et nous inspirer. L’un des enseignements de ce récit concerne la perception que nous devons avoir de nos propres expériences en exil.
L’histoire juive se divise en deux périodes distinctes : l’une désignée sous le terme de Galout (exil) et l’autre sous celui de Guéoula (Rédemption). Le concept d’exil renvoie généralement à une aliénation physique par rapport à notre terre. La Rédemption, quant à elle, correspond au retour définitif vers cette même terre.
Toutefois, une compréhension plus profonde révèle que l’exil incarne un état d’être marqué par une dichotomie entre le spirituel et le matériel, lesquels ne fonctionnent pas nécessairement de concert. En effet, des actions vertueuses peuvent engendrer des conséquences physiques défavorables durant l’exil, et inversement. La promesse faite à Avraham selon laquelle ses accomplissements spirituels conduiraient à d’importantes bénédictions matérielles ne semble souvent pas se réaliser pendant cette période. L’exil se caractérise par une aliénation et une séparation multiples : de notre terre, de notre D.ieu, du spirituel par rapport au physique, voire entre notre cœur et notre esprit, pour ne citer que quelques exemples.
Lorsque nous prions pour la venue imminente de la Rédemption par le Machia’h, nous aspirons à une réunification dans tous ces domaines.
La promesse divine faite à Avraham, et à nous, s’accomplira assurément dans un avenir proche. Alors seulement percevrons-nous, comme Avraham avant nous, que l’expérience même de l’exil a constitué un catalyseur essentiel favorisant les bienfaits qui marqueront l’ère de la Rédemption.