LE RECIT DE LA SEMAINE
Mosaic Express | October 22, 2023
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LE RECIT DE LA SEMAINE

Mosaic Express | December 31, 2025

Kampala est la capitale de l’Ouganda, un pays d’Afrique de l’est, la « perle de l’Afrique » d’ailleurs, célèbre pour ses mines, ses forêts, ses lacs, ses crocodiles et sa végétation verdoyante et pour avoir été proposé par les nations en guise de « foyer national » pour les Juifs opprimés en Russie lors d’un congrès sioniste au début du 20ème siècle (et refusé car rien ne peut remplacer la terre d’Israël...).

Célèbre aussi pour la prise d’otages des passagers juifs d’un avion d’Air France en 1976, courageusement délivrés par des soldats israéliens lors d’un audacieux raid aérien.

Dernièrement, l’Ouganda s’est doté d’une nouvelle structure avec l’arrivée d’un couple de Chlou’him, émissaires du Rabbi de Loubavitch, Rav Moché Raskin et son épouse Yo’héved, bien décidés à aider les Juifs sur place (touristes, hommes d’affaires, habitants) à mieux vivre leur judaïsme.

« Juste avant Roch Hachana, j’ai reçu un mail d’Elie. Bien que je le connaisse depuis longtemps, il n’avait jamais manifesté un intérêt particulier pour nos programmes.

- As-tu des Téfilines à vendre ? demandait-il.
- Je peux t’en commander, si tu veux. Je vais me renseigner sur le prix et je te tiens au courant.

En quelques clics sur mon téléphone, je trouvai quelqu’un qui disposait de Téfilines à vendre ; j’envoyai à Elie la photo et lui demandai à qui ils étaient destinés.
- Pour moi, répondit-il par mail. Je t’expliquerai plus tard.

Quelques jours plus tard, le précieux chargement arriva en Ouganda. Je prévins Elie et me rendis chez lui :
- Alors ? Tu m’as promis une explication...
- Bon. Tu le sais, je n’ai pas été élevé dans une famille très pratiquante. Mes parents célébraient quelques fêtes et, de temps en temps, nous avions droit à un repas spécial le vendredi soir. Mais c’était tout. Le judaïsme n’avait pas beaucoup d’importance dans mon enfance et encore moins quand j’ai quitté la maison pour le vaste monde. Mais maintenant, après avoir passé plusieurs années au loin, dans un pays où il y a si peu de Juifs, je ressens le besoin de comprendre quelle est ma place. Et plus je réfléchis, plus je réalise la vérité. Je suis juif. Le fait d’être israélien ne signifie pas grand-chose pour moi et ma généalogie encore moins. Je revendique ma judaïté ! Justement ici, dans cet environnement si peu propice !

Cette déclaration passionnée pourrait sembler incongrue si on considère le peu de fois que nous avons compté Elie avec nous dans les événements que nous avions organisés à Kampala et la froideur qu’il avait manifestée à chaque fois. Même si son étincelle juive semblait être profondément enfouie en lui, elle existait et avait soudain rejailli avec force :

- J’ai l’impression de comprendre ce que tu nous avais expliqué quant aux maillons de la chaîne, continua Elie en relevant la tête. Je me sens lié à quelque chose de plus grand que moi et je ne peux plus l’ignorer. C’est pour cela que j’ai ressenti le besoin de mettre les Téfilines. Crois-moi si tu le veux mais ces pensées n’ont cessé de me hanter depuis la dernière fois que nous nous sommes parlé.

Elie ouvrit le sac en velours brodé et déplia les lanières avec un grand respect. Je l’ai aidé à mettre les Téfilines pour la première fois depuis sa Bar Mitsva... Maintenant, Elie met les Téfilines tous les jours ; la marque des lanières de cuir sur son bras proclame sa fierté de son héritage.

J’aurais pu être découragé par l’accueil glacial d’Elie les premières fois que je l’avais rencontré. J’étais loin de me douter de l’impact de nos discussions. Mais nous ne pouvons jamais savoir combien une simple discussion et même notre simple présence et l’exemple vivant d’un judaïsme décomplexé que nous donnons peuvent affecter notre entourage.

Et qui sait ? Peut-être qu’un jour l’exemple d’Eli mettant les Téfilines à Kampala affectera d’autres Juifs autour de lui. Il sera alors lui aussi devenu – comme mon épouse et moi-même – l’exemple à suivre. Même au cœur de l’Ouganda...⬢
Moché Raskin - COLlive
Traduit par Feiga Lubecki

Kampala est la capitale de l’Ouganda, un pays d’Afrique de l’est, la « perle de l’Afrique » d’ailleurs, célèbre pour ses mines, ses forêts, ses lacs, ses crocodiles et sa végétation verdoyante et pour avoir été proposé par les nations en guise de « foyer national » pour les Juifs opprimés en Russie lors d’un congrès sioniste au début du 20ème siècle (et refusé car rien ne peut remplacer la terre d’Israël...).

Célèbre aussi pour la prise d’otages des passagers juifs d’un avion d’Air France en 1976, courageusement délivrés par des soldats israéliens lors d’un audacieux raid aérien.

Dernièrement, l’Ouganda s’est doté d’une nouvelle structure avec l’arrivée d’un couple de Chlou’him, émissaires du Rabbi de Loubavitch, Rav Moché Raskin et son épouse Yo’héved, bien décidés à aider les Juifs sur place (touristes, hommes d’affaires, habitants) à mieux vivre leur judaïsme.

« Juste avant Roch Hachana, j’ai reçu un mail d’Elie. Bien que je le connaisse depuis longtemps, il n’avait jamais manifesté un intérêt particulier pour nos programmes.

- As-tu des Téfilines à vendre ? demandait-il.
- Je peux t’en commander, si tu veux. Je vais me renseigner sur le prix et je te tiens au courant.

En quelques clics sur mon téléphone, je trouvai quelqu’un qui disposait de Téfilines à vendre ; j’envoyai à Elie la photo et lui demandai à qui ils étaient destinés.
- Pour moi, répondit-il par mail. Je t’expliquerai plus tard.

Quelques jours plus tard, le précieux chargement arriva en Ouganda. Je prévins Elie et me rendis chez lui :
- Alors ? Tu m’as promis une explication...
- Bon. Tu le sais, je n’ai pas été élevé dans une famille très pratiquante. Mes parents célébraient quelques fêtes et, de temps en temps, nous avions droit à un repas spécial le vendredi soir. Mais c’était tout. Le judaïsme n’avait pas beaucoup d’importance dans mon enfance et encore moins quand j’ai quitté la maison pour le vaste monde. Mais maintenant, après avoir passé plusieurs années au loin, dans un pays où il y a si peu de Juifs, je ressens le besoin de comprendre quelle est ma place. Et plus je réfléchis, plus je réalise la vérité. Je suis juif. Le fait d’être israélien ne signifie pas grand-chose pour moi et ma généalogie encore moins. Je revendique ma judaïté ! Justement ici, dans cet environnement si peu propice !

Cette déclaration passionnée pourrait sembler incongrue si on considère le peu de fois que nous avons compté Elie avec nous dans les événements que nous avions organisés à Kampala et la froideur qu’il avait manifestée à chaque fois. Même si son étincelle juive semblait être profondément enfouie en lui, elle existait et avait soudain rejailli avec force :

- J’ai l’impression de comprendre ce que tu nous avais expliqué quant aux maillons de la chaîne, continua Elie en relevant la tête. Je me sens lié à quelque chose de plus grand que moi et je ne peux plus l’ignorer. C’est pour cela que j’ai ressenti le besoin de mettre les Téfilines. Crois-moi si tu le veux mais ces pensées n’ont cessé de me hanter depuis la dernière fois que nous nous sommes parlé.

Elie ouvrit le sac en velours brodé et déplia les lanières avec un grand respect. Je l’ai aidé à mettre les Téfilines pour la première fois depuis sa Bar Mitsva... Maintenant, Elie met les Téfilines tous les jours ; la marque des lanières de cuir sur son bras proclame sa fierté de son héritage.

J’aurais pu être découragé par l’accueil glacial d’Elie les premières fois que je l’avais rencontré. J’étais loin de me douter de l’impact de nos discussions. Mais nous ne pouvons jamais savoir combien une simple discussion et même notre simple présence et l’exemple vivant d’un judaïsme décomplexé que nous donnons peuvent affecter notre entourage.

Et qui sait ? Peut-être qu’un jour l’exemple d’Eli mettant les Téfilines à Kampala affectera d’autres Juifs autour de lui. Il sera alors lui aussi devenu – comme mon épouse et moi-même – l’exemple à suivre. Même au cœur de l’Ouganda...⬢
Moché Raskin - COLlive
Traduit par Feiga Lubecki

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