A Eilat, Rav Mendy Klein rendait visite à des patients hospitalisés quand un homme qu’il reconnaissait vaguement se précipita vers lui et l’embrassa avec effusion :
- Rav Mendy ! Mon fils doit réciter la bénédiction « Hagomel », celle qu’on prononce quand on a échappé à un grave danger !
Le jeune homme venait d’arriver à Eilat (au sud d’Israël) directement depuis le festival Supernova qui s’était tenu vendredi soir dans la forêt de Re’im, à la bordure de Gaza. Il avait assisté impuissant à l’odieux massacre, avait passé des heures à se cacher, tapi au sol, sous les corps de ses amis et d’autres participants à la fête. Il avait miraculeusement survécu au carnage et éprouvait maintenant le besoin de manifester sa gratitude envers D.ieu.
Bien entendu, Rav Klein l’accueillit chaleureusement et l’invita dans la synagogue de l’hôpital alors qu’on allait procéder à la lecture de la Torah. Le jeune homme accepta avec empressement de mettre les Téfilines et de réciter le Chema puis désigna timidement tout un groupe de jeunes, dans la vingtaine, qui avaient eux aussi survécu.
- Il est impossible de décrire leurs visages marqués par l’épreuve qu’ils venaient de subir. Ils avaient assisté aux pires horreurs, celles qu’aucune civilisation ne peut admettre ni même envisager. Ils étaient pâles, encore terrifiés et murés dans leur sidération.
Ce fut un moment incroyablement émouvant. Le groupe entra silencieusement dans la synagogue, chacun s’empara d’un livre de prières en le serrant très fort puis, devant le rouleau de la Torah ouvert, récita avec ferveur la bénédiction traditionnelle :
« Béni sois-Tu Éternel notre D.ieu, Maître du monde, qui récompense ceux qui ne le méritent pas, avec bienveillance et qui a déversé sur moi tout le bien ».
Aucun œil ne resta sec dans l’assemblée, tous pleuraient et répondirent d’une voix forte : Amen.
Puis Rav Klein se dirigea vers la Me’hitsa, la cloison qui séparait les hommes des dames et souleva un peu le rideau pour que les jeunes filles présentes, et elles aussi rescapées, puissent prononcer la bénédiction.
Après l’office, alors qu’un petit déjeuner était offert, tous s’assirent autour de Rav Klein et, en essuyant les larmes, racontèrent ce qu’ils avaient vécu en évoquant, entre deux sanglots, les camarades assassinés ou disparus mais aussi les miracles qui leur avaient permis de se relever et de s’enfuir.
Ce fut un moment de réconfort au milieu de l’obscurité, un moment d’espoir pour un monde débarrassé de l’horreur et empli de confiance en D.ieu.
Bruria Efune - Chabad.org
