Le Secret A Ete Bien Garde
Mosaic Express | January 09, 2026
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Le Secret A Ete Bien Garde

Mosaic Express | January 09, 2026

LE RECIT DE LA SEMAINE

LE SECRET A ÉTÉ BIEN GARDÉ

Par la suite, Elie raconta que le Rabbi lui avait parlé de la Paracha de la semaine avec l’explication de Rachi ainsi que du traité de Guemara qu’il apprenait à cette époque. Le Rabbi avait insisté pour qu’il étudie avec diligence la Guemara puis l’avait embrassé sur le front avant de lui demander : « Fais entrer ta mère et toi, reste dehors ».

La mère entra dans le bureau et Elie l’attendit à l’extérieur. Mais quand elle sortit de la pièce, son fils faillit ne pas la reconnaître. Elle pleurait sans pouvoir s’arrêter au point que les gens autour d’elle la regardaient avec pitié. Elie se demanda s’il lui avait peut-être fait honte en ne répondant pas correctement aux questions du Rabbi...

- Maman ! Pourquoi pleures-tu ? Est-ce de ma faute ? s’inquiétait le jeune Elie.

Mais elle refusait de répondre, malgré son insistance, même le lendemain et les jours suivants. A chaque fois qu’il lui posait la question, elle pleurait encore davantage et il finit par comprendre qu’elle garderait le secret toute sa vie.

Les années passèrent, la Seconde Guerre mondiale bouleversa l’Europe et, à l’âge de seize ans, toute la famille Wiesel fut déportée avec des centaines de milliers de Juifs vers le camp d’Auschwitz. La mère Sarah et sa plus jeune fille furent immédiatement envoyées vers les chambres à gaz et Elie ne les revit plus jamais. Elie et son père furent sélectionnés pour les durs travaux d’esclavage sans fin. Tous deux tentèrent de survivre de toutes leurs forces, partageant les maigres rations de nourriture et s’encourageant mutuellement. A l’approche de l’armée russe, le camp fut évacué et les déportés durent marcher à pied jusqu’au camp de Buchenwald, ce qu’on appela par la suite « La Marche de la mort », dans des conditions absolument inhumaines. Le père d’Elie ne survécut pas et Elie resta seul au monde quand les Alliés libérèrent enfin le camp.

Les pleurs incontrôlables de sa mère et son visage défait ébranlèrent le jeune garçon de huit ans. La femme bouleversée qui était sortie du bureau de son Rabbi ne ressemblait plus à la mère confiante qui y était entrée quelques instants plus tôt.

Elie Wiesel (1928 - 2016), docteur en philosophie, conférencier recherché, lauréat du Prix Nobel de la Paix, s’était surtout consacré à faire connaître les souffrances qu’il avait vécues pendant la Shoah. Au fil des ans, il publia une cinquantaine d’ouvrages en français, anglais, hébreu et yiddish, dans lesquels il évoquait souvent, outre sa terrible expérience de déporté juif, son éducation ‘hassidique et les histoires que lui racontait son grand-père. Fidèle à cette tradition, il fut reçu chez le Rabbi de Loubavitch qui l’encouragea à « se souvenir d’Amalek » en publiant ses souvenirs des camps mais aussi à se marier et avoir des enfants afin de ne pas accorder de victoire posthume aux pires ennemis du Peuple juif.

Né dans une famille de ‘Hassidim de Viznitz dans la ville de Sighet en Roumanie, Elie Wiesel eut le mérite d’entrer en entrevue privée auprès du Rabbi de Viznitz, Rabbi Israël Hager, en visite dans sa ville. Celui-ci, connu pour son grand amour du Peuple juif était l’auteur du livre « Ahavat Israël ». Ce fut sa mère, Sarah qui amena le jeune Elie avec elle afin de solliciter la bénédiction du Rabbi. La salle d’attente était remplie de gens qui cherchaient à apercevoir le Rabbi de Viznitz mais la mère et le fils furent admis immédiatement dès qu’on apprit qu’elle était la fille de Rav Dodayé Feig du village d’Itchikov, un personnage important parmi les ‘Hassidim de Viznitz. Le Rabbi demanda des nouvelles des membres de sa famille puis demanda à Elie de s’approcher de lui. Il le prit sur ses genoux, lui demanda ce qu’il étudiait en ce moment au Héder (l’école juive) puis demanda à sa mère de sortir : l’enfant resta seul avec le Rabbi.

Après la guerre, Elie et d’autres enfants survivants des camps furent emmenés en France, dans des orphelinats tenus par des organisations juives d’entraide. Puis, après de brillantes études, Elie s’installa aux Etats-Unis et devint un des témoins de la Shoah les plus lus, connus et écoutés.

Un jour, dans les années soixante, Elie Wiesel reçut un coup de téléphone d’un cousin qui était très malade. Celui-ci devait être opéré en urgence mais refusait de signer le formulaire tant qu’Elie ne serait pas venu à son chevet.

Ce cousin était lui aussi un rescapé des camps ; c’était un ‘Hassid, discret qui ne se plaignait jamais. Il tenait une poissonnerie dans Manhattan. Elie se rendit à l’hôpital et son cousin le remercia : « Comme je suis content que tu sois venu ! J’ai besoin de toi, j’ai besoin de ta bénédiction ! ».

Incrédule, Elie le regardait sans comprendre : - Qu’est-ce que cela signifie ? Ma bénédiction ? Je suis sûr que « là-haut », tu possèdes bien plus de mérites que moi et que certainement ceux-ci vont te protéger !

Mas l’oncle insista pour qu’il lui donne une bénédiction !

Le docteur s’approcha alors d’Elie et lui murmura à l’oreille : - Pourquoi attendez-vous ? Il est en danger, accordez-lui ce qu’il vous demande !

De plus en plus étonné, Elie prit la main de son cousin et l’assura que tout irait bien, que toutes les souffrances qu’il avait endurées seraient pour lui de bons avocats et qu’il serait bientôt complètement guéri. Rassuré, le cousin reprit courage et accepta alors de signer le formulaire avant d’être immédiatement admis en salle d’opération.

Quelques jours plus tard, Elie revint lui rendre visite et, maintenant que l’opération s’était bien passée et que le cousin se remettait de façon satisfaisante, Elie s’arma de courage pour lui...

LE RECIT DE LA SEMAINE

LE SECRET A ÉTÉ BIEN GARDÉ

Par la suite, Elie raconta que le Rabbi lui avait parlé de la Paracha de la semaine avec l’explication de Rachi ainsi que du traité de Guemara qu’il apprenait à cette époque. Le Rabbi avait insisté pour qu’il étudie avec diligence la Guemara puis l’avait embrassé sur le front avant de lui demander : « Fais entrer ta mère et toi, reste dehors ».

La mère entra dans le bureau et Elie l’attendit à l’extérieur. Mais quand elle sortit de la pièce, son fils faillit ne pas la reconnaître. Elle pleurait sans pouvoir s’arrêter au point que les gens autour d’elle la regardaient avec pitié. Elie se demanda s’il lui avait peut-être fait honte en ne répondant pas correctement aux questions du Rabbi...

- Maman ! Pourquoi pleures-tu ? Est-ce de ma faute ? s’inquiétait le jeune Elie.

Mais elle refusait de répondre, malgré son insistance, même le lendemain et les jours suivants. A chaque fois qu’il lui posait la question, elle pleurait encore davantage et il finit par comprendre qu’elle garderait le secret toute sa vie.

Les années passèrent, la Seconde Guerre mondiale bouleversa l’Europe et, à l’âge de seize ans, toute la famille Wiesel fut déportée avec des centaines de milliers de Juifs vers le camp d’Auschwitz. La mère Sarah et sa plus jeune fille furent immédiatement envoyées vers les chambres à gaz et Elie ne les revit plus jamais. Elie et son père furent sélectionnés pour les durs travaux d’esclavage sans fin. Tous deux tentèrent de survivre de toutes leurs forces, partageant les maigres rations de nourriture et s’encourageant mutuellement. A l’approche de l’armée russe, le camp fut évacué et les déportés durent marcher à pied jusqu’au camp de Buchenwald, ce qu’on appela par la suite « La Marche de la mort », dans des conditions absolument inhumaines. Le père d’Elie ne survécut pas et Elie resta seul au monde quand les Alliés libérèrent enfin le camp.

Les pleurs incontrôlables de sa mère et son visage défait ébranlèrent le jeune garçon de huit ans. La femme bouleversée qui était sortie du bureau de son Rabbi ne ressemblait plus à la mère confiante qui y était entrée quelques instants plus tôt.

Elie Wiesel (1928 - 2016), docteur en philosophie, conférencier recherché, lauréat du Prix Nobel de la Paix, s’était surtout consacré à faire connaître les souffrances qu’il avait vécues pendant la Shoah. Au fil des ans, il publia une cinquantaine d’ouvrages en français, anglais, hébreu et yiddish, dans lesquels il évoquait souvent, outre sa terrible expérience de déporté juif, son éducation ‘hassidique et les histoires que lui racontait son grand-père. Fidèle à cette tradition, il fut reçu chez le Rabbi de Loubavitch qui l’encouragea à « se souvenir d’Amalek » en publiant ses souvenirs des camps mais aussi à se marier et avoir des enfants afin de ne pas accorder de victoire posthume aux pires ennemis du Peuple juif.

Né dans une famille de ‘Hassidim de Viznitz dans la ville de Sighet en Roumanie, Elie Wiesel eut le mérite d’entrer en entrevue privée auprès du Rabbi de Viznitz, Rabbi Israël Hager, en visite dans sa ville. Celui-ci, connu pour son grand amour du Peuple juif était l’auteur du livre « Ahavat Israël ». Ce fut sa mère, Sarah qui amena le jeune Elie avec elle afin de solliciter la bénédiction du Rabbi. La salle d’attente était remplie de gens qui cherchaient à apercevoir le Rabbi de Viznitz mais la mère et le fils furent admis immédiatement dès qu’on apprit qu’elle était la fille de Rav Dodayé Feig du village d’Itchikov, un personnage important parmi les ‘Hassidim de Viznitz. Le Rabbi demanda des nouvelles des membres de sa famille puis demanda à Elie de s’approcher de lui. Il le prit sur ses genoux, lui demanda ce qu’il étudiait en ce moment au Héder (l’école juive) puis demanda à sa mère de sortir : l’enfant resta seul avec le Rabbi.

Après la guerre, Elie et d’autres enfants survivants des camps furent emmenés en France, dans des orphelinats tenus par des organisations juives d’entraide. Puis, après de brillantes études, Elie s’installa aux Etats-Unis et devint un des témoins de la Shoah les plus lus, connus et écoutés.

Un jour, dans les années soixante, Elie Wiesel reçut un coup de téléphone d’un cousin qui était très malade. Celui-ci devait être opéré en urgence mais refusait de signer le formulaire tant qu’Elie ne serait pas venu à son chevet.

Ce cousin était lui aussi un rescapé des camps ; c’était un ‘Hassid, discret qui ne se plaignait jamais. Il tenait une poissonnerie dans Manhattan. Elie se rendit à l’hôpital et son cousin le remercia : « Comme je suis content que tu sois venu ! J’ai besoin de toi, j’ai besoin de ta bénédiction ! ».

Incrédule, Elie le regardait sans comprendre : - Qu’est-ce que cela signifie ? Ma bénédiction ? Je suis sûr que « là-haut », tu possèdes bien plus de mérites que moi et que certainement ceux-ci vont te protéger !

Mas l’oncle insista pour qu’il lui donne une bénédiction !

Le docteur s’approcha alors d’Elie et lui murmura à l’oreille : - Pourquoi attendez-vous ? Il est en danger, accordez-lui ce qu’il vous demande !

De plus en plus étonné, Elie prit la main de son cousin et l’assura que tout irait bien, que toutes les souffrances qu’il avait endurées seraient pour lui de bons avocats et qu’il serait bientôt complètement guéri. Rassuré, le cousin reprit courage et accepta alors de signer le formulaire avant d’être immédiatement admis en salle d’opération.

Quelques jours plus tard, Elie revint lui rendre visite et, maintenant que l’opération s’était bien passée et que le cousin se remettait de façon satisfaisante, Elie s’arma de courage pour lui...

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