On était alors à quatre mois de la conclusion du Rambam. Par chance, j’avais noté pour ma comptabilité personnelle pour ainsi dire les numéros des chapitres que je n’avais pas étudiés. J’ai retrouvé tous les fascicules de Dvar Mal’hout et j’ai photocopié les chapitres qui me manquaient. A chaque moment de libre, je sortais mon paquet de feuillets : dans les transports en commun, dans les salles d’attente chez le médecin, en attendant le train, dans les embouteillages... cinq minutes par-ci, cinq minutes par là... Exactement de la même façon que les dettes avaient commencé à s’ajouter les unes aux autres... Et qui d’ailleurs commençaient maintenant à disparaître ! Il me restait « juste » trente chapitres...
C’est alors que j’ai constaté un phénomène curieux : je recevais de l’argent auquel je ne m’étais pas du tout attendu et, en très peu de temps, j’ai réussi à tout rembourser ! Il restait encore quelques dettes que j’avais « oubliées » et cela me troublait car je n’aime pas être redevable. Mais soudain, des gens auxquels je n’avais pas eu l’occasion de parler depuis longtemps venaient me rendre visite dans mon Beth ‘Habad (centre communautaire) et j’en profitais pour leur rembourser les petites sommes que je leur devais. Finalement j’ai pu effacer toute l’ardoise, je ne devais plus d’argent à personne !
Depuis, je me suis engagé à terminer les trois chapitres chaque jour avant le coucher du soleil et j’ai constaté combien c’était bénéfique ! Une fois que ce rythme fut acquis, j’ai pris encore une autre bonne décision : étudier les trois chapitres avant la prière du matin et je ne peux que m’en féliciter : cela valorise toute ma journée ! J’avais lu une fois qu’un étudiant de Yechiva avait pris l’habitude d’étudier les trois chapitres de Rambam avant la prière du matin (comme moi maintenant) mais que son Machpia le lui avait reproché en arguant qu’avant la prière, il convient d’étudier ‘Hassidout et non des livres de lois. Il avait confié ses doutes à ce sujet et le Rabbi lui avait répondu : qu’il continue dans sa bonne habitude ! J’avais donc raison de consacrer ainsi le début de ma journée à ces trois chapitres ».
Rav Amar est maintenant un passionné du Rambam et, chaque fois qu’il en a l’occasion, encourage chacun et, en particulier de grands rabbanim et chefs de communautés à travers le monde, à s’engager dans cette voie. Ainsi, Rav Chaoul Yits’hak Kaniewsky lui a raconté que son père, Rav ‘Haïm Kaniewsky avait hérité de la coutume familiale d’étudier trois chapitres de Rambam par jour, bien avant que le Rabbi ne popularise cela il y a plus de quarante ans. Rav Kaniewsky avait ajouté qu’il bénissait tous ceux qui s’engageaient dans cette étude car cela hâterait la venue du Machia’h.
« Dernièrement, nous avons reçu en Floride la visite du Grand Rabbin d’Israël, Rav David Yossef qui a raconté qu’il étudiait avec passion le Choul’hane Arou’h Harav de Rabbi Chnéor Zalman de Lyadi et que, depuis que le Rabbi avait lancé la campagne du Rambam, son père, le regretté Rav Ovadia Yossef s’était pleinement investi lui aussi dans cette étude quotidienne.
Pour conclure, j’ajouterai un « mot » que j’ai entendu de Rav Leibl Shapiro, directeur de la Yechiva de Miami : le premier Maamar (discours ‘hassidique) du Rabbi en 1951 était basé sur le verset du Cantique des cantiques : « Bati Legani ». (« Je suis venu dans mon jardin »). Ce mot « Bati » est l’anagramme des mots : « Berechit, Achrei, Tanya et Yessod », premiers mots des livres de base à étudier chaque jour : le ‘Houmach (Pentateuque), les Psaumes, le Tanya et Rambam (qui commence par « Yessod, Le fondement des fondements...). La mission de notre génération est de hâter la venue du Machia’h par ces études quotidiennes, régulières et non-négociables ! ».
Rav Israël Alperowitz
Traduits par Feiga Lubecki