Le Recit de la Semaine
Mosaic Express | July 05, 2024
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Le Recit de la Semaine

Mosaic Express | June 27, 2025

LE RECIT DE LA SEMAINE

Boulder (Colorado) est une très jolie ville. Des montagnes majestueuses, les Rockies, offrent des paysages à couper le souffle et, à notre arrivée, nous ne cessions d’admirer ces merveilles de la nature. Mais bien vite, nous avons réalisé qu’alors que nous admirions la ville et ses environs, nous étions nous-mêmes observés ! Apparemment, les sommets sublimes des Rockies ne valent rien par rapport à un vrai rabbin, avec tous les attributs d’un vrai rabbin : barbe, chapeau et costume sombre. De tous les magasins, on pouvait admirer les montagnes et les vallées mais un véritable rabbin, c’était bien plus nouveau et exotique !

J’avais fait la connaissance d’un pianiste, Ted, et je l’avais invité à assister à un de nos cours de Torah. Après le cours, Ted s’approcha de moi avec un sourire gêné : « Je ne veux pas briser le charme donc je suppose qu’il serait plus honnête de ma part de vous faire part de mon passé. J’ai été élevé dans une famille juive traditionnaliste à Denver. Mon grand-père était un des fondateurs de la communauté juive et ma famille y est très connue. Nous allions régulièrement à la synagogue et pratiquions de nombreuses Mitsvot à la maison.

Mais pour moi, tout ceci était... comment dire... forcé, pour la galerie si vous voulez. La peur du « qu’en dira-t-on », maintenir les apparences, agir comme les autres, se fondre dans l’entourage mais pas vraiment une expérience joyeuse et réfléchie. De l’action, oui mais aucun sentiment ou enthousiasme.

Quand je suis allé à l’université, j’ai rencontré d’autres étudiants, des chrétiens pratiquants. Ils avaient une foi solide, contagieuse ! Ils ressentaient vraiment la Main de D.ieu dans tout ce qu’ils vivaient. C’était exactement ce qui me manquait ! Je me suis senti attiré par leur sincérité et, quelques mois, plus tard, je me suis converti au christianisme ; depuis, je pratique régulièrement cette religion.

Alors pourquoi je suis venu ce soir ? C’est parce que je sais que le christianisme est fondé sur le judaïsme. J’ai pensé que si je le connaissais mieux, cela m’aiderait à devenir un meilleur Chrétien ! ».

Il était si honnête, si sincère mais je le ressentis comme une claque à laquelle je n’étais pas préparé :

- Comment le savez-vous ? éclatai-je. Vous reconnaissez vous-mêmes que vous n’êtes pas un expert, dans aucune des deux religions incriminées. Alors pourquoi rejeter le judaïsme en faveur du christianisme et pas l’inverse ?

Ted fut surpris par ma réaction et réfléchit un moment avant de reprendre la parole. Il répondit, j’ai argumenté, il me contredit et j’ai insisté. Bref nous avons « discuté » avec passion pendant des heures jusqu’à ce que, tard dans la nuit, Ted se soit mis à bailler :

- Nous pouvons argumenter encore des mois mais je ne changerai pas d’avis. J’étais si malheureux avant alors que, depuis ma conversion, je me sens si bien, si rassuré, si bien entouré...

- Oui, je comprends : tant que vous reconnaissez que votre attachement à cette religion provient d’un besoin émotionnel plutôt que d’une base solide et logique... Aucun argument aussi évident soit-il, aucun fait établi et indiscutable ne vous impressionnera ! Pour vous, l’émotion est plus forte que la logique !

La discussion cessa, Ted partit et je me dépêchai d’attraper un taxi pour l’aéroport : ce Chabbat, ce serait Guimel Tamouz, la date du premier anniversaire de décès du Rabbi de Loubavitch et je voulais passer cette journée difficile avec mes frères ‘hassidim au 770 Eastern Parkway à Brooklyn. Là, je pourrais prier pour tous les Juifs que je connaissais à Boulder – et pour Ted.

Quand je suis rentré chez moi après quelques jours d’intense émotion et de spiritualité, je reçus un coup de téléphone de Ted :

- J’ai réfléchi à notre conversation. De fait, je n’ai pas cessé d’y réfléchir ! Vous avez raison, Monsieur le rabbin ! Je devrais donner sa chance au judaïsme ! Après tout, je me suis senti si bien dans votre entourage et j’ai apprécié votre délicatesse.

La puissance des prières auprès du tombeau du Rabbi avait été indéniable et j’ai senti combien ce jour si spécial du 3 Tamouz avait pu opérer un changement aussi spectaculaire.

J’ai continué à bavarder de temps en temps avec Ted, je l’ai connecté à la grande communauté de Denver où il habitait et j’ai observé avec satisfaction comment il revenait lentement mais résolument à une vie de Torah, dans la réflexion et la joie. Sa métamorphose impacta aussi son frère et, tous deux ont maintenant régénéré l’ambiance juive dans leur famille.

Rav Pessa’h Schenier—Collive
Traduit par Feiga Lubecki

LE RECIT DE LA SEMAINE

Boulder (Colorado) est une très jolie ville. Des montagnes majestueuses, les Rockies, offrent des paysages à couper le souffle et, à notre arrivée, nous ne cessions d’admirer ces merveilles de la nature. Mais bien vite, nous avons réalisé qu’alors que nous admirions la ville et ses environs, nous étions nous-mêmes observés ! Apparemment, les sommets sublimes des Rockies ne valent rien par rapport à un vrai rabbin, avec tous les attributs d’un vrai rabbin : barbe, chapeau et costume sombre. De tous les magasins, on pouvait admirer les montagnes et les vallées mais un véritable rabbin, c’était bien plus nouveau et exotique !

J’avais fait la connaissance d’un pianiste, Ted, et je l’avais invité à assister à un de nos cours de Torah. Après le cours, Ted s’approcha de moi avec un sourire gêné : « Je ne veux pas briser le charme donc je suppose qu’il serait plus honnête de ma part de vous faire part de mon passé. J’ai été élevé dans une famille juive traditionnaliste à Denver. Mon grand-père était un des fondateurs de la communauté juive et ma famille y est très connue. Nous allions régulièrement à la synagogue et pratiquions de nombreuses Mitsvot à la maison.

Mais pour moi, tout ceci était... comment dire... forcé, pour la galerie si vous voulez. La peur du « qu’en dira-t-on », maintenir les apparences, agir comme les autres, se fondre dans l’entourage mais pas vraiment une expérience joyeuse et réfléchie. De l’action, oui mais aucun sentiment ou enthousiasme.

Quand je suis allé à l’université, j’ai rencontré d’autres étudiants, des chrétiens pratiquants. Ils avaient une foi solide, contagieuse ! Ils ressentaient vraiment la Main de D.ieu dans tout ce qu’ils vivaient. C’était exactement ce qui me manquait ! Je me suis senti attiré par leur sincérité et, quelques mois, plus tard, je me suis converti au christianisme ; depuis, je pratique régulièrement cette religion.

Alors pourquoi je suis venu ce soir ? C’est parce que je sais que le christianisme est fondé sur le judaïsme. J’ai pensé que si je le connaissais mieux, cela m’aiderait à devenir un meilleur Chrétien ! ».

Il était si honnête, si sincère mais je le ressentis comme une claque à laquelle je n’étais pas préparé :

- Comment le savez-vous ? éclatai-je. Vous reconnaissez vous-mêmes que vous n’êtes pas un expert, dans aucune des deux religions incriminées. Alors pourquoi rejeter le judaïsme en faveur du christianisme et pas l’inverse ?

Ted fut surpris par ma réaction et réfléchit un moment avant de reprendre la parole. Il répondit, j’ai argumenté, il me contredit et j’ai insisté. Bref nous avons « discuté » avec passion pendant des heures jusqu’à ce que, tard dans la nuit, Ted se soit mis à bailler :

- Nous pouvons argumenter encore des mois mais je ne changerai pas d’avis. J’étais si malheureux avant alors que, depuis ma conversion, je me sens si bien, si rassuré, si bien entouré...

- Oui, je comprends : tant que vous reconnaissez que votre attachement à cette religion provient d’un besoin émotionnel plutôt que d’une base solide et logique... Aucun argument aussi évident soit-il, aucun fait établi et indiscutable ne vous impressionnera ! Pour vous, l’émotion est plus forte que la logique !

La discussion cessa, Ted partit et je me dépêchai d’attraper un taxi pour l’aéroport : ce Chabbat, ce serait Guimel Tamouz, la date du premier anniversaire de décès du Rabbi de Loubavitch et je voulais passer cette journée difficile avec mes frères ‘hassidim au 770 Eastern Parkway à Brooklyn. Là, je pourrais prier pour tous les Juifs que je connaissais à Boulder – et pour Ted.

Quand je suis rentré chez moi après quelques jours d’intense émotion et de spiritualité, je reçus un coup de téléphone de Ted :

- J’ai réfléchi à notre conversation. De fait, je n’ai pas cessé d’y réfléchir ! Vous avez raison, Monsieur le rabbin ! Je devrais donner sa chance au judaïsme ! Après tout, je me suis senti si bien dans votre entourage et j’ai apprécié votre délicatesse.

La puissance des prières auprès du tombeau du Rabbi avait été indéniable et j’ai senti combien ce jour si spécial du 3 Tamouz avait pu opérer un changement aussi spectaculaire.

J’ai continué à bavarder de temps en temps avec Ted, je l’ai connecté à la grande communauté de Denver où il habitait et j’ai observé avec satisfaction comment il revenait lentement mais résolument à une vie de Torah, dans la réflexion et la joie. Sa métamorphose impacta aussi son frère et, tous deux ont maintenant régénéré l’ambiance juive dans leur famille.

Rav Pessa’h Schenier—Collive
Traduit par Feiga Lubecki

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