VIVRE AVEC LA PARACHA
Depuis la libération de Jérusalem en juin 1967, un stand de Téfilines y a été installé et des volontaires se succèdent tout au long de la journée pour aider leurs coreligionnaires à accomplir cette importante Mitsva. Gutman Locks est l’un d’entre eux.
APPEL LOCAL
« Vas-y ! Tu peux parler ! »
Il était venu au Kotel (le Mur Occidental) pour prier. En même temps, il téléphonait à un ami et approchait son appareil des pierres ancestrales si imposantes. Apparemment, quelqu’un qu’il connaissait ne pouvait pas s’y rendre en personne... et lui ou elle voulait parler à Hachem (D.ieu) d’ici, justement au Kotel. Hachem est partout mais Il semble mieux écouter quand on s’adresse à Lui depuis cet endroit sacré, encore mieux que depuis tout autre endroit.
Il a posé son téléphone portable contre les pierres du Kotel afin que son ami puisse parler directement à Hachem. Après tout, ici, c’est un appel local, n’est-ce pas ? La communication est certainement de meilleure qualité et immédiate !
QU’A DIT LE RABBI ?
J’ai aidé un visiteur américain à mettre les Téfilines. Il n’a pas caché son émotion et m’a vivement remercié. Après cette expérience qu’il réalisait peut-être pour la première fois, il m’a raconté qu’il commençait à fréquenter un centre Loubavitch et une question le taraudait : « J’aimerais savoir quel est l’enseignement le plus important que nous ait transmis le Rabbi ? ».
En somme, il voulait que je résume d’une phrase les années d’enseignements non-stop du Rabbi, toute la philosophie du mouvement ‘Habad... Mais aussi tout ce qu’ont accompli ses émissaires pour le Peuple juif, plus que tout autre mouvement dans le monde, les millions et millions de Mitsvot (commandements) qui ont été réalisées grâce au Rabbi, de Thaïlande à l’Alaska, du Congo au Danemark, de Paris à la Sibérie... Que pouvais-je répondre, comment pouvais-je trouver ce qui allait le toucher lui et tous ceux avec qui il était en contact, dans son pays, dans son travail, dans sa famille... ?
- J’ai votre réponse...
Il se pencha vers moi, approcha son oreille de ma bouche pour mieux entendre, il désirait sincèrement connaître la réponse :
- Le Rabbi a dit : il vaut mieux être bienveillant que d’avoir raison.
Il était stupéfait. Il se mit à réfléchir en balançant la tête de droite à gauche comme pour signifier : « Incroyable ! ».
Il s’éloigna lentement, encore ému par la profondeur et l’intelligence de cœur du Rabbi.
Si vous vivez selon cet enseignement, vous serez respecté et aimé par vos proches ; et celui qui est respecté et aimé par ses proches sera aussi aimé et respecté par D.ieu.
RETOUR AU BERCAIL
Quand je l’ai accosté pour lui proposer de mettre les Téfilines, il s’éloigna comme pour me fuir. Puis il s’arrêta, semblant réfléchir et revint sur ses pas :
- Je n’ai jamais mis les Téfilines auparavant, annonça-t-il timidement. Ai-je le droit de les mettre ?
LE RECIT DE LA SEMAINE
- Votre mère est juive ? demandai-je puisqu’il est connu qu’un Juif répond à une question en posant une autre question.
- Oui !
- Alors vous pouvez certainement mettre les Téfilines !
Il venait de Roumanie et vivait en Israël depuis quatre ans. Il aurait quarante ans dans quelques jours. Je l’ai aidé à mettre les Téfilines, je lui ai fait réciter la bénédiction et le Chema Israël, je l’ai félicité de célébrer pour ainsi dire sa Bar Mitsva en cet endroit si spécial. J’ai insisté que, puisque c’était la première fois, certainement Hachem écouterait ses prières avec davantage d’attention et je lui ai recommandé de s’approcher du Kotel pour épancher son cœur.
Ce qu’il a fait pendant cinq bonnes minutes, insensible au bruit derrière lui, aux joyeux groupes qui chantaient à tue-tête, aux prières qui s’élevaient depuis les nombreux Minyanim qui se forment spontanément sur cette esplanade pour prier en communauté...
Quand il se détacha, à regret, du Kotel, il était tout-à-fait différent. Son visage resplendissait, il était serein... Je lui demandai qu’est-ce qui l’avait fait changer d’avis auparavant ? Pourquoi avait-il d’abord refusé puis accepté ma proposition ?
- Je me suis demandé si je serais accepté... Après tout, pourquoi pas, ai-je raisonné...
- Vous êtes un Juif et, bien sûr, vous êtes accepté et faites partie du « club »...
Il sourit, si heureux d’entendre cette phrase, si évidente pour moi, si étonnante pour lui. Il me serra dans ses bras et répéta : Merci, merci ! Je voyais qu’il se retenait de pleurer.
Chaque Juif est accepté. Si votre mère est juive, vous êtes juif - autant que Moïse et le roi David. Vous êtes un membre du Peuple juif et vous avez droit à une part dans le Monde Futur !
AIDER
Il se dirigea droit vers moi, devant le stand des Téfilines, me serra la main et s’écria :
- Merci ! Vous m’avez tellement renforcé !
- Ah bon ?
- Il y a des années, vous m’avez mis les Téfilines et vous m’avez adressé des mots qui ont changé ma vie !
- Par exemple ?
- Oh, avec des questions du genre : Que voyez-vous dans ce mur qui vous attire tellement ? C’est vrai, j’aime confronter les gens à la réalité, leur montrer que le monde n’est pas celui qu’ils voient ou qu’ils croient. Ce qu’on voit, ce n’est que la lumière sortie de nos yeux et se heurtant à des objets. Cela pénètre notre cerveau, transmet des informations à nos cellules nerveuses et c’est notre cerveau qui voit. Nous ne voyons rien en-dehors de nos têtes.
Il m’a annoncé que cela l’avait beaucoup impressionné, qu’il avait voulu étudier davantage et, maintenant, grâce à ce premier contact, il était devenu lui-même un Chalia’h, émissaire du Rabbi au Queen’s College.
Alors à bientôt, j’ai hâte de faire votre connaissance à vous aussi ! Et de vous faire connaître à vous-même en vous rattachant à votre histoire, à vos racines, à vos ancêtres, à votre avenir !
Gutman Locks – L’Chaim N° 1728
Traduit par Feiga Lubecki