LE RECIT DE LA SEMAINE
Quand le Rav de notre synagogue dans le quartier de Na’hlaot à Jérusalem m’a téléphoné il y a quelques mois pour que je m’engage à étudier tout un traité du Talmud cette année, j’ai respiré bien fort et réfléchi encore plus fort. Mon emploi du temps est déjà très chargé : le travail, d’autres études quotidiennes, la famille... C’est une coutume dans de nombreuses communautés Loubavitch que les membres s’associent pour étudier tout le Talmud de façon à le terminer tous ensemble le 19 Kislev, le « nouvel an de la ‘Hassidout », l’anniversaire de la libération de Rabbi Chnéor Zalman, l’auteur du Tanya et du Choul’hane Arou’h Harav. Oui, je le savais mais n’avais jamais imaginé qu’un jour, je me sentirais concerné.
Il m’a fallu plus d’une semaine avant de me décider à accepter le challenge. Quand je téléphonai au Rav, il ne restait évidemment plus que quelques traités et, évidemment, c’était les plus longs et les plus difficiles. Je m’engageai donc à étudier le traité Nedarim qui traite des vœux. 91 dapim c’est-à-dire 182 pages : non, ce n’est pas le plus long mais il est considéré comme étant l’un des plus difficiles à cause de ses phrases compactes et ambigües. De plus, contrairement à d’autres traités, il n’est pas commenté par Rachi (1040 - 1105), un des auteurs français les plus étudiés dans le monde.
Comme je ne suis vraiment pas un expert du Talmud, je n’aurais pas pu m’engager sans l’extraordinaire commentaire du regretté Rav Adin Even Israël (Steinsaltz) traduit en anglais sous la direction de Rav Tzvi Hersh Weinreb. Mais cela ne me suffisait pas et, dès le premier jour, je me suis tourné vers le site chabad.org pour suivre l’étude proposée par Rav Avraham Zajac qui est vraiment un excellent professeur.
En compagnie de ces deux érudits, Rav Even Israël et Rav Zajac, j’avançai doucement, en appréciant leur sage décision, après chaque sujet, d’exposer la Hala’ha finale tranchée dans le Choul’hane Arou’h de Rabbi Yossef Caro (1488 - 1575). Je ne pouvais m’empêcher de me demander comment Rambam – Maïmonide (1138 - 1204) aurait, lui, tranché la loi dans son Michné Torah. Mais l’étude du Rambam ne faisait pas partie de ma routine et jeter un coup d’œil sur le Rambam sur Nedarim s’ajoutait à la longue liste de projets à réaliser un jour ou l’autre, quand j’aurai le temps, quand je serai à la retraite par exemple...
Mardi dernier, 2 Adar Chéni, c’était mon anniversaire (non, n’insistez pas, je ne vous dirai pas mon âge...). Comme tous les jours, je suis allé prier à la synagogue, puis j’ai ouvert mon application préférée, chabad.org pour lire les Tehilim (Psaumes) du jour, le Tanya, le ‘Houmach, Hayom Yom et le Séfer Hamisvot du Rambam avant d’ouvrir la Guemara Nedarim. Alors que j’allais cliquer sur Séfer Hamitsvot, une idée bizarre, venue de nulle part, a surgi dans mon esprit : « C’est mon anniversaire aujourd’hui, pourquoi ne pas prendre la bonne décision d’étudier chaque jour un chapitre de Rambam ? ». Encore une fois, ce n’était pas une décision facile. Et je me suis souvenu d’un des très bons conseils que j’avais reçus de Rav J.J. Hecht quand j’avais entamé mon processus de retour au judaïsme : « Vas-y lentement ! Mais une fois que tu as décidé de respecter une nouvelle Mitsva, reste ferme et engage-toi à la respecter toujours ! ».
Donc j’étais conscient que si j’allais cliquer sur l’appli « Rambam – Un chapitre par jour » plutôt que le Séfer Hamitsvot bien plus court, ce serait une décision pour la vie. Je pris une longue inspiration et j’ai cliqué.
Et quand j’ai regardé la page à étudier ce jour-là, je n’en crus pas mes yeux ; je me suis rapproché de l’écran et j’ai levé les yeux au ciel : « Merci Oh mon D.ieu pour ce cadeau d’anniversaire ! ».
Le chapitre de Rambam du jour de mon anniversaire était le premier chapitre de Hil’hot Nedarim, les lois des vœux...
Yaakov Ort - Chabad.org
Traduit par Feiga Lubecki
