Visite à Auschwitz avec Trois Générations de Descendants
Mosaic Express | January 19, 2024
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Visite à Auschwitz avec Trois Générations de Descendants

Mosaic Express | December 10, 2025

Rav Nissan Mangel est né à Kosice en Slovaquie. En 1944, avec ses parents et sa sœur aînée, il fut arrêté par les Nazis et déporté depuis Bratislava. Il fut d’abord envoyé au camp de travail de Sered puis à Auschwitz où il fut sélectionné par le sinistre Dr Josef Mengele pour devenir le cobaye de ses horribles expériences.

Il fut envoyé à Birkenau, Mauthausen, Melk et Gunskirchen d’où il fut libéré en 1945 après avoir survécu à la Marche de la Mort quand les Nazis fuyaient devant l’avance des armées alliées, traînant avec eux des rescapés à bout de force, sans leur donner ni à manger ni à boire.

Près de 80 ans plus tard, le garçon qui survécut est retourné en Europe, avec sa femme, ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants – en tout une centaine de personnes. Certains venaient d’Ohio, Floride, Colorado, New Jersey, Montréal, Sao Paulo et Israël.

La première étape fut la ville de Lancut – Lantzut en yiddish – qui était autrefois un centre de la vie ‘hassidique. Ensuite Lyzensk, là où vécut et fut enterré le célèbre Rabbi Elimélè’h, auteur du livre Noam Elimélè’h. Rav Mangel est un descendant de ce Rabbi et, pour toute la famille, ce fut une sorte de retour aux sources, dans le passé ‘hassidique de plusieurs générations. L’étape suivante fut Cracovie, avec une visite du quartier juif historique et la célèbre synagogue du Ramo.

Le jeudi, le groupe arriva à Auschwitz et posa pour la photo sur les rails qui mènent devant le portail tristement connu avec les mots cyniques « Arbeit Macht Frei » - le travail rend libre. Cette photo impressionnante de Rav Mangel avec une centaine de ses descendants a circulé sur tous les réseaux sociaux et a été publiée dans de nombreux journaux de par le monde. Cette photo a aussi été sélectionnée pour figurer dans la Bibliothèque de la Reagan Library en Californie. Tout en posant pour la photo, les membres de la famille chantèrent le chant composé par Rav Mangel sur les paroles des Psaumes : « Hodou Lachem » - Louez D.ieu Qui nous a permis d’arriver à ce moment. Tout en marchant dans le camp, Rav Mangel désignait les différents bâtiments, les chambres à gaz, les ruines des fours crématoires, les baraquements où les déportés étaient entassés. Il raconta à sa famille ses souvenirs de l’enfer.

Mais il n’évoqua pas que les souffrances, il rappela aussi les grands miracles et les événements inexpliquables qui permirent la libération de certains des détenus.

« Chacun connaît le grand miracle qui arriva à notre ancêtre Avraham sauvé de la fournaise ardente dans laquelle l’avait précipité le tyran Nimrod en Mésopotamie. Moi aussi, déclara Rav Mangel, j’ai été sauvé de la fournaise ardente, en particulier quand j’ai croisé la route de l’ « Ange de la Mort d’Auschwitz », Dr Mengele, déjà tout au début, à notre descente du train, lors de la première sélection. Il était assis, décontracté, fumant un cigare, alors que nous étions épuisés, angoissés et affamés. D’un geste de la main, il désignait qui allait vers une vie d’esclavage et qui allait vers la mort immédiate. J’avais dix ans, j’étais petit et maigre mais j’ai prétendu que j’avais 17 ans. Il éclata d’un rire sardonique et commenta : « Je sais que tu n’as pas dix-sept ans mais si tu y tiens, va avec ton père ! ». C’est ainsi que j’ai continué avec mon père vers ceux qui étaient envoyés au camp de travail et non vers les fours crématoires ».

A cet endroit où Josef Mengele le sélectionna pour marcher vers la vie et non vers la chambre à gaz, Rav Mangel récita la bénédiction : « Chéassa Li Ness Bamakom Hazé », remerciant D.ieu qui lui avait fait un miracle dans cet endroit.

La situation actuelle en Israël donne un autre relief à cette visite pourtant prévue de longue date. Une fois de plus, « ils se lèvent contre nous pour nous exterminer » comme nous le rappelons chaque année le soir de Pessa’h, « mais le Saint Béni soit-Il nous sauve de leurs mains » et nous savons avec certitude que cette fois aussi, D.ieu nous sauvera.

Rav Mangel – qui est devenu un érudit, un traducteur, un auteur et un conférencier mondialement reconnu – raconte qu’il est écrit dans le Midrach Rabba que l’empereur Adrien demanda à Rabbi Yehochoua ben ‘Hanania comment D.ieu fera revivre les morts dans le monde à venir. De fait, sa question était : si D.ieu recrée de nouvelles personnes, ce ne sera donc pas les mêmes personnes qui sont décédées : or, les Sages emploient l’expression « résurrection des morts » ce qui implique que les morts eux-mêmes vont revivre !

Rabbi Yehochoua ben ‘Hanania répondit : ils revivront à partir de l’os appelé Louz. Il s’agit d’un petit os de la colonne vertébrale qui est éternel et à partir duquel D.ieu recréera le corps. Adrien s’étonna : D’où le savait-il ? Rabbi Yehochoua demanda qu’on lui apporte un os Louz. Il tenta de le moudre sans succès, de le jeter dans le feu mais il ne brûla pas, de le faire bouillir mais il ne put le dissoudre, de l’écraser avec un marteau qui se brisa mais le Louz resta intact.

J’étais dans les camps d’extermination, à Auschwitz et ailleurs, là où des millions de Juifs furent brûlés. Il y eut des jours où les morts se comptaient par milliers. Mais même le feu le plus puissant ne pouvait détruire l’os nommé Louz. Un Juif forcé par les Nazis à s’occuper des fours crématoires m’a raconté que, dans les cendres, il y avait toujours un petit os qui ne brûlait pas !

A l’époque, quand il m’avait raconté cela, je ne comprenais pas ce que cela signifiait. Mais au bout de quelques années, quand j’ai étudié ce Midrach, j’ai réalisé qu’il s’agissait certainement de l’os Louz. Et c’est à partir de cet os que les millions de Juifs assassinés parce que juifs vont renaître à la vie ».

L’Chaim No. 1805
Traduit par Feiga Lubecki

Rav Nissan Mangel est né à Kosice en Slovaquie. En 1944, avec ses parents et sa sœur aînée, il fut arrêté par les Nazis et déporté depuis Bratislava. Il fut d’abord envoyé au camp de travail de Sered puis à Auschwitz où il fut sélectionné par le sinistre Dr Josef Mengele pour devenir le cobaye de ses horribles expériences.

Il fut envoyé à Birkenau, Mauthausen, Melk et Gunskirchen d’où il fut libéré en 1945 après avoir survécu à la Marche de la Mort quand les Nazis fuyaient devant l’avance des armées alliées, traînant avec eux des rescapés à bout de force, sans leur donner ni à manger ni à boire.

Près de 80 ans plus tard, le garçon qui survécut est retourné en Europe, avec sa femme, ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants – en tout une centaine de personnes. Certains venaient d’Ohio, Floride, Colorado, New Jersey, Montréal, Sao Paulo et Israël.

La première étape fut la ville de Lancut – Lantzut en yiddish – qui était autrefois un centre de la vie ‘hassidique. Ensuite Lyzensk, là où vécut et fut enterré le célèbre Rabbi Elimélè’h, auteur du livre Noam Elimélè’h. Rav Mangel est un descendant de ce Rabbi et, pour toute la famille, ce fut une sorte de retour aux sources, dans le passé ‘hassidique de plusieurs générations. L’étape suivante fut Cracovie, avec une visite du quartier juif historique et la célèbre synagogue du Ramo.

Le jeudi, le groupe arriva à Auschwitz et posa pour la photo sur les rails qui mènent devant le portail tristement connu avec les mots cyniques « Arbeit Macht Frei » - le travail rend libre. Cette photo impressionnante de Rav Mangel avec une centaine de ses descendants a circulé sur tous les réseaux sociaux et a été publiée dans de nombreux journaux de par le monde. Cette photo a aussi été sélectionnée pour figurer dans la Bibliothèque de la Reagan Library en Californie. Tout en posant pour la photo, les membres de la famille chantèrent le chant composé par Rav Mangel sur les paroles des Psaumes : « Hodou Lachem » - Louez D.ieu Qui nous a permis d’arriver à ce moment. Tout en marchant dans le camp, Rav Mangel désignait les différents bâtiments, les chambres à gaz, les ruines des fours crématoires, les baraquements où les déportés étaient entassés. Il raconta à sa famille ses souvenirs de l’enfer.

Mais il n’évoqua pas que les souffrances, il rappela aussi les grands miracles et les événements inexpliquables qui permirent la libération de certains des détenus.

« Chacun connaît le grand miracle qui arriva à notre ancêtre Avraham sauvé de la fournaise ardente dans laquelle l’avait précipité le tyran Nimrod en Mésopotamie. Moi aussi, déclara Rav Mangel, j’ai été sauvé de la fournaise ardente, en particulier quand j’ai croisé la route de l’ « Ange de la Mort d’Auschwitz », Dr Mengele, déjà tout au début, à notre descente du train, lors de la première sélection. Il était assis, décontracté, fumant un cigare, alors que nous étions épuisés, angoissés et affamés. D’un geste de la main, il désignait qui allait vers une vie d’esclavage et qui allait vers la mort immédiate. J’avais dix ans, j’étais petit et maigre mais j’ai prétendu que j’avais 17 ans. Il éclata d’un rire sardonique et commenta : « Je sais que tu n’as pas dix-sept ans mais si tu y tiens, va avec ton père ! ». C’est ainsi que j’ai continué avec mon père vers ceux qui étaient envoyés au camp de travail et non vers les fours crématoires ».

A cet endroit où Josef Mengele le sélectionna pour marcher vers la vie et non vers la chambre à gaz, Rav Mangel récita la bénédiction : « Chéassa Li Ness Bamakom Hazé », remerciant D.ieu qui lui avait fait un miracle dans cet endroit.

La situation actuelle en Israël donne un autre relief à cette visite pourtant prévue de longue date. Une fois de plus, « ils se lèvent contre nous pour nous exterminer » comme nous le rappelons chaque année le soir de Pessa’h, « mais le Saint Béni soit-Il nous sauve de leurs mains » et nous savons avec certitude que cette fois aussi, D.ieu nous sauvera.

Rav Mangel – qui est devenu un érudit, un traducteur, un auteur et un conférencier mondialement reconnu – raconte qu’il est écrit dans le Midrach Rabba que l’empereur Adrien demanda à Rabbi Yehochoua ben ‘Hanania comment D.ieu fera revivre les morts dans le monde à venir. De fait, sa question était : si D.ieu recrée de nouvelles personnes, ce ne sera donc pas les mêmes personnes qui sont décédées : or, les Sages emploient l’expression « résurrection des morts » ce qui implique que les morts eux-mêmes vont revivre !

Rabbi Yehochoua ben ‘Hanania répondit : ils revivront à partir de l’os appelé Louz. Il s’agit d’un petit os de la colonne vertébrale qui est éternel et à partir duquel D.ieu recréera le corps. Adrien s’étonna : D’où le savait-il ? Rabbi Yehochoua demanda qu’on lui apporte un os Louz. Il tenta de le moudre sans succès, de le jeter dans le feu mais il ne brûla pas, de le faire bouillir mais il ne put le dissoudre, de l’écraser avec un marteau qui se brisa mais le Louz resta intact.

J’étais dans les camps d’extermination, à Auschwitz et ailleurs, là où des millions de Juifs furent brûlés. Il y eut des jours où les morts se comptaient par milliers. Mais même le feu le plus puissant ne pouvait détruire l’os nommé Louz. Un Juif forcé par les Nazis à s’occuper des fours crématoires m’a raconté que, dans les cendres, il y avait toujours un petit os qui ne brûlait pas !

A l’époque, quand il m’avait raconté cela, je ne comprenais pas ce que cela signifiait. Mais au bout de quelques années, quand j’ai étudié ce Midrach, j’ai réalisé qu’il s’agissait certainement de l’os Louz. Et c’est à partir de cet os que les millions de Juifs assassinés parce que juifs vont renaître à la vie ».

L’Chaim No. 1805
Traduit par Feiga Lubecki

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