« C’est la rentrée ! » Voici une de ces phrases qui, en quelques mots, décrivent toute une situation. Après l’interruption de ce moment social particulier que constituent les vacances, tout reprend brutalement sa place.
En substance, nous commençons à digérer ces jours en suspension qui passent déjà au rang de souvenirs et nous entrons dans une nouvelle période d’activité d’autant plus intense que les forces nous sont revenues. Cette rentrée, si elle est matérielle, est également et, pour nous, sans doute principalement, spirituelle. A peine sortis de la pause saisonnière, nous nous trouvons au début du mois d’Elloul, le si bien nommé « mois du retour », à D.ieu bien entendu.
Il est donc nécessaire de faire ici un point d’arrêt pour reprendre conscience de ce que l’avancée du temps a fait : nous sommes passés de l’insouciance de l’été à l’avant- solennité des jours de Roch Hachana et Yom Kippour. Ce dernier mois de l’année juive est celui qui ouvre un véritable espace de réflexion et d’amélioration. Il est celui où tout peut être réparé, où la miséricorde Divine éclaire le monde avec une puissance à nulle autre comparable. Ce n’est pas en vain que nos Maîtres l’ont décrit comme un refuge dans le temps, créé pour nous accueillir et nous faire jouir de sa protection contre les accusations spirituelles suscitées par nos propres erreurs.
Ce retour à D.ieu, aussi important soit son enjeu, ne doit pas être entaché de tristesse. Bien au contraire, nous éprouvons à présent le sentiment de l’enfant qui retrouve enfin son père après l’avoir délaissé trop longtemps. Au-delà des reproches qu’il peut se faire à lui-même, c’est la joie qui prédomine en lui et qui lui donne, justement, la certitude qu’il ne reproduira plus jamais les manquements qui l’ont conduit à ce pour ainsi dire abandon.
Nous sommes au seuil de l’année nouvelle et nous pouvons déjà la souhaiter à chacun, et aussi à nous-mêmes, heureuse et chargée de toutes les bénédictions. Nous pouvons, en même temps, nous installer dans ce nouvel ordre des choses qu’inaugure le mois d’Elloul, plus proche de l’essentiel et plus lointain de l’accessoire. En un mot, il nous est donné aujourd’hui de choisir la vie et nous savons que nous ferons le bon choix.
