Sans la gratitude, le monde risquerait de se transformer en un espace où chacun ne percevrait qu’une seule existence : la sienne propre. A un niveau plus profond, l’absence de gratitude envers autrui représente aussi un déni de la présence de D.ieu dans notre vie. Si l’on ne reconnaît pas les créations de D.ieu, on ne reconnaît pas non plus réellement le Créateur.
Une gratitude totale
La Mitsva d’apporter les premiers fruits à Jérusalem de les offrir au Cohen, avec joie, constitue une condition préalable essentielle à la réalisation de la Mitsva. Cette pratique représente une manière spectaculaire de reconnaître la présence de D.ieu dans la vie d’un Juif.
L’apport des premiers fruits exprimait une gratitude bien plus profonde que celle exprimée par les bénédictions que nous récitons. En effet, lorsqu’une bénédiction est prononcée, elle traduit une reconnaissance formulée en pensée et en parole. Cependant, le Juif qui apporte ses premiers fruits doit également manifester sa gratitude par une action, en les apportant au Beth Hamikdach et en les offrant à Dieu.
Une autre particularité des Bikourim réside dans le fait que cette expression de gratitude s’exprime par le don des meilleurs fruits. De plus, alors que la simple récitation d’une bénédiction n’implique pas de donner notre nourriture à D.ieu, la Mitsvah des Bikourim impose réellement une séparation physique de nos biens matériels.
Tous ces éléments soulignent la nature exhaustive de l’expression de gratitude associée à la Mitsva des Bikourim.
Gratitude à la fin de l’année
Le fait que nous nous penchions sur la gratitude pendant le mois d’Elloul n’est pas sans coïncidence. Alors que l’année touche à sa fin, notre examen de conscience doit inclure une reconnaissance des bienfaits que D.ieu nous a accordés au cours de l’année écoulée.
Nos Sages enseignent que l’expression suprême de la gratitude aura lieu à la fin des temps, à l’ère messianique. Ils affirment que la seule offrande qui sera présentée dans le Temple à cette époque sera celle de la reconnaissance, soulignant ainsi le rôle prépondérant de la gratitude dans l’ère messianique.
La meilleure façon de se préparer à cette expérience ultime d’expression de « remerciement » consiste à manifester dès maintenant, avec joie, notre gratitude envers Dieu et envers autrui !⬢