C’est au cœur de la joie que la tragédie a frappé Israël. C’est au cœur de l’espoir au quotidien et de la paix de tout un peuple que la barbarie a déferlé. Il n’y a pas ici de grille de lecture politique, militaire ou diplomatique.
La seule vision possible de tels événements, c’est celle d’une horde inhumaine aspirant à détruire toute humanité, en elle-même et dans ses victimes. Alors que nous sortons à peine des fêtes et que, dans cette période, nous avons coutume d’évoquer le nécessaire retour au monde et à ses préoccupations, encore pleins de l’élévation ressentie pendant le mois de Tichri, voici qu’à présent il nous revient de suivre un drame sur lequel nous n’avons matériellement guère de prise. Est-ce à dire que cela ne nous concerne que de loin ? En aucun cas. Il est clair qu’en tant qu’être humain on ne peut qu’être horrifié par la sauvagerie qui s’est ici déployée. Il est clair aussi qu’en tant que Juifs, ces atrocités nous rappellent ces temps où on tuait les Juifs parce qu’ils l’étaient.
Mais au-delà de ces rappels, au-delà aussi de l’émotion, nous ne pouvons rester sans agir. Nous devons, d’une manière ou d’une autre, prendre part à ce combat qui est également celui de la lumière contre l’obscurité, du Bien contre le mal. Et parce que ce combat est essentiel, il possède très clairement une dimension spirituelle. C’est celle-ci qui nous concerne. Souvenons-nous : lors d’épreuves précédentes, notamment à l’époque de la guerre de Kippour, en 1973, le Rabbi appela avec force et à de multiples reprises à utiliser ces ressources fondamentales que sont l’étude de la Torah et la pratique de ses commandements. En termes concrets, ajouter à ses prières la lecture de quelques Psaumes, mettre les Tefiline, ajouter une pièce à la Tsedaka, tout cela constitue des actes qui transforment les choses. Parce qu’ils sont des gestes de justesse et de bonté, ils ont le pouvoir de rétablir ces valeurs dans notre monde.
Et comment ne pas penser à l’impérative unité ? Quand les hommes se divisent, tout peut arriver car, en se séparant de l’autre, c’est une partie de soi-même que l’on perd. Le peuple juif est décrit par les Sages comme « un seul grand corps ». Sans doute est-ce aussi pour cela que les épreuves dont nous sommes témoins nous touchent si profondément. Mais cela n’est pas une faiblesse. Bien au contraire, c’est une force immense ; ensemble, nous pouvons littéralement soulever des montagnes. L’espoir de chacun est la paix et nous savons que nous y parviendrons car la nature de la lumière est de toujours chasser la nuit.
Puissions-nous, par nos actions, réaliser cette œuvre éternelle très rapidement.⬢
