Le Recit de la Semaine
Mosaic Express | February 07, 2025
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Le Recit de la Semaine

Mosaic Express | June 27, 2025

C’était sa passion : stationner tous les vendredis après-midi à un certain carrefour de Tel-Aviv pour proposer aux passants, aux gens qui attendaient le bus et surtout aux soldats de prendre quelques minutes pour mettre les Téfilines. Il distribuait aussi les prospectus sur les fêtes qui approchaient.

Un jour, un petit groupe d’adolescents d’un Kibboutz de gauche se tint non loin de lui : eux distribuaient des stickers avec le mot Chalom, se référant au rêve de traités de paix entre Juifs et Arabes et de paix en général.

Une belle voiture freina devant ce groupe. Le chauffeur, d’environ vingt ans, en sortit et demanda aux jeunes gens de coller un sticker Chalom à l’arrière de son véhicule. Bien sûr, ils étaient heureux de cette requête.

Notre jeune ‘Hassid, notant que la voiture était à l’arrêt, se tourna vers l’automobiliste et, avec un grand sourire, l’interpela comme à son habitude : « Hé mon frère ! Viens mettre les Téfilines ! ».

Furieux, l’homme toisa avec dédain ce jeune homme – d’origine yéménite, avec barbe et Péot bouclées selon la coutume de ses ancêtres – et protesta : « Depuis quand sommes-nous des frères ? Et, en plus, nous n’avons pas la même couleur de peau ! ».

Et sur ces paroles extrêmes, il refusa fermement de mettre les Téfilines. Sidéré par la violence de ce propos, le jeune Loubavitcher raconta aux jeunes gens du Kibboutz cette réaction, sachant combien ceux-ci étaient idéalistes et seraient choqués par ce racisme gratuit. Effectivement, ils étaient eux aussi consternés.

Le chauffeur remarqua que les jeunes du Kibboutz le regardaient un peu effarés et tenta de se rattraper en s’adressant au jeune ‘Hassid :

- Tu veux que nous soyons des frères ? Pas de problème ! Je suis prêt : met un sticker Chalom sur ta voiture et nous serons frères !

- Je suis d’accord, sourit le jeune yéménite. Je colle un sticker Chalom, vous mettez les Téfilines et nous serons frères !

- Pas du tout ! refusa le chauffeur en claquant la portière et en démarrant au quart de tour.

Les trois jeunes gens du Kibboutz étaient visiblement gênés de la tournure des événements. L’un d’entre eux, quinze ans environ, eut pitié de son « collègue » :

- Si nous acceptons de mettre les Téfilines, tu colleras vraiment un sticker Chalom sur ta voiture ?

- Bien sûr ! Si vous trois acceptez de mettre les Téfilines, je collerai même trois stickers !

Le jeune homme hésitait sans trop savoir comment agir mais à ce moment, le van de leur Kibboutz s’arrêta pour les ramener chez eux. Tandis que ses camarades montaient dans le véhicule, le jeune garçon eut le temps de jeter : « Je te promets que la semaine prochaine, si je te revois à ce carrefour, je mettrai les Téfilines ! ». Et, avant de s’engouffrer dans le van, il enlaça le ‘Hassid avec cette formule : « Frères pour toujours ! ». Ses amis applaudirent !

Le vendredi suivant, notre jeune ‘Hassid avait prévu d’aller passer Chabbat avec sa famille assez loin mais était bien résolu à venir d’abord au carrefour. Et effectivement, au bout de quelques minutes, le van du Kibboutz réapparut, avec d’autres jeunes gens – dont celui qui avait promis la semaine précédente.

- Tu te souviens que tu avais promis de mettre les Téfilines ?

- Oui, bien sûr et c’est pour cela que je suis revenu. Mais il y a un problème...

- Ah bon ?

- Euh... C’est-à-dire que... Je ne sais pas comment les mettre...

- Voyons, tu les as pourtant mis pour ta Bar Mitsva, non ?

- Non. Dans notre Kibboutz, nous ne nous occupons pas du tout de ces trucs-là.

- Dans ce cas, nous allons célébrer ta Bar Mitsva ici même et maintenant !

Il se précipita vers un kiosque non loin de là, acheta des biscuits cachères et des canettes, prêta ses Téfilines et aida le jeune garçon, très ému et sérieux, à les mettre tout en récitant les bénédictions.

Un jeune homme originaire du même Kibboutz raconta par la suite que le « Bar Mitsva » venait d’une famille aux opinions politiques très à gauche mais aussi très idéaliste.

Quand le jeune ‘Hassid yéménite racontait ce qui était arrivé, il ajoutait, pensivement : « Je souhaite pouvoir réciter la prière du Chema Israël le jour de Yom Kippour avec la même sincérité que ce jeune garçon du Kibboutz ! »⬢

Yerachmiel Tilles (d’après Chassidic Gems II de Tuvia Litzman)
Traduit par Feiga Lubecki

C’était sa passion : stationner tous les vendredis après-midi à un certain carrefour de Tel-Aviv pour proposer aux passants, aux gens qui attendaient le bus et surtout aux soldats de prendre quelques minutes pour mettre les Téfilines. Il distribuait aussi les prospectus sur les fêtes qui approchaient.

Un jour, un petit groupe d’adolescents d’un Kibboutz de gauche se tint non loin de lui : eux distribuaient des stickers avec le mot Chalom, se référant au rêve de traités de paix entre Juifs et Arabes et de paix en général.

Une belle voiture freina devant ce groupe. Le chauffeur, d’environ vingt ans, en sortit et demanda aux jeunes gens de coller un sticker Chalom à l’arrière de son véhicule. Bien sûr, ils étaient heureux de cette requête.

Notre jeune ‘Hassid, notant que la voiture était à l’arrêt, se tourna vers l’automobiliste et, avec un grand sourire, l’interpela comme à son habitude : « Hé mon frère ! Viens mettre les Téfilines ! ».

Furieux, l’homme toisa avec dédain ce jeune homme – d’origine yéménite, avec barbe et Péot bouclées selon la coutume de ses ancêtres – et protesta : « Depuis quand sommes-nous des frères ? Et, en plus, nous n’avons pas la même couleur de peau ! ».

Et sur ces paroles extrêmes, il refusa fermement de mettre les Téfilines. Sidéré par la violence de ce propos, le jeune Loubavitcher raconta aux jeunes gens du Kibboutz cette réaction, sachant combien ceux-ci étaient idéalistes et seraient choqués par ce racisme gratuit. Effectivement, ils étaient eux aussi consternés.

Le chauffeur remarqua que les jeunes du Kibboutz le regardaient un peu effarés et tenta de se rattraper en s’adressant au jeune ‘Hassid :

- Tu veux que nous soyons des frères ? Pas de problème ! Je suis prêt : met un sticker Chalom sur ta voiture et nous serons frères !

- Je suis d’accord, sourit le jeune yéménite. Je colle un sticker Chalom, vous mettez les Téfilines et nous serons frères !

- Pas du tout ! refusa le chauffeur en claquant la portière et en démarrant au quart de tour.

Les trois jeunes gens du Kibboutz étaient visiblement gênés de la tournure des événements. L’un d’entre eux, quinze ans environ, eut pitié de son « collègue » :

- Si nous acceptons de mettre les Téfilines, tu colleras vraiment un sticker Chalom sur ta voiture ?

- Bien sûr ! Si vous trois acceptez de mettre les Téfilines, je collerai même trois stickers !

Le jeune homme hésitait sans trop savoir comment agir mais à ce moment, le van de leur Kibboutz s’arrêta pour les ramener chez eux. Tandis que ses camarades montaient dans le véhicule, le jeune garçon eut le temps de jeter : « Je te promets que la semaine prochaine, si je te revois à ce carrefour, je mettrai les Téfilines ! ». Et, avant de s’engouffrer dans le van, il enlaça le ‘Hassid avec cette formule : « Frères pour toujours ! ». Ses amis applaudirent !

Le vendredi suivant, notre jeune ‘Hassid avait prévu d’aller passer Chabbat avec sa famille assez loin mais était bien résolu à venir d’abord au carrefour. Et effectivement, au bout de quelques minutes, le van du Kibboutz réapparut, avec d’autres jeunes gens – dont celui qui avait promis la semaine précédente.

- Tu te souviens que tu avais promis de mettre les Téfilines ?

- Oui, bien sûr et c’est pour cela que je suis revenu. Mais il y a un problème...

- Ah bon ?

- Euh... C’est-à-dire que... Je ne sais pas comment les mettre...

- Voyons, tu les as pourtant mis pour ta Bar Mitsva, non ?

- Non. Dans notre Kibboutz, nous ne nous occupons pas du tout de ces trucs-là.

- Dans ce cas, nous allons célébrer ta Bar Mitsva ici même et maintenant !

Il se précipita vers un kiosque non loin de là, acheta des biscuits cachères et des canettes, prêta ses Téfilines et aida le jeune garçon, très ému et sérieux, à les mettre tout en récitant les bénédictions.

Un jeune homme originaire du même Kibboutz raconta par la suite que le « Bar Mitsva » venait d’une famille aux opinions politiques très à gauche mais aussi très idéaliste.

Quand le jeune ‘Hassid yéménite racontait ce qui était arrivé, il ajoutait, pensivement : « Je souhaite pouvoir réciter la prière du Chema Israël le jour de Yom Kippour avec la même sincérité que ce jeune garçon du Kibboutz ! »⬢

Yerachmiel Tilles (d’après Chassidic Gems II de Tuvia Litzman)
Traduit par Feiga Lubecki

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