LA SIDRA DE LA SEMAINE
MATTOT - MASSÉ
1 AV 5785
26 JUILLET 2025
MATOT-MASSÉ
Moché transmet les lois concernant l’application stricte et l’annulation des vœux.
Une guerre est engagée contre Midian pour son rôle dans la dégradation morale d’Israël.
La Torah procède au compte-rendu du butin et de son partage.
Les tribus de Réouven, Gad et plus tard la moitié de Ménaché demandent des terres à l’est du Jourdain. Moché finit par accepter cette requête à condition qu’ils se joignent d’abord au reste du peuple dans sa conquête d’Israël.
MASSEÏ
Sont listés les quarante-deux voyages et campements du Peuple juif, depuis son départ d’Egypte.
Sont données les limites de la Terre Promise et sont désignées des villes de refuge.
Les filles de Tsélof’had se marient dans leur propre tribu pour préserver l’héritage paternel.
PROVISIONS POUR LE VOYAGE
UN FIL CONDUCTEUR
Au cours d’une année ordinaire (non bissextile), de nombreuses Parachiot (sections hebdomadaires) de la Torah sont combinées. Il a été avancé que les doubles portions partagent un thème commun. Cette semaine, nous associons les deux portions de Matot et Masseï. Dès lors, il convient de s’interroger sur le lien existant entre ces deux sections.
Le début de Matot traite des vœux, tandis que celui de Masseï relate les déplacements des Enfants d’Israël dans le désert, durant leur exode depuis l’asservissement égyptien jusqu’à la Terre Promise.
La corrélation entre ces deux thématiques - vœux et voyages - peut être comprise comme suit :
LES QUARANTE-DEUX ÉTAPES DE LA VIE
Le Baal Chem Tov enseigne que ces quarante-deux étapes sont l’histoire du parcours individuel de chacun. Elles incarnent les périples de la vie traversés par chaque individu dans sa quête pour accomplir la mission spirituelle assignée à son âme dans ce monde. Ce voyage débute au moment où l’âme « descend » dans ce monde matériel, empreint de multiples distractions susceptibles d’éloigner l’attention des aspirations profondes de l’âme. Sa mission consiste alors à insuffler la Lumière divine dans tous les aspects du monde environnant.
Cependant, cette âme provient d’un lieu céleste exempt des entraves et difficultés auxquelles elle sera confrontée dans ce monde terrestre. Il en résulte une interrogation fondamentale : comment cette âme innocente pourra-t-elle acquérir la capacité nécessaire pour affronter toutes les illusions, tentations et impuretés rencontrées au sein d’un univers marqué par la tentation, la tromperie et l’impureté ?
LE SERMENT DE L’ÂME
La réponse à cette interrogation est fournie par le Talmud, qui affirme qu’avant la naissance, D.ieu fait prêter un serment à l’âme : « Sois juste et ne sois pas impie ».
Une question se pose alors : pourquoi ce serment est-il nécessaire ? L’âme désire assurément agir conformément à la justice de son propre chef. Elle ne nourrit aucun désir d’impiété. De surcroît, que signifie précisément faire prêter un serment à une entité immatérielle telle que l’âme ?
La pensée ‘hassidique éclaire la portée de ce serment dans le contexte de l’entrée de l’âme dans ce monde en élargissant la définition du serment. Lorsqu’un individu prononce un vœu, il reconnaît vouloir s’engager envers un certain comportement ; cependant, sa volonté peut ne pas être assez forte pour résister aux pressions contraires qui compromettent la réalisation de cet engagement.
À titre d’exemple : une personne peut souhaiter offrir son temps à une cause noble. Or, elle sait pertinemment que les exigences de la vie quotidienne ainsi que les faiblesses inhérentes à la nature humaine finiront par éroder l’idéal initial qui motivait cet engagement volontaire. Des justifications seront alors invoquées pour renoncer aux intentions premières. Ces individus sont animés de bonnes intentions mais manquent néanmoins de la fermeté de caractère nécessaire pour préserver leur idéal initial.
En prononçant un serment pour accomplir leurs idéaux, les individus invoquent la puissance de D.ieu afin d’obtenir Son assistance et de renforcer la détermination de leur âme à triompher face à des obstacles qui peuvent sembler insurmontables. Le serment agit comme un déclencheur libérant une vague d’énergie spirituelle destinée à soutenir l’énergie intrinsèque de l’âme, lui permettant ainsi de faire face à des difficultés nouvelles et souvent imprévues.
Lorsque le Talmud affirme que l’âme reçoit un serment de la part de D.ieu, cela signifie en réalité que, lors de son entrée dans le corps, elle bénéficie d’un afflux de puissance divine lui conférant les moyens nécessaires pour relever le défi d’exister dans un environnement spirituellement hostile.
RASSASIER NOTRE ÂME
Il est pertinent de noter que le terme hébreu désignant un serment, « Chevoua », est étymologiquement lié au mot « Sova », signifiant...