Le Recit de la Semaine
Mosaic Express | June 27, 2025
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Le Recit de la Semaine

Mosaic Express | June 27, 2025

LE RECIT DE LA SEMAINE

« M. Pomerantz, vous devez vous rendre au plus vite aux urgences ! » ordonna le médecin.

Ces paroles firent à Mena’hem Pomerantz l’effet d’un coup de tonnerre en cette journée ensoleillée.

C’était en mars 2022. Mena’hem habitait à Flatbush (Brooklyn, New York). Au début il avait ressenti un léger mal de tête, puis une douleur aux oreilles et à la gorge. Il n’y attacha pas une importance particulière, surtout en cette période de l’année : il travaillait dans une boucherie cachère et on était dans la période la plus chargée de l’année, avant la fête de Pessa’h. « Je ne pouvais évidemment pas me permettre le luxe de manquer un seul jour de travail ! ».

Il se rendit à la boucherie et travailla jusqu’à la fin de la journée, essayant de ne pas se laisser submerger par la douleur qui s’amplifiait. Rentré chez lui, il prit des comprimés analgésiques qui ne l’aidèrent aucunement. Il décida alors de se rendre à l’hôpital.

Le médecin qui l’examina consciencieusement prit un air très sérieux et annonça qu’il craignait un incident grave et qu’un spécialiste devait se prononcer. Mena’hem s’étonna : « Depuis quand va-t-on aux urgences pour un mal de tête ? ». Mais le médecin répliqua qu’il avait de bonnes raisons de suspecter une attaque cérébrale.

Ces derniers mots l’abasourdirent.

Quand il en parla à ses amis, ceux-ci ne perdirent pas de temps et appelèrent immédiatement le service Hatzalah, le service privé de la communauté juive pour gérer les urgences. Quelques minutes plus tard, Mena’hem se retrouva à l’hôpital le plus proche.

Tout au long de la nuit, Mena’hem subit de nombreux examens, le médecin étudia soigneusement les résultats et conclut : « M. Pomerantz, nous constatons des lésions dans le cerveau... ». Mena’hem tenta de dédramatiser la situation avec un trait d’humour : « Ah bon ? Bonne nouvelle ! Moi qui croyais ne pas avoir de cerveau... ».

Mais le docteur n’avait pas envie de rire : « C’est un problème au cerveau. Je vous laisse sortir maintenant mais vous devrez subir un examen IRM le plus rapidement possible ! ».

Quand Mena’hem sortit de l’hôpital, le jour pointait déjà et il décida qu’avant tout, il téléphonerait à son Rabbin, Rav Yo’hanan Marasow : « Monsieur le rabbin ! murmura-t-il d’une voix faible après cette nuit sans dormir, il m’arrive quelque chose de grave... ».

Rav Marasow l’écouta silencieusement mais, contrairement aux autres personnes qui avaient entouré Mena’hem, il fit preuve d’un étonnant optimisme. « Ne vous inquiétez pas, nous allons tous les deux prier au tombeau du Rabbi à Queens et certainement tout s’arrangera ! ».

Mena’hem accepta avec soulagement la proposition. Le lendemain matin, il reçut un appel téléphonique : « M. Pomerantz ? Ici le service des urgences. Nous vous avons trouvé un rendez-vous pour l’examen d’IRM ». Mais ce rendez-vous était fixé pour... dans quatre semaines, donc après la fête de Pessa’h !

- C’est ce que vous appelez un rendez-vous en toute urgence ? s’étonna Mena’hem avec amertume.

Il décida de se rendre avec son ordonnance auprès de son médecin particulier.

Celui-ci feuilleta les documents médicaux : « Effectivement, on distingue clairement un problème au cerveau. Il y a là une tumeur, malheureusement. Je vais vous obtenir un rendez-vous en urgence pour un IRM, dans les quarante-huit heures ».

Mena’hem sentit son cœur défaillir en entendant le pronostic du médecin avec ce mot tant redouté. Il téléphona immédiatement à Rav Marasow : « Mon docteur m’annonce que j’ai une tumeur donc « la maladie ». Je suis complètement perdu, j’ai très peur, nous devons aller au plus vite prier auprès du Ohel, la tombe du Rabbi ! ».

Rav Marasow suggéra qu’ils s’y rendent la nuit avant l’examen. Effectivement, à une heure et demi du matin, Rav Marasow téléphona à Mena’hem et tous deux se rendirent au Ohel. A leur arrivée, Rav Marasow laissa Mena’hem écrire tranquillement son Pidyone Néfech, sa lettre de demande de bénédiction dans la grande salle attenante puis tous deux entrèrent pour déposer la lettre sur le tombeau, là où des Juifs du monde entier viennent prier avec ferveur. A cette heure-ci de la nuit, il n’y avait qu’une vingtaine de personnes présentes autour du tombeau et tous deux purent lire le livre Maané Lachone traditionnel sans être dérangés ou bousculés.

En lisant les mots : « Chalom Alé’hem Adonénou, Morénou, Verabénou, Alé’hem Chalom » (comme on s’adresse respectueusement au Rabbi), Mena’hem se sentit soudain soulagé, sans comprendre pourquoi. « C’était un sentiment très fort, de respect et d’honneur très profond. J’ai levé la tête et je me suis aperçu que tous les gens qui étaient là auparavant étaient sortis et je me trouvais seul avec le Rabbi ! ».

Il en profita pour déverser son cœur. Il avait l’impression que le Rabbi le tenait vraiment par la main et l’écoutait attentivement. Un flot de larmes coulait sur ses joues : « C’est tout simplement impossible qu’il m’arrive ceci ! J’ai de jeunes enfants à la maison... ».

Le lendemain matin, Mena’hem se rendit au centre médical pour subir l’examen d’IRM. A midi, il reçut un coup de téléphone de son médecin personnel : « M. Pomerantz, tout ce que nous voyons sur les écrans, c’est un cerveau. Et rien d’autre ! ».

Mena’hem n’en croyait pas ses oreilles. Le médecin ajouta : « Il n’y a plus de trace de tumeur ! Tout va bien ! Mais je n’y comprends plus rien ! Moi-même j’avais constaté de sérieuses lésions dans votre cerveau et maintenant, il n’y a plus rien ! ».

- Je vais vous expliquer ce qui est arrivé, répondit doucement Mena’hem au docteur : j’ai prié au Ohel, au tombeau du Rabbi de Loubavitch !

Mena’hem conclut son histoire : « Quand j’avais vingt ans à peu près, je passais souvent devant le Rabbi pour recevoir le « Kos Chel Bra’ha », le vin de la bénédiction que le Rabbi avait coutume de distribuer à la sortie de chaque fête juive. Des milliers de Juifs passaient alors devant le Rabbi. Une fois, alors que le Rabbi versait dans mon verre un peu de son vin, il m’adressa quelques mots que je n’ai pas réussi à comprendre. J’ai donc continué mon chemin mais le secrétaire me fit signe de revenir devant le Rabbi et de tendre la main qui tenait le verre. Le Rabbi versa une seconde fois un peu de son vin dans mon verre, me regarda et me souhaita : « Tout ira bien ! ».

Et effectivement tout va bien !

Mena’hem Shaikevitz
Traduit par Feiga Lubecki

LE RECIT DE LA SEMAINE

« M. Pomerantz, vous devez vous rendre au plus vite aux urgences ! » ordonna le médecin.

Ces paroles firent à Mena’hem Pomerantz l’effet d’un coup de tonnerre en cette journée ensoleillée.

C’était en mars 2022. Mena’hem habitait à Flatbush (Brooklyn, New York). Au début il avait ressenti un léger mal de tête, puis une douleur aux oreilles et à la gorge. Il n’y attacha pas une importance particulière, surtout en cette période de l’année : il travaillait dans une boucherie cachère et on était dans la période la plus chargée de l’année, avant la fête de Pessa’h. « Je ne pouvais évidemment pas me permettre le luxe de manquer un seul jour de travail ! ».

Il se rendit à la boucherie et travailla jusqu’à la fin de la journée, essayant de ne pas se laisser submerger par la douleur qui s’amplifiait. Rentré chez lui, il prit des comprimés analgésiques qui ne l’aidèrent aucunement. Il décida alors de se rendre à l’hôpital.

Le médecin qui l’examina consciencieusement prit un air très sérieux et annonça qu’il craignait un incident grave et qu’un spécialiste devait se prononcer. Mena’hem s’étonna : « Depuis quand va-t-on aux urgences pour un mal de tête ? ». Mais le médecin répliqua qu’il avait de bonnes raisons de suspecter une attaque cérébrale.

Ces derniers mots l’abasourdirent.

Quand il en parla à ses amis, ceux-ci ne perdirent pas de temps et appelèrent immédiatement le service Hatzalah, le service privé de la communauté juive pour gérer les urgences. Quelques minutes plus tard, Mena’hem se retrouva à l’hôpital le plus proche.

Tout au long de la nuit, Mena’hem subit de nombreux examens, le médecin étudia soigneusement les résultats et conclut : « M. Pomerantz, nous constatons des lésions dans le cerveau... ». Mena’hem tenta de dédramatiser la situation avec un trait d’humour : « Ah bon ? Bonne nouvelle ! Moi qui croyais ne pas avoir de cerveau... ».

Mais le docteur n’avait pas envie de rire : « C’est un problème au cerveau. Je vous laisse sortir maintenant mais vous devrez subir un examen IRM le plus rapidement possible ! ».

Quand Mena’hem sortit de l’hôpital, le jour pointait déjà et il décida qu’avant tout, il téléphonerait à son Rabbin, Rav Yo’hanan Marasow : « Monsieur le rabbin ! murmura-t-il d’une voix faible après cette nuit sans dormir, il m’arrive quelque chose de grave... ».

Rav Marasow l’écouta silencieusement mais, contrairement aux autres personnes qui avaient entouré Mena’hem, il fit preuve d’un étonnant optimisme. « Ne vous inquiétez pas, nous allons tous les deux prier au tombeau du Rabbi à Queens et certainement tout s’arrangera ! ».

Mena’hem accepta avec soulagement la proposition. Le lendemain matin, il reçut un appel téléphonique : « M. Pomerantz ? Ici le service des urgences. Nous vous avons trouvé un rendez-vous pour l’examen d’IRM ». Mais ce rendez-vous était fixé pour... dans quatre semaines, donc après la fête de Pessa’h !

- C’est ce que vous appelez un rendez-vous en toute urgence ? s’étonna Mena’hem avec amertume.

Il décida de se rendre avec son ordonnance auprès de son médecin particulier.

Celui-ci feuilleta les documents médicaux : « Effectivement, on distingue clairement un problème au cerveau. Il y a là une tumeur, malheureusement. Je vais vous obtenir un rendez-vous en urgence pour un IRM, dans les quarante-huit heures ».

Mena’hem sentit son cœur défaillir en entendant le pronostic du médecin avec ce mot tant redouté. Il téléphona immédiatement à Rav Marasow : « Mon docteur m’annonce que j’ai une tumeur donc « la maladie ». Je suis complètement perdu, j’ai très peur, nous devons aller au plus vite prier auprès du Ohel, la tombe du Rabbi ! ».

Rav Marasow suggéra qu’ils s’y rendent la nuit avant l’examen. Effectivement, à une heure et demi du matin, Rav Marasow téléphona à Mena’hem et tous deux se rendirent au Ohel. A leur arrivée, Rav Marasow laissa Mena’hem écrire tranquillement son Pidyone Néfech, sa lettre de demande de bénédiction dans la grande salle attenante puis tous deux entrèrent pour déposer la lettre sur le tombeau, là où des Juifs du monde entier viennent prier avec ferveur. A cette heure-ci de la nuit, il n’y avait qu’une vingtaine de personnes présentes autour du tombeau et tous deux purent lire le livre Maané Lachone traditionnel sans être dérangés ou bousculés.

En lisant les mots : « Chalom Alé’hem Adonénou, Morénou, Verabénou, Alé’hem Chalom » (comme on s’adresse respectueusement au Rabbi), Mena’hem se sentit soudain soulagé, sans comprendre pourquoi. « C’était un sentiment très fort, de respect et d’honneur très profond. J’ai levé la tête et je me suis aperçu que tous les gens qui étaient là auparavant étaient sortis et je me trouvais seul avec le Rabbi ! ».

Il en profita pour déverser son cœur. Il avait l’impression que le Rabbi le tenait vraiment par la main et l’écoutait attentivement. Un flot de larmes coulait sur ses joues : « C’est tout simplement impossible qu’il m’arrive ceci ! J’ai de jeunes enfants à la maison... ».

Le lendemain matin, Mena’hem se rendit au centre médical pour subir l’examen d’IRM. A midi, il reçut un coup de téléphone de son médecin personnel : « M. Pomerantz, tout ce que nous voyons sur les écrans, c’est un cerveau. Et rien d’autre ! ».

Mena’hem n’en croyait pas ses oreilles. Le médecin ajouta : « Il n’y a plus de trace de tumeur ! Tout va bien ! Mais je n’y comprends plus rien ! Moi-même j’avais constaté de sérieuses lésions dans votre cerveau et maintenant, il n’y a plus rien ! ».

- Je vais vous expliquer ce qui est arrivé, répondit doucement Mena’hem au docteur : j’ai prié au Ohel, au tombeau du Rabbi de Loubavitch !

Mena’hem conclut son histoire : « Quand j’avais vingt ans à peu près, je passais souvent devant le Rabbi pour recevoir le « Kos Chel Bra’ha », le vin de la bénédiction que le Rabbi avait coutume de distribuer à la sortie de chaque fête juive. Des milliers de Juifs passaient alors devant le Rabbi. Une fois, alors que le Rabbi versait dans mon verre un peu de son vin, il m’adressa quelques mots que je n’ai pas réussi à comprendre. J’ai donc continué mon chemin mais le secrétaire me fit signe de revenir devant le Rabbi et de tendre la main qui tenait le verre. Le Rabbi versa une seconde fois un peu de son vin dans mon verre, me regarda et me souhaita : « Tout ira bien ! ».

Et effectivement tout va bien !

Mena’hem Shaikevitz
Traduit par Feiga Lubecki

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