Vivre avec la Paracha
La Sidra de la Semaine
Naissance Our Kasdim, vers ‘Haran, sur le chemin de la terre de Canaan.
Deux Tragédies
Deux tragédies relient les dix générations qui se sont succédé de Noa’h à Avraham. La première est le Déluge, qui anéantit l’ensemble de la population du monde à l’exception de Noa’h, de sa famille proche et des animaux embarqués dans l’Arche. La seconde tragédie concerne la destruction de la Tour de Babel ainsi que la dispersion subséquente des nations.
En introduisant ces deux événements avant le récit d’Avraham à la fin de la Paracha de cette semaine, la Torah entend souligner qu’Avraham, en tant que père fondateur tant physique que spirituel du Peuple juif, renversera les deux formes de mal qui ont marqué ces épisodes tragiques.
Maux Opposés
Pour comprendre le rôle d’Avraham dans la lutte contre les forces ayant conduit au déluge et, plus particulièrement, à l’échec de la Tour de Babel, il convient d’analyser les causes sous-jacentes de ces événements.
Une réflexion approfondie révèle que ces deux catastrophes reposent sur des causes diamétralement opposées. Alors que le déluge résultait de la décadence morale du monde, caractérisée par un mépris total pour la propriété d’autrui, la génération de la Tour de Babel s’efforça paradoxalement de remédier à la division héritée de leurs ancêtres « antédiluviens ». En érigeant une ville et une tour, ils cherchaient à garantir leur unité perpétuelle. L’unité constituait leur devise.
Noa’h
Dans un monde consumé par la violence et la corruption, D.ieu s’adresse au seul homme juste et lui demande de construire une Téva (« arche ») pour se protéger (ainsi que sa famille et des spécimens de chaque espèce animale) du déluge qu’Il va déverser sur la terre.
Après quarante jours et quarante nuits de pluie suivis de plusieurs mois durant lesquels la Téva flottait au-dessus des eaux, celle-ci se pose enfin sur le Mont Ararat. Noa’h constate que la terre a complètement séché (trois cent soixante-cinq jours après le début du Déluge) et il obéit à l’ordre de D.ieu de sortir de l’arche et de repeupler la terre.
Noa’h construit un autel et offre à D.ieu des sacrifices de gratitude et D.ieu jure de ne plus jamais détruire l’humanité. Il fait naître un arc-en-ciel comme signe de cette nouvelle alliance.
D.ieu donne également à Noa’h sept lois destinées à l’humanité entière.
No’ah, devenu vigneron, est intoxiqué par l’alcool. Deux de ses fils, Chem et Yaphèt sont bénis pour l’avoir recouvert dans sa nudité. Le troisième fils, ‘Ham, est puni pour lui avoir manqué de respect.
Les descendants de Noa’h défient le Créateur et construisent une tour, à Babel, pour affirmer leur invincibilité. D.ieu mêle alors tous leurs langages si bien que, faute de se comprendre, ils abandonnent leur projet et s’éparpillent sur la terre, se séparant en soixante-dix nations.
La fin de la Paracha Noa’h énonce la chronologie des dix générations séparant Noa’h d’Avram et le voyage de ce dernier depuis son lieu de naissance Our Kasdim, vers ‘Haran, sur le chemin de la terre de Canaan.
Unité Imparfaite
Cependant, cette initiative suscita également le mécontentement de D.ieu.
Il convient de souligner que la vertu inhérente à leur intention d’unification n’a pas échappé à nos Sages lorsqu’ils affirmaient que « Avraham reçut leur récompense », suggérant ainsi qu’ils méritaient une certaine rétribution. Cependant, il est également manifeste que cette unité était entachée et qu’ils étaient donc incapables d’en récolter les fruits pour eux-mêmes. Cette récompense fut plutôt conservée et finalement attribuée à Avraham.
L’unité constitue une qualité noble et une vertu essentielle. Elle représente le contenant de toutes les autres bénédictions, comme l’ont déclaré nos Sages : « S’il y a la paix, tout est là ».
Néanmoins, il semble que la paix instaurée par les constructeurs de la Tour de Babel présentait un défaut intrinsèque.
Quatre Types de Paix
Le Talmud évoque la manière dont « les Sages de la Torah apportent la paix au monde ». Il est intéressant de relever que cette affirmation est mentionnée à quatre reprises distinctes dans le Talmud. Un commentateur du XIXe siècle, Arou’h Lener, interprète ces quatre occurrences comme correspondant à quatre niveaux ou applications différentes de l’idéal de la paix.
Ces quatre niveaux se définissent comme suit : la paix entre un homme et un autre, la paix entre un époux et son épouse, la paix entre le corps et l’âme, ainsi que la paix entre l’être humain et D.ieu.