LExil Au Present
Mosaic Express | January 09, 2026
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LExil Au Present

Mosaic Express | January 09, 2026

L’EXIL AU PRÉSENT

La Paracha de cette semaine débute ainsi : « Voici les noms des enfants d’Israël venant en Égypte avec Yaakov. Ils vinrent avec leurs maisonnées ». Ce verset soulève plusieurs interrogations :

  • a) Pourquoi le verset emploie-t-il le participe présent, « venant »? La descente des Juifs avait eu lieu plusieurs années auparavant et, a priori, l’emploi du passé semblerait plus approprié.
  • b) Quelle est la signification de la mention des noms Yaakov et Israël dans notre verset ?
  • c) Alors que la Paracha Vayigach parle de « Yaakov et ses fils descendant en Égypte », ici il est mentionné : « les enfants d’Israël venant en Égypte avec Yaakov ».

Ces questions trouvent leur réponse à la lumière de l’interprétation qu’offre le Midrach de ce verset : « Entrèrent-ils [en Égypte] ce jour-là ? En fait, de nombreux jours s’étaient écoulés depuis leur entrée en Égypte. Néanmoins, tant que Yossef était vivant, ils n’étaient pas accablés par les Égyptiens. À la mort de Yossef, ceux-ci leur imposèrent des fardeaux. C’est pourquoi le verset décrit leur venue comme un événement présent ; c’est comme s’ils pénétraient pour la première fois en Égypte ce jour-là ».

Puisque « la Torah est éternelle », cet enseignement recèle également une leçon convenant au temps présent. Cependant, cette leçon demeure difficile à appréhender. Nous sommes dans les derniers jours de l’exil : « Tous les temps fixés pour l’avènement du Machia’h sont passés et tout dépend désormais uniquement de la Téchouvah (repentance) ». De surcroît, nous avons déjà accompli le service de la Téchouvah et avons, selon les propos du Rabbi précédent, « poli les boutons », préparant ainsi l’accueil du Machia’h. Quelle pertinence revêt alors aujourd’hui le concept d’entrée en exil ?

Pour clarifier : il existe une distinction entre le Livre de Chemot (Exode) et celui de Beréchit (Genèse). Beréchit est désigné comme « le Livre des Justes », relatant l’histoire des Patriarches Justes ; tandis que Chemot inaugure la chronique de leurs descendants, celle du Peuple juif en tant qu’entité collective. Beréchit constitue donc un préalable indispensable à cette narration car la vie des Patriarches confère aux générations ultérieures le potentiel d’accomplir toutes les Mitsvot décrites dans les livres suivants.

Cette notion repose sur la transition opérée par le Don de la Torah. Le Midrach rapporte qu’avant ce Don, spiritualité et existence matérielle étaient totalement dissociées. Avec la révélation de la Torah, fut accordée la possibilité d’imprégner le monde matériel de sainteté (révélation d’en-haut) puis d’élever cette matière afin qu’elle devienne sacrée.

Le service des Patriarches fut cependant nécessaire pour permettre cette transition ; ils accomplirent une annulation complète d’eux-mêmes face à la Divinité au point d’être qualifiés de « char spirituel » divin - c’est-à-dire un intermédiaire transférant D.ieu, tel qu’Il se manifeste dans les sphères spirituelles, au sein du monde matériel. Cela offrit à leurs descendants juifs le potentiel d’attirer la Divinité par l’observance stricte de la Torah et ses Mitsvot.

Néanmoins, notre observance présente bénéficie d’un avantage sur celle des Patriarches : alors que leur service fut préparatoire - concédant seulement un potentiel - c’est par notre pratique effective que se réalise véritablement l’établissement d’une demeure divine dans ce monde matériel ; elle manifeste ouvertement et explicitement D.ieu ici-bas.

Le commencement effectif du service juif visant à attirer D.ieu dans ce monde se reflète précisément dans ce verset : « Voici les noms des enfants d’Israël venant en Égypte avec Yaacov... »

Le Peuple juif descendit donc en Égypte afin d’introduire D.ieu jusqu’aux niveaux matériels inférieurs ; pour souligner leur aptitude à ce service sacré, ils sont désignés comme « enfants d’Israël ». Israël fut choisi parmi les Patriarches dont il reçut toutes les qualités spirituelles transmissibles aux générations suivantes.

Plus précisément : Yaakov reçut le nom Israël parce qu’il « lutta avec anges et hommes et prévalut ». Par ailleurs, Israël est l’anagramme de « Li Roch », signifiant littéralement « une tête pour Moi », autrement dit, les Juifs occupent une position privilégiée vis-à-vis de D.ieu - bien au-delà même du niveau symbolique appelé « tête » -, puisque chaque âme juive est considérée comme une « réelle partie de D.ieu En Haut », une avec l’Essence de D.ieu.

Ainsi ce niveau spirituel nommé Israël transcende toute connexion avec « Mitsrayim » (Égypte), qui représente non seulement un lieu géographique mais aussi symboliquement les limites et les contraintes du monde (« Métsarim »). Il dépasse évidemment aussi l’idée même d’exil durant lequel les autorités dirigeantes infligent des souffrances aux Juifs (« Métsarot »). Puisqu’Israël possède cette force « de lutter avec anges et hommes » et l’emporter, et être « une tête pour Moi » (pour ainsi dire), ce niveau ne saurait être soumis à aucune limites ni être sujet à l’exil.

Qui peut alors véritablement descendre en Égypte ? Les descendants (l’extension) d’Israël. De la même façon, Yaakov qui évoque un niveau moindre, l’aspect de l’âme juive qui peut descendre et imprégner le talon (Ekev) peut entrer également en Égypte.

À partir de là, on comprend aisément pourquoi les expressions diffèrent entre notre Paracha et Vayigach : cette dernière relate simplement la descente physique sans esclavage ni exil effectif - elle précise simplement que Yaakov descendit - tandis que Chemot parle explicitement des « enfants d’Israël... venant... avec Yaakov », indiquant ainsi une dimension inférieure.

Bien que les enfants d’Israël soient situés à un niveau inférieur qu’Israël lui-même et peuvent donc descendre en exil, ils restent néanmoins héritiers légitimes, intégralement investis par l’héritage des Patriarches. Dès lors, leur descente en Egypte ne saurait avoir un impact négatif définitif mais offre plutôt une opportunité unique pour purifier puis élever l’Égypte elle-même - extirpant toutes les étincelles divines enfouies - jusqu’à laisser cet espace « vide comme un silo dépourvu de tout grain ».

De fait, ceci explique également pourquoi on emploie ici encore le présent pour décrire leur venue en Égypte, malgré tant d’années écoulées : chaque instant vécu pourrait être considéré comme une nouvelle entrée effective puisque ces Juifs héritent pleinement des qualités de leurs Pères, incluant notamment celles de Yaakov, c’est-à-dire le potentiel « de lutter avec anges et hommes ». Ils sont, par essence, au-dessus de l’exil.

Ce potentiel infini légué par les Patriarches permet à leurs descendants de réaliser pleinement la finalité même de l’exil, consistant à introduire la Divinité sur terre afin d’y établir Sa demeure.

Lorsqu’un Juif prend conscience qu’il possède ce pouvoir illimité - percevant donc son état actuel au sein de l’exil comme un nouveau départ - il saisit mieux sa mission et peut l’accomplir.

Ainsi, chaque instant que nous vivons en exil n’est pas une continuation des années précédentes mais un nouvel élan qui nous remplit d’une énergie renouvelée, avec l’espoir de la Rédemption imminente.

L’EXIL AU PRÉSENT

La Paracha de cette semaine débute ainsi : « Voici les noms des enfants d’Israël venant en Égypte avec Yaakov. Ils vinrent avec leurs maisonnées ». Ce verset soulève plusieurs interrogations :

  • a) Pourquoi le verset emploie-t-il le participe présent, « venant »? La descente des Juifs avait eu lieu plusieurs années auparavant et, a priori, l’emploi du passé semblerait plus approprié.
  • b) Quelle est la signification de la mention des noms Yaakov et Israël dans notre verset ?
  • c) Alors que la Paracha Vayigach parle de « Yaakov et ses fils descendant en Égypte », ici il est mentionné : « les enfants d’Israël venant en Égypte avec Yaakov ».

Ces questions trouvent leur réponse à la lumière de l’interprétation qu’offre le Midrach de ce verset : « Entrèrent-ils [en Égypte] ce jour-là ? En fait, de nombreux jours s’étaient écoulés depuis leur entrée en Égypte. Néanmoins, tant que Yossef était vivant, ils n’étaient pas accablés par les Égyptiens. À la mort de Yossef, ceux-ci leur imposèrent des fardeaux. C’est pourquoi le verset décrit leur venue comme un événement présent ; c’est comme s’ils pénétraient pour la première fois en Égypte ce jour-là ».

Puisque « la Torah est éternelle », cet enseignement recèle également une leçon convenant au temps présent. Cependant, cette leçon demeure difficile à appréhender. Nous sommes dans les derniers jours de l’exil : « Tous les temps fixés pour l’avènement du Machia’h sont passés et tout dépend désormais uniquement de la Téchouvah (repentance) ». De surcroît, nous avons déjà accompli le service de la Téchouvah et avons, selon les propos du Rabbi précédent, « poli les boutons », préparant ainsi l’accueil du Machia’h. Quelle pertinence revêt alors aujourd’hui le concept d’entrée en exil ?

Pour clarifier : il existe une distinction entre le Livre de Chemot (Exode) et celui de Beréchit (Genèse). Beréchit est désigné comme « le Livre des Justes », relatant l’histoire des Patriarches Justes ; tandis que Chemot inaugure la chronique de leurs descendants, celle du Peuple juif en tant qu’entité collective. Beréchit constitue donc un préalable indispensable à cette narration car la vie des Patriarches confère aux générations ultérieures le potentiel d’accomplir toutes les Mitsvot décrites dans les livres suivants.

Cette notion repose sur la transition opérée par le Don de la Torah. Le Midrach rapporte qu’avant ce Don, spiritualité et existence matérielle étaient totalement dissociées. Avec la révélation de la Torah, fut accordée la possibilité d’imprégner le monde matériel de sainteté (révélation d’en-haut) puis d’élever cette matière afin qu’elle devienne sacrée.

Le service des Patriarches fut cependant nécessaire pour permettre cette transition ; ils accomplirent une annulation complète d’eux-mêmes face à la Divinité au point d’être qualifiés de « char spirituel » divin - c’est-à-dire un intermédiaire transférant D.ieu, tel qu’Il se manifeste dans les sphères spirituelles, au sein du monde matériel. Cela offrit à leurs descendants juifs le potentiel d’attirer la Divinité par l’observance stricte de la Torah et ses Mitsvot.

Néanmoins, notre observance présente bénéficie d’un avantage sur celle des Patriarches : alors que leur service fut préparatoire - concédant seulement un potentiel - c’est par notre pratique effective que se réalise véritablement l’établissement d’une demeure divine dans ce monde matériel ; elle manifeste ouvertement et explicitement D.ieu ici-bas.

Le commencement effectif du service juif visant à attirer D.ieu dans ce monde se reflète précisément dans ce verset : « Voici les noms des enfants d’Israël venant en Égypte avec Yaacov... »

Le Peuple juif descendit donc en Égypte afin d’introduire D.ieu jusqu’aux niveaux matériels inférieurs ; pour souligner leur aptitude à ce service sacré, ils sont désignés comme « enfants d’Israël ». Israël fut choisi parmi les Patriarches dont il reçut toutes les qualités spirituelles transmissibles aux générations suivantes.

Plus précisément : Yaakov reçut le nom Israël parce qu’il « lutta avec anges et hommes et prévalut ». Par ailleurs, Israël est l’anagramme de « Li Roch », signifiant littéralement « une tête pour Moi », autrement dit, les Juifs occupent une position privilégiée vis-à-vis de D.ieu - bien au-delà même du niveau symbolique appelé « tête » -, puisque chaque âme juive est considérée comme une « réelle partie de D.ieu En Haut », une avec l’Essence de D.ieu.

Ainsi ce niveau spirituel nommé Israël transcende toute connexion avec « Mitsrayim » (Égypte), qui représente non seulement un lieu géographique mais aussi symboliquement les limites et les contraintes du monde (« Métsarim »). Il dépasse évidemment aussi l’idée même d’exil durant lequel les autorités dirigeantes infligent des souffrances aux Juifs (« Métsarot »). Puisqu’Israël possède cette force « de lutter avec anges et hommes » et l’emporter, et être « une tête pour Moi » (pour ainsi dire), ce niveau ne saurait être soumis à aucune limites ni être sujet à l’exil.

Qui peut alors véritablement descendre en Égypte ? Les descendants (l’extension) d’Israël. De la même façon, Yaakov qui évoque un niveau moindre, l’aspect de l’âme juive qui peut descendre et imprégner le talon (Ekev) peut entrer également en Égypte.

À partir de là, on comprend aisément pourquoi les expressions diffèrent entre notre Paracha et Vayigach : cette dernière relate simplement la descente physique sans esclavage ni exil effectif - elle précise simplement que Yaakov descendit - tandis que Chemot parle explicitement des « enfants d’Israël... venant... avec Yaakov », indiquant ainsi une dimension inférieure.

Bien que les enfants d’Israël soient situés à un niveau inférieur qu’Israël lui-même et peuvent donc descendre en exil, ils restent néanmoins héritiers légitimes, intégralement investis par l’héritage des Patriarches. Dès lors, leur descente en Egypte ne saurait avoir un impact négatif définitif mais offre plutôt une opportunité unique pour purifier puis élever l’Égypte elle-même - extirpant toutes les étincelles divines enfouies - jusqu’à laisser cet espace « vide comme un silo dépourvu de tout grain ».

De fait, ceci explique également pourquoi on emploie ici encore le présent pour décrire leur venue en Égypte, malgré tant d’années écoulées : chaque instant vécu pourrait être considéré comme une nouvelle entrée effective puisque ces Juifs héritent pleinement des qualités de leurs Pères, incluant notamment celles de Yaakov, c’est-à-dire le potentiel « de lutter avec anges et hommes ». Ils sont, par essence, au-dessus de l’exil.

Ce potentiel infini légué par les Patriarches permet à leurs descendants de réaliser pleinement la finalité même de l’exil, consistant à introduire la Divinité sur terre afin d’y établir Sa demeure.

Lorsqu’un Juif prend conscience qu’il possède ce pouvoir illimité - percevant donc son état actuel au sein de l’exil comme un nouveau départ - il saisit mieux sa mission et peut l’accomplir.

Ainsi, chaque instant que nous vivons en exil n’est pas une continuation des années précédentes mais un nouvel élan qui nous remplit d’une énergie renouvelée, avec l’espoir de la Rédemption imminente.

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