« Je tiens à vous remercier pour toute l’aide que nous a apportée l’organisation Collel Habad quand nous sommes partis nous battre contre les terroristes près de la bande de Gaza. Repas, couvertures, vêtements de rechange, chants et paroles d’encouragement... Je sais que Collel ‘Habad est une organisation d’aide aux Juifs d’Erets Israël fondée à la fin du 18ème siècle par Rabbi Chnéor Zalman, l’auteur du Tanya et du Choul’hane Arou’h Harav. Alors je voudrais vous raconter comment Rabbi Chnéor Zalman m’a aidé au premier jour dans mon combat contre les terroristes. Oui, Rabbi Chnéor Zalman, le premier Rabbi ‘Habad !
Le vendredi soir de Sim’hat Torah, nous avions dansé à la synagogue avec les rouleaux de la Torah. Pendant les danses, avec mon fils Assaf sur les épaules, j’ai souhaité à mon ami Réouven que cette synagogue provisoire qu’il avait construite soit bientôt trop petite et qu’il puisse bientôt en construire une plus grande, en dur ! Oui, c’était bien son projet, m’assura-t-il avec son sourire si chaleureux.
Puis chacun rentra chez soi pour le repas de fête et se coucha. Quant à moi, je me suis réveillé Chabat matin 7 octobre à 4h 30 sans parvenir à me rendormir. Je me suis installé à la terrasse pour préparer la Paracha puisque, comme le préconisait Rabbi Chnéor Zalman, « il faut vivre avec son temps », c’est-à-dire avec la Paracha, en l’occurrence « Vezot Habra’ha ». Je choisis de chercher « une perle » dans le livre « Imré Noam » de Rav Yoram Abergel – que son mérite nous protège. Et j’ai trouvé : « Voici la bénédiction : Moché (Moïse) veut nous bénir avec une bénédiction qui englobe tout ».
La Guematria (valeur numérique) du Nom principal de D.ieu, avec toutes les combinaisons possibles de son Milouy est la même que le mot Bra’ha, la bénédiction. Selon le Midrach, ce jour de Sim’hat Torah est très élevé, c’est le jour où D.ieu nous supplie de rester encore un jour avec Lui, après les sept jours de Souccot.
Doucement, je suis allé à la synagogue et j’ai commencé la prière du matin, d’autres hommes m’avaient rejoint et, tout-à-coup, alors que j’allais commencer Bare’hou, la sirène a retenti. Et ne s’arrêtait pas, montant et descendant de façon ininterrompue. Nous avons tout lâché, certains sont partis se réfugier dans l’abri, d’autres ont couru s’assurer que leurs familles étaient réveillées et se protégeaient. Ma femme était déjà dans l’abri, je fermai les fenêtres. La sirène continuait, de plus en plus fort, on entendait des explosions qui faisaient trembler la maison. Je retournai à la synagogue, vide et je rejoignis mes amis dans l’abri ; ils attendaient le Miniane. Nous décidons de continuer la prière chacun pour soi, le plus rapidement possible, tout en consultant fréquemment le téléphone pour savoir si nous sommes appelés à remplir nos fonctions sécuritaires. Puis, chacun rentre chez soi. A la maison, je remarque que de nombreux objets sont tombés et se sont cassés. Bon, si ce n’est que du matériel, ce n’est pas grave. Au téléphone, on nous demande de nous armer : je me change, enfile mon uniforme et récupère mon fusil. Avant de partir, je rassure ma femme : aujourd’hui c’est un jour spécial, D.ieu ne veut que nous avec Lui et cette guerre définira où est le bien et où est le mal. Au téléphone, on nous informe que dans l’implantation de Peri-Gan, il y a des terroristes.
Nous partons deux par deux sans trop comprendre ce qui se passe. Il y a des fusillades à Sdérot... Et des blessés graves à Peri-Gan. Nous fonçons en voiture et décidons : chacun de nous doit garder son fusil chargé, prêt à tirer. Si un terroriste se présente de mon côté, je tire. Et s’il se présente du côté d’Aviad, le chauffeur, je prends le volant tandis que lui tire. Nous arrivons à Peri-Gan et l’infirmier Akiva que nous rencontrons sur place nous explique que les combats se déroulent au bout du village. Nous nous garons au milieu sur la place et nous descendons ; je marche en avant, je n’ai pas peur, je ressens que je suis protégé, ce que j’ai appris ce matin me trotte dans la tête, D.ieu nous veut et nous aime, Il ne veut que nous ; c’est le jour où le bien et le mal sont définis sans qu’il ne subsiste aucun doute. Je rencontre encore un ami, Réouven Chichportiche qui s’occupe actuellement à construire un très grand Mikvé pour les ‘Hassidim de Belz à Bné-Brak. Il nous avertit que des terroristes se retranchent dans la dernière maison, il y a des blessés. Je cours vers lui mais je tombe et je continue en rampant. Grâce à cette chute, j’ai de fait échappé aux tirs : au fond, les petits malheurs sont parfois de grandes marques de bonté de D.ieu ! Pendant tout ce temps, les tirs n’ont pas cessé mais aucune balle ne m’a atteint. Mes amis Aviad et Réouven, eux, ont été touchés, grièvement. Les terroristes possèdent des RPG et des grenades, nous ne disposons que de fusils M 16...
A ce moment, je comprends que tous sont blessés, que les renforts n’arrivent pas : alors je me mets à prier, tout ce que je connais : « Que la crainte et la terreur s’abattent sur eux », je récite par cœur le Tehilim (Psaume) 91 : « Des milliers tomberont à tes côtés et des myriades à ta droite... » et soudain, je me souviens des paroles de Rav Abergel sur le Tanya, dans le livre Tsour Yaroum : celui qui est attaché à l’auteur du Tanya et qui se trouve en danger récitera un passage du Tanya et suppliera : « Rabbi Hochia Na », « Rabbi Sauve-moi ! » sera sauvé. Je murmure des phrases du chapitre 14, un chapitre que j’aime beaucoup : « Tout homme a la capacité de devenir un Beinoni, un « homme moyen », à chaque heure et à chaque moment... » J’interpelle Mikaël : si nous nous en sortons vivants, nous étudierons ensemble le livre de Rav Yoram !
Mikaël est toujours conscient, il a très mal, je l’aide à se protéger du soleil qui se lève. Moché et moi-même continuons le combat alors que je continue de prier les mêmes mots et de promettre de me renforcer dans l’étude du Tanya.
Soudain le silence. On ne tire plus sur nous. Les terroristes se sont enfuis, ils ont enfourché leurs vélos et se sont enfuis !
Les renforts arrivent, s’occupent des blessés. Nous avançons et purifions les maisons de toutes traces de terroristes, nous retrouvons les armes qu’ils ont abandonnées.
Que D.ieu venge le sang de Réouven, d’Aviad et de tous les Kedochim tombés ce jour-là et par la suite !
Oz Glick – Kfar ‘Habad 2037
Traduit par Feiga Lubecki
Miniane Sefarade
