Dans la Paracha de cette semaine, nous rencontrons le verset suivant : « Les premiers des fruits de votre terre, vous les apporterez à la maison de l'Éternel, votre D.ieu ».
Le verset qui suit immédiatement précise : « Vous ne cuirez point un chevreau dans le lait de sa mère ».
Ces deux commandements sont regroupés dans la Paracha et de nombreux commentateurs bibliques offrent diverses interprétations concernant leur association.
Une approche pour expliquer cette juxtaposition consiste à examiner la nature du don. Lorsqu'un individu est porté à faire une offrande à D.ieu, il est tout naturel qu'il souhaite donner ce qu'il a de meilleur. En effet, la Mitsva d’offrir les premiers fruits a été instituée précisément pour cette raison. En règle générale, les premiers fruits de la saison - fruits pour lesquels un travail assidu a été fourni pour les produire - sont les plus précieux. Pourtant, l'individu éprouve une satisfaction particulière à les offrir à D.ieu en tant que moyen d'exprimer sa gratitude, son amour et son dévouement envers Lui.
On pourrait donc penser qu'il serait approprié d'offrir à D.ieu un « cadeau » similaire qui exprime également l'idée de donner ce qui est premier et le plus précieux. Le terme « chevreau » mentionné ici est compris par tous les commentateurs comme faisant référence à un jeune animal, en parallèle avec les premiers fruits. Cuire le chevreau dans le lait de sa mère symbolise l’acte d'offrir cet animal, même à cet âge tendre où il dépend encore du lait maternel.
On pourrait être tenté de penser, sur la base du verset précédent qui enjoint d’apporter les premiers fruits, que cela constituerait aussi une expression de dévotion envers D.ieu. C'est ici que la Torah établit une distinction cruciale. Bien que D.ieu apprécie notre geste consistant à Lui donner nos biens les plus précieux et choisis, Il ne désire pas que nous accomplissions un acte témoignant d'un manque de sensibilité envers Ses créatures. Comme le soulignent les commentateurs, cuire un animal dans le lait de sa mère constitue un acte de cruauté.