Ben Ish Chai – Hilloulah Haggada - Carte de la Rédemption
Le Palais Caché
Dans son sermon du chabbat Hagadol, le Ben Ich Hay a donné une merveilleuse parabole : Un roi avait un bon ami dont les conseils lui étaient d'un grand secours dans l'administration du royaume. Plus tard, à la suite d'un événement malheureux, l'ami fut contraint de quitter le roi. Le roi voulut remercier son ami en lui offrant une faveur, afin de lui assurer subsistance et un logement décent. Il lui remit une carte détaillée qui lui permettrait d'atteindre un grand et magnifique palais lui appartenant. Dans ce palais, lui révéla le roi, son ami pourrait vivre dans l'abondance, et qui plus est, recelait des trésors d'or et d'argent cachés, capables de subvenir à tous ses besoins.
Carte du Palais Caché
Grâce à cette carte précise, il put localiser le trésor et trouver les clés qui ouvraient les portes du palais, afin de pouvoir utiliser le bâtiment et le trésor en cas de besoin. L'ami, fou de joie, conserva précieusement la carte. Cependant, après leur séparation, il abandonna ses biens, erra de lieu en lieu et parcourait les rues pour gagner sa vie dans la misère, car personne ne reconnaissait sa sagesse ni ses compétences, le savoir des pauvres étant méprisé. Une seule chose le réconfortait: la carte que lui avait donnée le roi. Il en comprenait la valeur et la protégeait de toutes ses forces. Il en parla à ses fils et petits-enfants, qui connaissaient l'existence de la maison, du trésor et de son emplacement. Chaque année, lui et ses fils s'asseyaient, contemplaient la carte et imagimaient la beauté de la maison et le trésor qui les attendaient.
Une carte destinée à être utilisée
Un jour, cet ami rencontra un sage qui lui conseilla d'utiliser la carte pour atteindre le palais, y habiter et profiter du trésor qui s'y trouvait. « Ainsi, tu auras une maison respectable où vivre », lui dit le sage, « du pain et des vêtements, et tes talents seront reconnus. Tu pourras ainsi apporter des bénédictions à de nombreuses personnes par tes conseils. » Pour expliquer cette parabole, Rabénou explique : La carte au trésor n'est autre que la Haggadah de Pessah, et le trésor qu'elle renferme est la rédemption complète et la Terre d'Israël. La sagesse et le but ne consistent pas à lire une carte machinalement et à se contenter d'en apprécier les dessins, mais plutôt à l'observer en profondeur, à y trouver le chemin de la rédemption et à le mettre en pratique. C'est pourquoi nous disons à la fin de la Haggadah :"A chaque génération, chacun doit se considérer comme s'il était sorti d'Égypte." Chacun est tenu de faire tout son possible pour atteindre le repos et l'héritage, d'utiliser les trésors spirituels et matériels qui l'attendent en Terre Sainte et, par eux, de répandre une bénédiction sur le monde entier.
Bien que la terre dissimule parfois sa bonté,
Il est important de se souvenir qu'à cette époque, lorsque la terre d'Israël était désolée et sous domination étrangère, il était difficile d'en percevoir la bonté. Un grand voile recouvrait la bonté de la terre d'Israël. Rabénou explique que cette dissimulation fait partie intégrante de la bonté de la terre d'Israël. C'est pourquoi elle est "la cité de la justice, une cité fidèle" (Isaïe 1,26).
Le Ben Ich Hay explique: "La Terre d'Israël est fidèle à la bonté que D... y a cachée et déposée dès la création du monde. Elle ne révélera pas sa bonté aux rois des nations qui l'ont dominée et conquise, mais la gardera cachée jusqu'à ce que les nations la traversent. Alors seulement, elle la révélera à Israël qui l'héritera, et elle sera alors semblable au Gan d'Éden."
Le Bien Caché en Exil – La valeur de la Terre d'Israël
Rabénou explique un principe important : la situation dans laquelle la Terre d'Israël ne révèle pas sa bonté n'indique pas une déficience, mais bien le contraire. La Terre préserve fidèlement en son sein la bonté et l'abondance que D... y a déposées. Elle dissimule délibérément son potentiel afin que les empires étrangers n'en profitent pas, et attend le retour du peuple d'Israël. Ce n'est qu'à la suite de ce retour que la Terre dévoilera ses trésors et retrouvera sa prospérité. Rabénou a perçu la bonté de la Terre d'Israël. Mais tous ne la percevaient pas comme lui. À cette époque, environ 98,5 % des Juifs qui émigrèrent du monde entier repartirent. Ils ne virent que le voile qui la recouvrait et ne reconnurent pas la bonté de la Terre. Ils préférèrent s'établir en exil, contrairement à Rabénou qui, ayant compris la bonté de la Terre d'Israël, y envoya tous ses principaux disciples.
De peur qu'une parole impure ne sorte de sa bouche pour critiquer la Terre d'Israël,
Rabbi Yossef Haïm (le Ben Ich Hay)nous met en garde contre toute parole impure concernant la Terre d'Israël, même si elle n'est pas reconstruite. Car une grande bonté s'y cache. Il commente le Talmud dans le traité Ketoubot qui relate l'histoire des rabbins Ami et Asi, désireux de chérir le fait d'habiter sur la terre d'Israël. Ainsi, par temps chaud, lorsque le soleil atteignait le lieu d'étude, ils veillaient à se mettre à l'ombre, et inversement les jours de pluie, afin de ne pas souffrir de la chaleur ou du froid et de ne pas critiquer le climat d' Israël. Dans son livre Ben Yehoyada, notre rabbin explique que ces justes n'étaient incommodés ni par la chaleur ni par le froid, mais craignaient plutôt pour le salut de leurs élèves, de peur qu'ils ne parlent en mal de la bonne terre. : « Ils sentaient que certains élèves, brûlés par le soleil, pourraient dire: "Cet endroit n'est pas bon, allons-nous asseoir à l'ombre." C'est pourquoi les rabbins Ami et Asi se levaient tôt, quittant l'endroit ensoleillé pour se réfugier à l'ombre, afin qu'aucun élève ne vienne dire : “Ce lieu n'est pas bon”, et ne calomnie ainsi une partie de la terre d'Israël" De cela, Rabénou- le rabbin Ben Ish Chai tire une conclusion importante : « On apprendra ainsi la morale, à maîtriser ses paroles et sa langue, afin de ne prononcer aucune parole impure, de ne condamner ne serait-ce qu'un seul point de la Terre d'Israël! Que ce soit à propos de l'air, du froid ou de la chaleur, des fruits, et en matière de construction, etc. Même pendant sa destruction, qui est entre les mains des goyim, et les maisons appartiennent aux goyim – afin que personne ne puisse calomnier la Terre d'Israël." L'action de Rabénou Yossef a en effet porté de grands fruits. La grande majorité des exilés babyloniens ont immigré en Terre d'Israël et n'ont pas remplacé l'exil babylonien par l'exil américain, etc. Et puisse sa volonté être faite que nous méritions tous d'entendre le son du shofar qui révèle la gloire de D... dans le monde, et que tous nos frères du peuple d'Israël montent au Mont saint à Jérusalem. Amen et amen !!