KI TAVO
Moché instruit les Enfants d’Israël d’apporter au Saint Temple, une fois qu’ils se seront installés en Israël, les Bikourim, prémisses des fruits, pour déclarer ainsi leur gratitude à l’égard de D.ieu.
On lit également les lois de la dîme donnée aux Lévites et aux pauvres.
Moché rappelle au peuple qu’il est « le Peuple Élu » de D.ieu et que lui a choisi D.ieu.
Après avoir énoncé les bénédictions que D.ieu enverra au peuple quand ils suivront les lois de la Torah, la dernière partie de la Paracha consiste en une Tokha’ha (« Réprimande »), le récit de ce qui arriverait si les Juifs en venaient à abandonner les Commandements.
En conclusion, Moché déclare que maintenant seulement, après quarante ans depuis leur naissance en tant que peuple, les Juifs ont atteint le niveau d’avoir « un cœur pour savoir, des yeux pour voir et des oreilles pour entendre ».
SE PRÉPARER À ENTRER EN TERRE SAINTE
La Paracha Ki Tavo est traditionnellement lue aux alentours du 18 Elloul (‘Haï Elloul) célébré cette semaine, date anniversaire des deux grands « luminaires », le Baal Chem Tov et Rabbi Chnéor Zalman de Lyadi.
Selon les enseignements ésotériques de la Torah, il est établi que les fêtes annuelles sont implicitement évoquées dans la Paracha correspondant à la semaine où elles se déroulent.
Rabbi Chnéor Zalman a également enseigné que nous devons vivre en harmonie avec le temps, c’est-à-dire intégrer le message opportun et éternel véhiculé par la Paracha hebdomadaire.
Il convient donc d’examiner le lien entre le 18 Elloul et la Paracha Ki Tavo, ainsi que son application concrète dans notre service divin quotidien ; car l’action en constitue l’essence primordiale.
Le message de Ki Tavo se trouve symboliquement représenté et résumé dans son nom même : « Tavo » : « Lorsque tu viendras dans le pays... » (Devarim 26 : 1)
Ce récit constitue indubitablement une introduction aux prescriptions qui suivent, devant être observées lors de l’entrée en Erets Israël. La succession des versets semble indiquer : « Après que vous serez entrés dans le pays, alors : « Vous prendrez les prémices de chaque fruit du sol produit par la terre... et vous irez au lieu que D.ieu choisira... » (Ibid., 2)
De manière analogue, on relève plus loin dans la section :
- a. « Le jour où vous traverserez le Jourdain pour entrer dans le pays... vous devrez ériger de grandes pierres... Vous y inscrirez toutes les paroles de cette Torah dans une langue claire (dans les soixante-dix langues » (Ibid., 27 : 2-8)
- b. « Lorsque vous franchirez le Jourdain, ceux-ci se tiendront sur le mont Guérizim pour prononcer la bénédiction du peuple... » (Ibid., 12).
La séquence de ces versets indique clairement qu’il ne s’agit pas ici du commandement direct de conquérir et de pénétrer dans le pays. Cela avait été ordonné antérieurement. La Torah traite ici des prescriptions qui incomberont au Peuple juif une fois qu’il aura pénétré en Erets Israël.
En d’autres termes, ce contexte textuel confère au verset « Lorsque tu viendras dans le pays » la fonction d’un simple repère indicatif.
Autrement dit : « Il vous est garanti que vous entrerez dans le pays. Sachant cela, il convient désormais de commencer à préparer l’accomplissement des Mitsvot dont vous aurez la charge après avoir franchi le Jourdain ».
A présent que nous constatons que l’attention de la Paracha se concentre véritablement sur les Mitsvot ultérieures, il devient parfaitement évident que le premier verset « Lorsque tu viendras dans le pays », ne constitue qu’une introduction. Pourtant, c’est précisément ce verset qui donne son nom à la Paracha, « Ki Tavo » - « Lorsque tu viendras ».
Que pouvons-nous tirer de ce paradoxe singulier ? Le nom de la Paracha proclame une garantie et une promesse ; cette assurance confère à l’individu la certitude qu’il entrera prochainement en Erets Israël. Par conséquent, il commence à se préparer avec enthousiasme et ardeur pour l’accomplissement intégral des Mitsvot liées à la terre.
De cette construction inhabituelle se dégagent plusieurs enseignements fondamentaux. Le véritable « venir dans le pays » ne s’accomplira pleinement qu’au moment où notre juste Machia’h se révélera lors de la rédemption ultime. A cette époque, nous atteindrons un niveau d’observance parfaite des Mitsvot. Le service divin contemporain ainsi que l’observance de la Torah et des Mitsvot durant la période de diaspora, particulièrement à l’approche de la fin de l’exil, constituent une préparation essentielle pour cet âge glorieux. Comme le souligne le Sifri : « Bien que vous soyez en exil, continuez à observer scrupuleusement les Mitsvot afin que lorsque vous retournerez dans le pays elles ne vous soient pas étrangères... » (Sifri, Ékev 11:17).