Les réponses du Rabbi dans Les «Iguerot-Kodech», ne sont pas seulement des directives, mais également des «dons de force», permettant à ceux qui les ont consultées de les exécuter. C’est ce que raconte Rav Na’houm Bento, émissaire du Rabbi, à Chlomi, une petite bourgade située sur la frontière Nord d’Israël.
« Au mois de Tamouz dernier, je rencontre l’un des administrateurs bénévoles de l’une des synagogues de la ville. Malgré ma joie de le voir, je ne peux m’empêcher de discerner sur ses traits une expression plutôt triste. Je le questionne à ce sujet et il entreprend de me raconter que sa situation économique n’est pas brillante. Ces derniers temps, me dit-il, rien ne va. Ni les affaires de la synagogue, ni les siennes propres. Il a pris récemment sa retraite, et espérait investir l’argent de sa pension dans une affaire qu’il projetait d’ouvrir. Mais rien ne marcha comme il faut, et l’argent fut perdu. Il essaya d’analyser les causes de cette malchance, et en comprit la raison. Pourtant, il ne se sentit pas assez fort pour affronter ce problème...
« Vous vous rappelez certainement de notre synagogue ? » m’expliqua t-il. « Pendant la guerre du Golfe, vous y êtes venu faire un discours devant une nombreuse assemblée. Eh bien, sachez que j’y sers depuis longtemps en tant que "‘Hazan" (ministre officiant), lecteur de la Torah et administrateur. Mais actuellement, les choses me sont devenues insupportables. Pourquoi ? Vous n’ignorez pas que ce lieu de prières avait été édifié par le père d’une des familles du village. Cet homme a quitté ce monde il y a déjà un certain temps et la synagogue a été négligée du point de vue de l'entretien des lieux. Elle aurait besoin d'une sérieuse remise en état, aussi bien sur le plan matériel que dans le domaine spirituel. Combien de fois ai-je été contraint d'entrer en conflit pour m'opposer à des gens qui s'y conduisaient d'une manière incompatible avec la dignité des lieux, particulièrement pendant la Téfila. J'ai donc le sentiment que cet état d'abandon de la synagogue est la cause de ma situation privée, que j'estime aussi défectueuse. Aussi ai-je décidé tout récemment de quitter mes fonctions au sein de cette synagogue et même de la quitter tout court...»
Je l'ai bien écouté pendant tout son récit. Il était évident que cet homme parlait sous l'emprise d'une douleur profonde. Je me suis adressé à lui dans les termes suivants: « D'après ce que vous décrivez de la situation, votre décision de quitter ces lieux semble être la seule issue. Pourtant, il serait judicieux d'écrire au Rabbi, pour solliciter son avis, et sa bénédiction.»
Sitôt dit, sitôt fait ! La réponse apparut immédiatement. Le livre fut ouvert aux pages 260-261, du volume 23. La lettre était adressée au Grand-Rabbin d’Angleterre : «...Je me permets d'exprimer l'espoir que, prenant en compte la situation qui règne dans le Judaïsme mondial en général, et dans certains pays en particulier, vous ne ferez pas cas de ce qui se passe, et que vous resterez dans votre fonction pour encore (de longues) années. Car l’époque présente est celle d'une demande et non d'une démission, et le mérite de la communauté vous aidera à réussir à fortifier l'édifice de la foi et de la tradition ancestrale dans son intégralité, sans aucun compromis "Hass Ve-chalom". En effet, tout compromis est une déviance d'avec la vérité, c'est-à-dire de notre Torah, enseignement de vérité, qui provient de l'E-ternel, D-ieu de vérité. Et qu'il soit de la Volonté Divine que vous œuvriez et que vous réussissiez, avec une bonne santé, avec joie et bon cœur.»
Cette réponse était claire et ne nécessitait pas d'explications complémentaires. Le visage de mon ami reflétait le soulagement, ainsi que la ferme détermination de se remettre à travailler dans sa synagogue avec une énergie redoublée. C’est ainsi qu'il me quitta pour rentrer chez lui.
Une conversation téléphonique avec lui, quelques jours plus tard, m'apprit, qu'effectivement, il allait beaucoup mieux !
« Rav Nahoum, me cria-t-il tout excité, vous ne pouvez pas vous imaginer quelle surprise m'attendait ! Des membres de cette famille fondatrice sont venus chez moi, et m'ont informé qu'ils étaient en train de collecter une somme considérable destinée à la remise en état de la synagogue. D'ailleurs, les travaux ont déjà commencé ! Quant à l'atmosphère de la synagogue, elle a changé du tout au tout, d'une manière surprenante. Je n'y vois qu'un effet de la Bra’ha du Rabbi, lorsqu’il écrit que "Le mérite de la communauté vous aidera à réussir à fortifier l'édifice de la foi et de la tradition ancestrale dans son intégralité". »
