Le 28 Nissan 5751 (1991), le Rabbi prononçait une Si'ha, un discours qui allait changer notre vie ... Revenons sur le message principal que nous donne ici le Rabbi.
Cette date est désormais historique, car, l’allocution prononcée ce jour-là par le Rabbi a changé le profil du mouvement ‘Habad et du monde juif en général, instituant une nouvelle manière de voir les choses, une nouvelle manière d’agir. De ce long discours prononcé un jeudi soir, nous extrayons l'un des passages clés , ainsi que les deux interprétations qu’il est possible d’en tirer. Seule l’une des deux est conforme à la lettre et à l’esprit du discours. Nos lecteurs jugeront sur pièces.
Le discours
« A la lumière de ce qui a été dit plus haut, au sujet de l’importance à accorder au thème de la Délivrance actuellement, une très grande interrogation se fait jour : « Est-il possible, sans considérer d’autres raisons, que l’on n’ait pas encore concrétisé la venue de Machia’h Tsidekénou ? ... C’est quelque chose de tout-à-fait incompréhensible ! Une autre interrogation surgit : voila que de très nombreux Juifs se trouvent réunis, en un moment propice à la Délivrance (le mois de Nissan, mois de la Délivrance, selon le Traité talmudique Sanhédrin). Or ils n’agissent pas fortement dans le but de concrétiser la venue du Machia’h à l’instant même. Ils n'excluent pas l'idée que Machia’h ne vienne pas cette nuit, qu’il ne vienne pas demain, ni même après demain, D-ieu nous en préserve !
Et même lorsqu'ils crient « Ad Mataï » (jusqu’à quand ?), c’est parce qu’ils en ont reçu l’ordre..., car s’ils en avaient eu l’intention, s’ils l’avaient demandé, s’ils l’avaient crié avec sincérité, il est plus que certain que le Machia’h serait déjà venu ! Aussi, que puis-je faire de plus pour que tous les enfants d’Israël demandent avec sincérité, provoquant ainsi concrètement le Machia’h, après que tout ce qui a été fait jusqu’à présent, n’ait pas été efficace. La preuve : on est encore en exil, et même (surtout) en situation d’exil intérieur dans notre propre service de D-ieu.
Alors, la seule chose que je puisse faire est de vous transmettre le message suivant : faites tout ce qui est en votre pouvoir – en agissant avec des « lumières de Tohou », mais dans des « réceptacles de Tikoun » - pour faire venir concrètement Machialh Tsidekénou immédiatement !
Et qu'il soit de la Volonté Divine que l’on trouve en fin de compte dix Juifs, qui s’« entêteront » (dans l’idée) qu’ ils doivent impérativement obtenir (cela) de D-ieu. Et il est certain qu’ils réussiront comme il est écrit : « ... car c’est un peuple à la nuque raide (sur un plan positif), aussi Tu pardonneras nos péchés nos fautes ... » - à faire venir la Délivrance véritable et complète dans l'instant présent, Mamach ... !
Ce qui en a été déduit
Certains reçurent ce message comme une douche glacée. Après l’euphorie qui avait suivi "la guerre du Golfe", que le Rabbi avait interprétée comme annonciatrice de la venue du Machia'h, après des semaines, des mois de préparation à la Délivrance immédiate, voila que le Rabbi tient ce discours défaitiste ! Sans réfléchir plus avant, sans analyser, même sommairement les termes employés, minutieusement choisis comme c'était le fait permanent du Rabbi, ils en déduisirent que le Rabbi n'avait pas réussi et qu'il remettait pour cela le sujet entre les mains des 'Hassidim en leur recommandant de faire tout ce qu'ils pouvaient pour amener le Machia'h.
Quant à se demander "comment les 'Hassidim réussiraient à faire ce que le Rabbi, avec ses forces surhumaines, n'avait pu réaliser..." ou "pourquoi, si le Rabbi remettait ce sujet entre leurs mains, continua-t-il à œuvrer de plus belle pendant presqu'un an, annonçant la venue du Machia’h comme absolument imminente" , ils ne le firent pas, préférant entretenir ce sentiment d'échec.
Quant à l'autre interprétation, elle relève que le Rabbi se plaint principalement de ce que les 'Hassidim crient sur ordre, parce qu'ils ont entendu le Rabbi le faire, et non avec sincérité, comme une demande venant d’eux mêmes. Que le Rabbi n’ait pas pu provoquer cet élan personnel, la seule chose qui doit venir de nous (et non de lui !).
En un instant
Nous en sommes toujours là, des années plus tard. Le Rabbi ne peut que se désoler et attendre l'éclosion de ce sentiment d'amertume dans nos cœurs. Le Rabbi ne peut pas nous remplacer ou agir à notre place. C’est en cela que notre action est unique : au sein d'un service où nous devons nous effacer devant la Volonté Supérieure, une seule bonne action qui exige seulement un sentiment sincère. Ressentir l'amertume d'être en Galout et demander de D-ieu la révélation du Machia'h.
"Mais", direz-vous, "comment allons-nous faire ? Comment impacter au plus vite tous ceux qui n'ont pas encore été touchés par ce message ? A cela le Rabbi a répondu des centaines de fois : « Miyad (immédiatement) », et citant le Talmud : « Ils feront Téchouva, et immédiatement seront délivrés ». La propagation d’un sentiment vrai ne prendra qu’un instant. Un exemple tiré de la vie moderne et du développement de la technique nous aidera à mieux comprendre. A notre époque, un virus informatique peut infecter de nombreux réseaux, provoquant des dégâts qui se chiffrent parfois en millions d’euros en quelques micro-secondes. S’introduisant sous forme d’invitation dans votre courrier électronique, il n'attend que votre « clic » pour fausser tous vos documents, détruire vos dossiers et aller visiter, à la vitesse de la lumière, les adresses de vos correspondants. Ce qu’il peut accomplir en fait de destruction nous montre à contrario ce que le bien pourrait édifier, et ce, instantanément.
« Un seul vrai sentiment, une seule pensée », dit en substance le Rambam, « peut faire basculer en un instant le monde entier du bon côté ». C’est ce que nous invite le Rabbi à faire. Choisissons de faire partie de ceux qui feront tout pour diffuser l’imminence de la Guéoula et le dévoilement du Rabbi .
Yé’hi Adonénou Morénou Vérabénou Méle’h Hamachia’h Léolam Vaed
