Se souvient-on encore combien le monde paraissait stable il y a si peu de temps ? Certes, inquiétudes et conflits existaient mais, malgré tout, après les horreurs de la seconde guerre mondiale, tout paraissait en quelque sorte plus serein. Et on se prenait parfois à penser à une longue ère de paix, même toute relative. En tous cas, tout semblait plus prévisible et, par conséquent, plus rassurant. Mais, nous le savons, le sort des hommes n’est jamais définitif et le cours de la vie ne présente jamais la régularité espérée. Voici que réapparaissent des logiques qu’on pouvait croire appartenir au passé. Les états s’invectivent, se menacent et souvent finissent par s’affronter. L’esprit de puissance et de domination est à l’œuvre à la surface de la planète et rien ne semble être aujourd’hui capable de l’arrêter. Et les hommes de s’interroger : quel avenir pour le monde ? Où est donc le chemin d’une paix retrouvée ?
Certes, le pouvoir de décréter la paix ne nous appartient pas, nul n’en a la puissance. Cependant, la rechercher reste essentiel. La liturgie juive en porte la marque. N’invoque-t-elle pas « Celui à Qui la paix appartient » pour Lui demander de « l’accorder à Son peuple » ? C’est dire à quel point il s’agit bien là d’une idée fondamentale, base de tous les acquis de la civilisation et, pour tout dire, d’un monde humain. La paix, ainsi considérée, doit commencer quelque part. Et finalement, n’est-ce pas sur ce terrain-là que nous en sommes les premiers acteurs ? Car la paix doit être d’abord réalisée en nous.
Faire la paix en soi, c’est là un grand défi. Ecarter les éléments négatifs, faire surgir les éléments constructeurs, porter en soi, avec sincérité, que la sérénité est la compagne fidèle du meilleur service de D.ieu et que la joie est son couronnement. Dans ce sens, la paix est véritablement pour chacun une clé. Elle ouvre les portes de son propre monde meilleur. Et, en allant plus loin, ne peut-on considérer que la paix commune est aussi l’addition de toutes ces paix individuelles qui sont autant d’étapes d’un plus grand processus ? Car elle est sans doute une idée contagieuse. Elle se répand avec éclat de l’individuel au collectif et amène le monde à son accomplissement : la sérénité éternelle.