies nouvelles d’éducation etc.
C’est que la réapparition du soleil et sa puissance retrouvée après les mois d’hiver sont aussi un symbole fort. Dans la tradition juive, le soleil est l’image de la lumière Divine qui rayonne et descend jusqu’à nous pour nous faire vivre. C’est dire que, lorsqu’il affirme sa présence, cela évoque aussi la plus grande « visibilité » de D.ieu. En d’autres termes, notre Créateur nous est alors plus sensible qu’à l’accoutumée. Cela signifie qu’une fois de plus nous avons le choix. Nous pouvons considérer l’été comme un temps d’oubli de ce qui fait le plus précieux de l’humain ou, au contraire, en faire une période où nous trouverons le chemin de notre propre dépassement.
Rien n’est joué d’avance. Le temps en est donc venu, à nous d’agir.
