Voici que revient, cette semaine, la période des “neuf jours”, du 1er au 9 Av, et son cortège d’images de drames et d’infinie tristesse, d’exil et de fin d’un temps. Chacun le sait: le 9 Av, nous commémorerons la destruction du Temple de Jérusalem. Chacun ressent ce presque insoutenable poids de l’histoire transmis de génération en génération avec l’attente obstinée et active de la venue du Machia’h. La période s’étend ainsi comme un long et difficile chemin et, même si la lumière monte à son extrémité, l’obscurité ambiante paraît bien oppressante.
Pourtant, au cœur du voyage, il existe un moment de lumière. C’est ce Chabbat qui précède le jeûne du 9 Av. Il porte le nom de Chabbat ‘Hazon ou “Chabbat de la vision”. Au-delà de la raison rituelle d’une telle dénomination, quelque chose est là sous-jacent. C’est qu’une vision est toujours bouleversante et que celle-ci ne fait pas exception à la règle. Cette fois, l’objet de la vision n’est autre que le troisième Temple de Jérusalem, celui-là même que le Machia’h rétablira dans notre monde, sur sa colline au cœur de la Ville Sainte. Il se dresse, disent nos Sages, tout de lumière et n’attend que le moment de descendre ici-bas. C’est ce Temple de lumière qui éclaire chacun de nous en ce Chabbat, comme la vision merveilleuse d’une réalité prochaine.
Certes, on pourrait ici interroger: les visions ne sont que pour les visionnaires. A quoi sert que l’on nous montre le prestigieux édifice quand personne n’est capable de le voir? N’est-il pas plus désespérément simple de continuer à accepter le poids de l’exil sans ce type de consolation subliminale? Justement, l’espérance de ce Chabbat ne constitue pas qu’un espoir vain. Elle est une réalité spirituelle qui nous donne la force et l’énergie nécessaires pour continuer notre chemin, pour concrétiser notre espérance.
Lorsque, ce Chabbat, la vision est présente, même si nous n’en avons pas conscience, cette présence nous pénètre et nous anime. Elle illumine le monde et donne vie à notre espoir. Ce Chabbat, le Temple rayonne sur nous. Sachons jouir de l’éclat de sa lumière.