Une humilité profonde et une absence totale d’ego ; seule une personne dépourvue d’orgueil peut devenir réceptive à l’élément divin contenu dans la Torah.
Selon la Torah, Moché était l'individu le plus humble à avoir jamais habité la terre. Son humilité imprégnait chaque fibre de son être et demeurait constante, sans aucune fluctuation. Il était donc le seul capable d’acquérir une maîtrise totale et incontestable de la Torah, dans toute sa grandeur divine. Il incarnait en cela la quintessence du symbole de la Mézouza, représentant l’excellence dans la maîtrise de la Torah.
En apposant cette Mézouza-Moïse sur nos foyers et en reconnaissant qu’il insuffle en nous le pouvoir de réceptivité à la Torah, nous devenons également des personnalités ancrées dans cette tradition. Lorsque nous révélons l’étincelle de Moché en nous ainsi que le pouvoir d’abnégation qu’elle recèle, nous pouvons légitimement considérer la Torah comme nôtre. Sans notre lien avec Moché, notre relation à la Torah demeure fondamentalement incomplète.
LE RETOUR DE MOCHÉ ET D’AHARON
Selon nos Sages, l’avènement du Machia’h s’accompagnera également du retour de Moché et d’Aharon. Au-delà de l’interprétation littérale du terme « retour » - signifiant leur résurrection anticipée avant la période générale de la Résurrection des Morts - cette notion implique que notre préparation à l’ère messianique nécessite une connexion profonde aux idéaux incarnés par Moché et Aharon.
Dans l’esprit d’Aharon, il nous incombe de raviver la passion spirituelle pour D.ieu ainsi que pour les âmes de nos coreligionnaires, en particulier celles qui ignorent encore qu’elles possèdent une âme divine.
Par ailleurs, il est impératif d’aborder la Torah comme une Sagesse divine et de la maîtriser en adoptant l’attitude humble et dépourvue d’égo caractéristique de Moché.
PLUS QUE L’OBSERVATION DIRECTE
Le prophète Isaïe décrit (11 :9) le jugement que rendra Machia’h : « Il ne jugera pas selon la vue de ses yeux et ne fera pas de remontrances selon ce qu’entendent ses oreilles ».
Cette description fait référence au jugement destiné à déterminer qui se relèvera lors de la résurrection des morts. Or, le président de ce tribunal sera le Machia’h lui-même qui, contrairement à un juge ordinaire, ne se contentera pas de ce qu’il observera pour juger. Il verra et ressentira les facteurs qui ont conduit l’homme à commettre des fautes. Il saura peser le poids de la vie d’exil menée par les Juifs. Il intercèdera en leur faveur et recherchera leurs mérites, relevant qu’ils n’ont jamais fauté volontairement : ils ont seulement été incapables de maîtriser leur mauvais penchant.