Sur la montagne de Sinaï, D.ieu communique à Moché les lois de l’année chabbatique : toutes les septièmes années, tout travail sur la terre doit être interrompu et ses produits rendus accessibles à tous, hommes et animaux.
Sept cycles chabbatiques sont suivis d’une cinquantième année : l’année du Jubilée au cours de laquelle, tout travail de la terre cesse, tous les serviteurs liés par contrat sont libérés et tous les états ancestraux de la Terre Sainte, qui ont été vendus, reviennent à leurs propriétaires originels.
Behar contient également des lois supplémentaires concernant la vente de terres et les interdictions de fraude et d’usure.
La Paracha aborde la Mitsva du Yovel, le Jubilée. C’est une Mitsva que l’on peut mettre en parallèle avec le compte du Omer auquel nous procédons actuellement. Ce dernier comprend 49 jours, le cinquantième étant la fête de Chavouot. De même, c’est après un intervalle de 49 années qu’est déclaré le Yovel.
Dans la même portion, est également décrite la septième année, comme était l’année de la Chemita [la septième année où la terre est laissée en jachère].
Le passage commence par les mots : « quand tu entreras dans la terre... la terre observera un Chabbat pour D.ieu. » L’on aurait pu s’attendre à ce que le passage commence par le verset : « Six ans tu sèmeras ton champ et six ans tu tailleras ton vignoble », et soit suivi par le commandement de laisser au repos la septième année. Cependant, l’objectif du verset est de montrer que le Juif est au-dessus de l’ordre naturel, que le but de son travail devrait lui permettre de faire en sorte que la terre soit dans une position où elle « observera un Chabbat pour D.ieu. »
Ce qui précède est particulièrement pertinent par rapport aux parades des enfants [qui se tiendront en l’honneur de Lag baOmer]. Ces enfants doivent être éduqués dans la voie de la Torah.
Il est naturel que les parents s’interrogent : « comment vont-ils gagner leur subsistance ? » La Torah elle-même enseigne qu’un père se doit d’apprendre un métier à son fils. Pourtant, un Juif doit prendre conscience que ses revenus ne dépendent pas de sources naturelles.
Ce concept est évoqué plus loin dans la même Paracha. La Torah déclare : « Et si tu dis : ‘que mangerons-nous la septième année ?’, D.ieu répond : ‘Je dirigerai ma bénédiction sur toi’. »
[Apparemment, cette question est difficile à comprendre. Le commandement concernant la septième année fut adressé au Peuple juif alors qu’il était dans le désert. Là, sa subsistance dépendait de la Manne. Pourquoi donc la Torah pense-t-elle que cette question se soulèverait dans leur esprit ? Avant d’entrer en Erets Israël, pendant trente-neuf ans, les Enfants d’Israël avaient mangé la Manne et avaient vu que D.ieu pouvait subvenir à leurs besoins. Cependant, les Juifs prirent conscience du fait que, si avant d’entrer dans la Terre, ils avaient été guidés par des miracles, une fois qu’ils seraient en Erets Israël ils devraient se conformer à l’ordre naturel. La Chemita enseigne que même au sein de l’ordre naturel, D.ieu pourvoit aux besoins du Peuple juif, de façon miraculeuse.]
La question est légitime. Puisque cette année nous « ne sèmerons pas de graines ni ne ramasserons notre récolte », il est naturel de se demander quelle sera la source de nos revenus.
La question est également adéquate aujourd’hui. Quand nous contactons des parents et leur demandons de donner à leurs enfants une éducation juive, de les exercer à adopter, dans leur vie quotidienne, un mode de vie juif, les parents demandent immédiatement : « Que mangeront-ils ? Comment leur sera-t-il possible de gagner leur vie ? » Le Rabbi précédent a répondu à ces questions en expliquant : « Qui apporte la subsistance ? D.ieu ! » D.ieu donne la vie et la subsistance à chaque homme. C’est « la bénédiction de D.ieu qui apporte la richesse. » Il n’y a pas d’autre ressource en dehors de Sa bénédiction.
Mais pour recevoir ces bénédictions, il est nécessaire de préparer un réceptacle qui doit être propre et pur pour que D.ieu puisse le remplir de Sa bénédiction. Il ne peut être façonné en agissant contrairement à Sa volonté. Il est sûr que nos Sages nous avertissent : « L’on ne doit pas se reposer sur des miracles », comme l’affirme le verset : « D.ieu te bénira dans tout ce que tu feras. » Autrement dit, nous devons faire quelque chose. Néanmoins, nos efforts pour gagner notre subsistance doivent être secondaires et nos principaux efforts consacrés à la Torah et aux Mitsvot.
Ainsi, bien que l’enfant doive, dans le futur, trouver une profession à exercer, il dispose d’assez de temps pour le faire quand il a vingt ans et plus. Les Pirkéï Avot (les Maximes de nos Pères) le déclarent : « A vingt ans va à la quête [d’une subsistance]. » Mais tant qu’il est jeune, il devrait consacrer son énergie à l’étude de la Torah, la voie qui le conduira à être béni par la richesse.
C’est pour cette raison, comme cela a été mentionné plus haut, que le passage commence par « Quand tu entreras dans la terre... la terre observera un Chabbat pour D.ieu. » Le premier pas dans l’éducation d’un enfant doit être dirigé vers son objectif, en lui enseignant depuis le tout début que « la terre observera un Chabbat pour D.ieu », c’est-à-dire que chaque facette de l’existence appartient à D.ieu. Alors, même au beau milieu de son existence quotidienne, « toutes ses actions se feront pour l’amour du Ciel. » L’enfant doit savoir qu’il est nécessaire d’agir dans le cadre de l’ordre naturel, mais il doit comprendre également que « la terre et son entièreté appartiennent à D.ieu. » Cette approche conduira à l’accomplissement des bénédictions de D.ieu : « Je serai ton D.ieu et tu seras Mon peuple... et Je te conduirai bien droit. »
Le livre des Tehilim (les Psaumes) déclare : « De la bouche des nourrissons et des jeunes enfants, Tu as établi la force de détruire nos ennemis et ceux qui cherchent la vengeance. » Les rassemblements d’enfants de par le monde [vont] « établir la force », « car il n’y a de seule force que la Torah », en récitant les versets de la Torah. Plus encore, ils [vont] combiner ces efforts avec la récitation de bénédictions qui sont similaires à la prière, le don de la Tsédaka (la charité) et l’engagement à de bonnes résolutions pour l’avenir. Nous pouvons donc demander avec assurance à D.ieu qu’Il accomplisse la suite du verset et détruise « les ennemis et ceux qui cherchent la vengeance », dans quelque forme qu’ils prennent.
Il est approprié de continuer l’élan de Lag BaOmer au moins jusqu’au lendemain, et si possible plus longtemps, jusqu’à ce que l’on puisse achever le travail d’impact et de joie expérimentés par les enfants dans les parades et les rassemblements.
Que ces efforts soient couronnés de succès et que ceci aboutisse à un renforcement dans l’étude de la Torah par les enfants juifs.
