Naor Karmi, du groupe « Alev véamayan » raconte. Je fus invité à jouer la musique à un mariage qui eut lieu à la période difficile pour le peuple d’Israël, de l’expulsion des juifs du Goush Katif. L’ambiance était très lourde. Des familles entières avaient été jeté de leur maison dans hôtels. Les gens pleuraient après avoir perdu tout ce qu’ils avaient construit pendant toute leur vie et tout cela sans raison et sans rien recevoir en échange.
Dans cette situation, je devais jouer la musique et réjouir le hatan et la kala. Le plus difficile était de savoir que le Rav Mordehai Eliahou (z’atsal) dont la douleur était très forte du fait de cette expulsion, devait célébrer le mariage. Nous ne savons pas s’il aurait la force de venir à ce mariage. C’est dans cette situation que le Rav Eliahou (z’atsal) arriva. J’avais eu l’occasion de le voir de nombreuses fois, mais je n’avais jamais vu une telle douleur sur son visage. Nous le regardions tous et nous nous demandions ce qui allait se passer.
Le Rav avançait entre les gens qui étaient aussi tristes. Nous jouions de la musique, mais personne ne se mit à danser. Le Rav s’arrêta d’un seul coup, regarda la houpa et ferma les yeux quelques secondes. Lorsqu’il les ouvrit de nouveau, son visage était rayonnant et joyeux ; je n’avais vu une telle joie sur son visage. Il s’avança en direction de la houpa, il bénit le hatan et la kala et les parents ; il dit aussi des paroles dans une joie spéciale que je n’avais jamais vue sur lui. Il semblait que le Rav s’efforçait de relever la chéhina qui était tellement triste à ce moment-là. Ce que je peux garantir : ce qui se passa à ce mariage fut extraordinaire.
