En Préparant Demain
Interruption saisonnière. C’est ce qui va caractériser les prochaines semaines. L’activité régulière est d’ores et déjà annoncée comme suspendue et cet éditorial lui-même est le dernier de la saison. Bien sûr, il ne s’agit là que d’un moment passager, destiné à permettre à chacun de reprendre des forces pour les longs mois qui suivront. Pourtant, il convient de regarder cette réalité pour ce qu’elle est : une sorte de période d’absence, même souhaitée et attendue.
C’est justement cette notion d’absence qui doit nous interroger. Que signifie-t-elle ? Quelle est sa portée ? De fait, choisir d’effectuer ce qui ressemble fort à un retrait des choses du monde a obligatoirement une signification profonde. La vision du judaïsme a toujours été, au contraire, celle de la présence. Sans doute la vie sociale est-elle devenue plus exigeante que par le passé, comme plus prégnante et une telle interruption en apparaît comme plus nécessaire. Cependant, elle porte en elle une question essentielle : quel usage va-t-on en faire ? Il est clair qu’elle ne peut se limiter à un simple constat, qu’on ne peut se contenter de dire qu’il y a à présent suspension et que l’on se retrouvera bientôt. Ce qui compte peut-être, c’est justement une attente d’avenir.
En d’autres termes, une fois cette période écoulée, comment nous retrouverons-nous ? Souhaitons qu’alors tous les problèmes du monde auront trouvé leur juste et sereine solution. Mais surtout, c’est de chacun qu’il s’agit. Alors, même si le temps n’en est pas venu à l’évidence du calendrier, n’est-ce pas aussi ce moment des grandes belles et réalisables résolutions ? En cela tient aussi le secret du temps qui passe. Vivre l’interruption est une chose, mais la vivre en sachant que demain tout sera différent, parce que nous l’aurons voulu, change définitivement la perspective.
Au moment de clore tout ce qui a vocation à l’être, emportons donc avec nous ce souhait à mettre en œuvre : le changement pour le bien n’est pas qu’un vain espoir, il est une réalité profonde en marche. En nous-mêmes et autour de nous. A condition que chacun s’en fasse le porteur. A très bientôt.