Le récit de la semaine
Mosaic Express | January 26, 2024
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Le récit de la semaine

Mosaic Express | December 10, 2025

Dans le « camp de réfugiés » d’El Burej, au centre de la bande de Gaza, lundi 13 Tévet (25 décembre 2023). Le soleil va bientôt se coucher et Malkiel ben Yossef décide de profiter d’une courte pause pour prier Min’ha.

Malkiel a 35 ans, il habite dans le village d’Otniel ; il est marié, père de six enfants, entrepreneur et ingénieur de son métier. Le Chabbat de Sim’hat Torah (7 octobre 2023), il a été appelé en urgence, comme des milliers d’autres anciens soldats, mobilisé pour remplir son devoir de réserviste. Il fait partie du bataillon 450 qui forme entre autres les parachutistes.

« Après quelques semaines d’entraînement et de préparation, nous sommes entrés dans la bande de Gaza début novembre. Nous avons participé à de nombreux combats, nous sommes entrés dans les maisons et autres bâtiments de Shédjaya, dans l’université du quartier de Rimal et d’autres. Les quantités d’armes et de munitions que nous avons trouvées dans les écoles, les mosquées et autres hôpitaux sont absolument effrayantes.

Un matin, nous sommes entrés dans le camp (en fait des maisons) d’El Burej mais la progression fut très lente à cause de nombreux obstacles intentionnellement placés par les terroristes sur notre route. Au bout de quelques heures, nous avons reçu la permission d’avancer plus à l’intérieur, ce que nous avons fait. Mais, à un moment donné, nous nous sommes à nouveau arrêtés. J’ai levé les yeux au ciel et j’ai remarqué que le soleil se couchait : il était temps de prier Min’ha. Y étais-je obligé ? Il semble que non car la guerre que nous menons est absolument vitale et surpasse toute autre considération. Cependant, j’étais heureux de pouvoir prier, pour mes camarades mais aussi pour tout le Peuple juif - et aussi garder un semblant de vie normale. Je me suis levé, je suis allé dans un coin, près d’un arbre. D’instinct, je me suis tourné vers Jérusalem comme le demande le Code de Lois Juives. Je priai debout, en gardant les yeux ouverts : nous sommes en situation de guerre et, bien entendu, si l’ordre d’avancer était donné, j’avais décidé que je continuerais de prier tout en marchant.

J’avais à peine commencé la Amida, juste après la bénédiction Maguen Avraham (dans laquelle on remercie D.ieu Qui a protégé Avraham et continue de protéger ses descendants) que je remarquai du mouvement à 10 ou 15 mètres de moi... Il faut comprendre que, dans cet endroit, tout un groupe de soldats était déjà passé, des bulldozers et des tanks avaient déjà aplani le sol : c’était un endroit propre et vide, personne n’y avait remarqué quoi que ce soit. Ici et là, il y avait des gravats, sans doute les restes d’une cabane d’agriculteur.

Ce n’est que parce que je me tenais debout, en direction de Jérusalem, les yeux bien ouverts que j’ai pu remarquer ce mouvement insolite : si j’étais resté assis, je n’aurais rien vu !

Tout en me demandant s’il s’agissait peut-être d’un animal, je sursautai : c’était bien un terroriste qui sortait de terre, armé d’un RPG. Il regardait vers l’ouest : il avait certainement l’intention de lancer un missile en direction du tank ou du bâtiment où étaient rassemblés de nombreux soldats !

A cette seconde, j’ai poussé un cri et j’ai tiré sans m’arrêter en sa direction. Mes camarades qui étaient assis non loin de là ont immédiatement compris la situation et se sont mis à tirer eux aussi. Le terroriste avait entendu mon cri et s’était tourné vers moi mais nous avons été plus rapides que lui et il fut tué sur place. Après cela, notre commandant a jeté une grenade à l’intérieur du puits d’où il était sorti afin de s’assurer qu’aucun autre terroriste n’en sortirait vivant. De notre point de vue, l’incident était terminé.

Mais ceci avait démontré qu’il restait un puits menant à un tunnel que l’armée n’avait pas encore découvert. Par la suite, un colonel des services de renseignements nous a appris que celui que nous avions éliminé faisait partie d’une escouade de quatre terroristes. Nous avions déjà quitté l’endroit et je ne suis pas certain de la suite qui a été donnée à cet incident. Je sais que les ingénieurs des forces combattantes se sont occupés du tunnel et ont découvert encore deux autres puits, grâce à l’apparition du terroriste que j’avais repéré.

Dans notre bataillon, il y a toutes sortes de soldats, pratiquants ou non mais tous ont été impressionnés par ce qui était arrivé. Certains soldats ont, d’eux-mêmes, demandé à prier Min’ha bien qu’ils en soient dispensés du point de vue de la stricte Hala’ha. Cette histoire s’est rapidement répandue dans les autres régiments au point que même ceux qui n’avaient pas l’habitude de prier ont demandé de s’en acquitter pendant les pauses.

Pour terminer, je tiens à rappeler le souvenir d’un camarade, Maor Lavi – que son sang soit vengé. Originaire du village de Soussia, il est tombé dans les combats de Gaza, laissant derrière lui une femme et quatre fillettes. Au cours des combats, le septième jour de ‘Hanoucca, Maor avait découvert dans la maison d’un terroriste une Hanoukia, un chandelier probablement volé par celui-ci lors du pogrome du 7 octobre dans un des villages proches de Gaza. Soucieux de rendre l’objet trouvé à son juste propriétaire, Maor avait écrit sur les réseaux sociaux : « Il y a juste une semaine, le 7ème jour de ‘Hanoucca, nous avons pénétré dans les maisons des terroristes. Dans un de ces « bâtiments actifs » comme nous les décrivons en langage militaire, nous avons effectivement trouvé sous un lit des armes, des uniformes, des munitions, des drapeaux d’organisations terroristes etc. Parmi les gravats, cette ‘Hanoukia brillait dans l’armoire à côté du lit ; j’ai l’intime conviction qu’elle a été volée lors du « Chabat noir ». Bien entendu, nous nous en sommes servis pour allumer les bougies du 7ème et du 8ème soir, à Gaza. Si quelqu’un pouvait me donner un indice quant à son juste propriétaire, je serais si heureux de pouvoir la lui rendre ! ».

Maor avait publié une photo en espérant de tout son cœur mériter de pouvoir accomplir la Mitsva de rendre un objet perdu (ou plutôt volé) à son propriétaire. Malheureusement, il est tombé pour la défense de notre pays et nous nous souviendrons toujours de lui. Que son mérite protège tout le peuple juif !»

Mena’hem Shaïkevitz – Si’hat Hachavoua 1932
Traduit par Feiga Lubecki

Dans le « camp de réfugiés » d’El Burej, au centre de la bande de Gaza, lundi 13 Tévet (25 décembre 2023). Le soleil va bientôt se coucher et Malkiel ben Yossef décide de profiter d’une courte pause pour prier Min’ha.

Malkiel a 35 ans, il habite dans le village d’Otniel ; il est marié, père de six enfants, entrepreneur et ingénieur de son métier. Le Chabbat de Sim’hat Torah (7 octobre 2023), il a été appelé en urgence, comme des milliers d’autres anciens soldats, mobilisé pour remplir son devoir de réserviste. Il fait partie du bataillon 450 qui forme entre autres les parachutistes.

« Après quelques semaines d’entraînement et de préparation, nous sommes entrés dans la bande de Gaza début novembre. Nous avons participé à de nombreux combats, nous sommes entrés dans les maisons et autres bâtiments de Shédjaya, dans l’université du quartier de Rimal et d’autres. Les quantités d’armes et de munitions que nous avons trouvées dans les écoles, les mosquées et autres hôpitaux sont absolument effrayantes.

Un matin, nous sommes entrés dans le camp (en fait des maisons) d’El Burej mais la progression fut très lente à cause de nombreux obstacles intentionnellement placés par les terroristes sur notre route. Au bout de quelques heures, nous avons reçu la permission d’avancer plus à l’intérieur, ce que nous avons fait. Mais, à un moment donné, nous nous sommes à nouveau arrêtés. J’ai levé les yeux au ciel et j’ai remarqué que le soleil se couchait : il était temps de prier Min’ha. Y étais-je obligé ? Il semble que non car la guerre que nous menons est absolument vitale et surpasse toute autre considération. Cependant, j’étais heureux de pouvoir prier, pour mes camarades mais aussi pour tout le Peuple juif - et aussi garder un semblant de vie normale. Je me suis levé, je suis allé dans un coin, près d’un arbre. D’instinct, je me suis tourné vers Jérusalem comme le demande le Code de Lois Juives. Je priai debout, en gardant les yeux ouverts : nous sommes en situation de guerre et, bien entendu, si l’ordre d’avancer était donné, j’avais décidé que je continuerais de prier tout en marchant.

J’avais à peine commencé la Amida, juste après la bénédiction Maguen Avraham (dans laquelle on remercie D.ieu Qui a protégé Avraham et continue de protéger ses descendants) que je remarquai du mouvement à 10 ou 15 mètres de moi... Il faut comprendre que, dans cet endroit, tout un groupe de soldats était déjà passé, des bulldozers et des tanks avaient déjà aplani le sol : c’était un endroit propre et vide, personne n’y avait remarqué quoi que ce soit. Ici et là, il y avait des gravats, sans doute les restes d’une cabane d’agriculteur.

Ce n’est que parce que je me tenais debout, en direction de Jérusalem, les yeux bien ouverts que j’ai pu remarquer ce mouvement insolite : si j’étais resté assis, je n’aurais rien vu !

Tout en me demandant s’il s’agissait peut-être d’un animal, je sursautai : c’était bien un terroriste qui sortait de terre, armé d’un RPG. Il regardait vers l’ouest : il avait certainement l’intention de lancer un missile en direction du tank ou du bâtiment où étaient rassemblés de nombreux soldats !

A cette seconde, j’ai poussé un cri et j’ai tiré sans m’arrêter en sa direction. Mes camarades qui étaient assis non loin de là ont immédiatement compris la situation et se sont mis à tirer eux aussi. Le terroriste avait entendu mon cri et s’était tourné vers moi mais nous avons été plus rapides que lui et il fut tué sur place. Après cela, notre commandant a jeté une grenade à l’intérieur du puits d’où il était sorti afin de s’assurer qu’aucun autre terroriste n’en sortirait vivant. De notre point de vue, l’incident était terminé.

Mais ceci avait démontré qu’il restait un puits menant à un tunnel que l’armée n’avait pas encore découvert. Par la suite, un colonel des services de renseignements nous a appris que celui que nous avions éliminé faisait partie d’une escouade de quatre terroristes. Nous avions déjà quitté l’endroit et je ne suis pas certain de la suite qui a été donnée à cet incident. Je sais que les ingénieurs des forces combattantes se sont occupés du tunnel et ont découvert encore deux autres puits, grâce à l’apparition du terroriste que j’avais repéré.

Dans notre bataillon, il y a toutes sortes de soldats, pratiquants ou non mais tous ont été impressionnés par ce qui était arrivé. Certains soldats ont, d’eux-mêmes, demandé à prier Min’ha bien qu’ils en soient dispensés du point de vue de la stricte Hala’ha. Cette histoire s’est rapidement répandue dans les autres régiments au point que même ceux qui n’avaient pas l’habitude de prier ont demandé de s’en acquitter pendant les pauses.

Pour terminer, je tiens à rappeler le souvenir d’un camarade, Maor Lavi – que son sang soit vengé. Originaire du village de Soussia, il est tombé dans les combats de Gaza, laissant derrière lui une femme et quatre fillettes. Au cours des combats, le septième jour de ‘Hanoucca, Maor avait découvert dans la maison d’un terroriste une Hanoukia, un chandelier probablement volé par celui-ci lors du pogrome du 7 octobre dans un des villages proches de Gaza. Soucieux de rendre l’objet trouvé à son juste propriétaire, Maor avait écrit sur les réseaux sociaux : « Il y a juste une semaine, le 7ème jour de ‘Hanoucca, nous avons pénétré dans les maisons des terroristes. Dans un de ces « bâtiments actifs » comme nous les décrivons en langage militaire, nous avons effectivement trouvé sous un lit des armes, des uniformes, des munitions, des drapeaux d’organisations terroristes etc. Parmi les gravats, cette ‘Hanoukia brillait dans l’armoire à côté du lit ; j’ai l’intime conviction qu’elle a été volée lors du « Chabat noir ». Bien entendu, nous nous en sommes servis pour allumer les bougies du 7ème et du 8ème soir, à Gaza. Si quelqu’un pouvait me donner un indice quant à son juste propriétaire, je serais si heureux de pouvoir la lui rendre ! ».

Maor avait publié une photo en espérant de tout son cœur mériter de pouvoir accomplir la Mitsva de rendre un objet perdu (ou plutôt volé) à son propriétaire. Malheureusement, il est tombé pour la défense de notre pays et nous nous souviendrons toujours de lui. Que son mérite protège tout le peuple juif !»

Mena’hem Shaïkevitz – Si’hat Hachavoua 1932
Traduit par Feiga Lubecki

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