Tout comme tous les récits de la Torah, la Paracha Chemot comporte une leçon qui concerne chaque génération et chaque lieu. Même dans les situations les plus difficiles de l’exil, un Juif doit prendre conscience qu’il ne doit pas être intimidé et certainement pas désespéré, à D.ieu ne plaise. Car l’essence de son âme n’est jamais en exil et rien ne vient la dissimuler. Plus encore, cette essence lui donne la force de ne pas être paralysé par l’exil mais d’accomplir sa mission de raffiner son corps, son âme animale et sa part dans le monde.
C’est une mission à l’impact extraordinaire qui permet à l’âme de s’élever encore plus haut et finalement de parvenir à faire résider la présence Divine sur terre, comme elle le fera lors de la Rédemption ultime. Que cela ait lieu dans le futur immédiat.
La question s’amplifie à la lumière de l’observation du Talmud
Selon laquelle le nom de Yéhouda contient les quatre lettres du Nom de D.ieu. Yéhouda est le nom le plus « Divin » de tous et pourtant, le message qu’il transmet est ici quelque chose que nous accomplissons et non quelque chose effectué par D.ieu.
La seule chose que D.ieu ne peut pas nous donner...
L’une des réponses que l’on peut apporter à cette question est que D.ieu peut tout nous donner, à l’exception de quelque chose d’unique. Il y a une chose que nous devons Lui donner, si l’on peut s’exprimer ainsi. C’est quelque chose qui doit venir de nous. Si vous ordonnez à quelqu’un d’accepter un dirigeant, cela ne sera pas une véritable acceptation. Si vous forcez quelqu’un à vous dire « merci », c’est un merci vide de sens.
Yéhouda représente notre acceptation de D.ieu comme notre Roi et notre Libérateur. Cette adhésion émane des profondeurs de notre âme et doit être absolument volontaire.
Contrairement aux autres situations, où l’on « s’aligne » sur D.ieu, en observant au préalable Son comportement et puis en l’intégrant nous-mêmes, accepter D.ieu comme notre D.ieu, commence, par définition, par nous. S’Il devait S’imposer à nous, cela ne pourrait être une acceptation complète. Ce ne serait pas ce qu’exprime Yéhouda et cela ne ferait pas partie du processus de la Délivrance.
Yéhouda, le symbole de la Délivrance
C’est la raison pour laquelle Yéhouda est un nom associé à la Délivrance, pas seulement parce que ce fut une réponse à la libération d’Égypte, mais parce que, seule une personne libre des pressions qui viennent de l’extérieur, peut véritablement exprimer une gratitude sincère à D.ieu et sa totale acceptation de Lui.
La même démarche est vraie de la manière de nous préparer à la Délivrance future avec le Machia’h. Nos Sages indiquent souvent qu’idéalement, le Machia’h ne s’imposera pas à nous. Son leadership, attribué par D.ieu, ne peut être complet que si le peuple accepte joyeusement et volontairement son rôle de leader. C’est dans ce but que nous devons étudier ce qu’ont à nous dire les sources classiques du Judaïsme sur le Machi’ah.
