La Sidra de la Semaine Chela’h
Mosaic Express | June 28, 2024
Print This Article
View Original PDF

La Sidra de la Semaine Chela’h

Mosaic Express | June 27, 2025

Cette Paracha évoque l’épisode des douze explorateurs envoyés par Moché en Israël. Dix d’entre eux, à l’exception de Calev et Yochoua, font un compte-rendu qui décourage les Juifs de conquérir la terre. D.ieu décrète alors que le peuple restera encore quarante ans dans le désert et que ce sera la génération suivante qui entrera en Israël.

Des lois pour les offrandes ainsi que la Mitsva de la ‘Halla sont détaillées. Un homme est mis à mort pour avoir publiquement profané le Chabbat. Enfin la Mitsva des Tsitsit est donnée par D.ieu afin que nous nous souvenions d’accomplir Ses commandements.

Dans la quête d’une leçon concrète de notre Paracha Chela‘h, commençons par observer son titre : Chela’h. Le sens littéral de ce terme est « envoie » : D.ieu enjoint Moché d’envoyer des explorateurs pour inspecter la Terre d’Israël.

Cependant, une question se soulève immédiatement : quel enseignement positif peut-on tirer de ce commandement quand on découvre les effets désastreux qu’il provoqua, non seulement pour les explorateurs eux-mêmes mais pour l’ensemble du Peuple juif ?

La question s’intensifie encore. Rachi interprète l’addition apparemment superflue du mot « Le’ha », « pour toi », « selon toi » (Chela’h Le’ha), comme impliquant que cette injonction n’était pas un commandement direct mais que la réponse était laissée ouverte « selon toi ». Autrement dit, Moché Rabbénou lui-même prit la décision d’envoyer ces hommes explorer le pays.

S’il en est ainsi, deux questions se soulèvent :

  • La Torah fait très attention à ne pas parler en termes irrespectueux de quelque créature que ce soit, même d’un animal impur. Dans ce cas, pourquoi la Torah nous informe-t-elle que Moché prit une décision si terrible ?
  • Comment la Torah peut-elle tirer une leçon éternelle d’une erreur de Moché Rabbénou ?

La gravité de ces questions nous conduit à la conclusion qu’envoyer les explorateurs était un acte positif (comme le mentionne Rachi « ils étaient dignes d’honneur à ce moment-là »). Mais parce qu’ils appartenaient à « une génération envahissante », ils retournèrent et inversèrent les intentions originelles de Moché.

Toutefois, cela n’est pas très clair. Quelle était l’intention de Moché en envoyant des explorateurs ? Il connaissait la promesse de D.ieu : « Je vous conduirai sur la terre », « une bonne et vaste terre, où coulent le lait et le miel. » Et quand bien même les espions seraient restés dignes de confiance, en quoi les envoyer était-il nécessaire ?

De plus, pourquoi leur dit-il : « Soyez forts et prenez des fruits de la terre » ? D.ieu avait déjà promis que c’était « une terre où coulaient le lait et le miel ». Et même sans la promesse de D.ieu, les Juifs venaient de quitter l’Égypte. Il est évident, à la lecture du Tana’h, qu’il y avait du commerce entre l’Égypte et Israël. Il est tout à fait probable que Moché et la majorité du Peuple juif aient déjà vu les fruits d’Israël en Égypte.

La réponse à ces questions réside dans le principe de la Torah : « ne comptez pas sur les miracles ». Pour découvrir la meilleure stratégie pour conquérir Israël, selon l’ordre naturel, Moché envoya ces hommes. Bien qu’il crût totalement en la promesse Divine, de conduire Son peuple en Israël, il envoya des explorateurs pour trouver des méthodes concrètes, adaptées, pour réaliser cette promesse. Il voulait savoir par quelle direction était-il préférable de rentrer, serait-il nécessaire de prendre d’assaut des villes fortifiées, ainsi que d’autres points de stratégie militaire. Pour encourager le Peuple juif tout entier et le charger de la conquête d’Erets Israël, Moché ordonna aux espions de revenir avec certains fruits d’Israël. Ils communiqueraient ainsi l’importance et la cherté de la terre et motiveraient le peuple à aller à sa conquête, convainquant même ceux qui seraient plus touchés par les fruits que par la sainteté de la terre.

Ainsi, au lieu d’attendre que ces individus évoluent et mûrissent jusqu’à être motivés par la sainteté de la terre, Moché demanda qu’on rapporte d’Israël quelque chose du pays avec lequel ils pourraient établir un point d’ancrage.

Ce concept a des implications encore plus profondes. Avant la conquête juive d’Israël, la terre était appelée « Terre de Canaan » et dominée par l’influence des Cananéens.

La Torah elle-même proclame : « Envoyer les explorateurs était nécessaire pour transformer la terre de Canaan en Terre d’Israël, une terre que “toujours contemplent les yeux de l’Éternel, D.ieu”. »

Les Juifs eux-mêmes venaient de quitter l’Égypte (aussi décrite comme une société corrompue et appelée dans la Torah : « la nudité de la terre ») où ils avaient passé des centaines d’années dans l’oppression, l’esclavage et les travaux forcés. Soudain, dans un espace de temps très rapide, on leur disait de se préparer à pénétrer et conquérir la terre de Canaan. On leur demandait de la conquérir de telle manière que non seulement, ils ne devaient pas être affectés par son impureté, mais être capables de la transformer en Terre d’Israël, une terre où la Divinité est directement manifeste, comme cela serait visible dans le Temple.

Confronté à la fois à la nécessité et à la difficulté de cette tâche, Moché chercha un moyen et une méthode pour l’endiguer et c’est pour cela qu’il envoya les explorateurs.

Puisque les Juifs étaient chargés de la conquête et de la transformation d’Erets Israël, et qu’ils devaient l’accomplir par leurs propres efforts, il n’y eut aucun commandement spécifique d’envoyer les espions. D.ieu laissa la décision entre les mains de Moché.

Il avait l’intention de rendre la tâche plus facile. Il choisit les Nessiim (les Princes) de chaque tribu. Le Nassi (le prince) était le membre le plus élevé et le plus raffiné de la tribu, le meilleur pour cette démarche. L’entrée en Canaan et leur comportement là-bas, en « étant forts », avaient pour but de paver le chemin et d’accomplir les premières et plus difficiles étapes de la conquête par la nation juive tout entière.

Cette explication concerne la vie de chaque Juif.

Même si un Juif, quand il observe le monde autour de lui, prend conscience que son environnement est équivalent à la terre de Canaan, c’est-à-dire spirituellement impur, il doit réaliser qu’il a été chargé par D.ieu de la mission de le transformer en demeure pour Lui.

Cependant, il peut se demander : mais comment est-il possible de réussir ? Il est « le plus petit parmi les nations » et même parmi les Juifs, il n’est pas (du moins pour l’instant) d’une grande stature. Il a été chargé d’une mission difficile : transformer son environnement immédiat en sa ville, et faire de chaque endroit que son influence peut atteindre, une résidence pour D.ieu. Il ne s’agit pas seulement de s’extraire des impuretés de Canaan et d’Égypte mais également de transformer la terre de Canaan en Terre d’Israël, terre « que toujours contemplent les yeux de l’Éternel, D.ieu. » Il ne sait comment faire face à l’énormité de la tâche.

Pour y parvenir plus facilement, la Torah offre le conseil suivant : « Envoie des explorateurs - un prince de chaque tribu ». Un Juif doit trouver le niveau de son âme qui correspond à un prince, (c’est à dire la force de sa foi, la force la plus puissante qu’il possède) et l’utiliser pour transformer son environnement en Erets Israël.

Cette force est présente en chaque Juif. Chacun l’a obtenue en héritage de nos patriarches. Sa présence ne dépend pas de notre volonté ou d’un processus intellectuel. Un Juif possède la foi, qu’il le désire ou non. La foi libre est accordée à chacun. S’il le veut, il peut choisir de ne pas exercer la force de sa foi. Elle n’en reste pas moins constamment présente.

S’il choisit de l’exercer, alors, tout comme un prince domine et contrôle toute la nation, « le prince des forces de l’âme » contrôle et règne sur tous ses autres sens et facultés.

Alors, non seulement n’est-il pas affecté par l’impureté et l’immoralité de son environnement (sa terre de Canaan personnelle) mais, bien au contraire, la conscience qu’il appartient à une nation sainte lui permet de transformer en objet de sainteté tout ce avec quoi il entre en contact. Par le biais de la sainte Torah, il réussit à lier avec le Saint D.ieu tout et tous ceux qu’il croise sur son chemin.

Cette Paracha évoque l’épisode des douze explorateurs envoyés par Moché en Israël. Dix d’entre eux, à l’exception de Calev et Yochoua, font un compte-rendu qui décourage les Juifs de conquérir la terre. D.ieu décrète alors que le peuple restera encore quarante ans dans le désert et que ce sera la génération suivante qui entrera en Israël.

Des lois pour les offrandes ainsi que la Mitsva de la ‘Halla sont détaillées. Un homme est mis à mort pour avoir publiquement profané le Chabbat. Enfin la Mitsva des Tsitsit est donnée par D.ieu afin que nous nous souvenions d’accomplir Ses commandements.

Dans la quête d’une leçon concrète de notre Paracha Chela‘h, commençons par observer son titre : Chela’h. Le sens littéral de ce terme est « envoie » : D.ieu enjoint Moché d’envoyer des explorateurs pour inspecter la Terre d’Israël.

Cependant, une question se soulève immédiatement : quel enseignement positif peut-on tirer de ce commandement quand on découvre les effets désastreux qu’il provoqua, non seulement pour les explorateurs eux-mêmes mais pour l’ensemble du Peuple juif ?

La question s’intensifie encore. Rachi interprète l’addition apparemment superflue du mot « Le’ha », « pour toi », « selon toi » (Chela’h Le’ha), comme impliquant que cette injonction n’était pas un commandement direct mais que la réponse était laissée ouverte « selon toi ». Autrement dit, Moché Rabbénou lui-même prit la décision d’envoyer ces hommes explorer le pays.

S’il en est ainsi, deux questions se soulèvent :

  • La Torah fait très attention à ne pas parler en termes irrespectueux de quelque créature que ce soit, même d’un animal impur. Dans ce cas, pourquoi la Torah nous informe-t-elle que Moché prit une décision si terrible ?
  • Comment la Torah peut-elle tirer une leçon éternelle d’une erreur de Moché Rabbénou ?

La gravité de ces questions nous conduit à la conclusion qu’envoyer les explorateurs était un acte positif (comme le mentionne Rachi « ils étaient dignes d’honneur à ce moment-là »). Mais parce qu’ils appartenaient à « une génération envahissante », ils retournèrent et inversèrent les intentions originelles de Moché.

Toutefois, cela n’est pas très clair. Quelle était l’intention de Moché en envoyant des explorateurs ? Il connaissait la promesse de D.ieu : « Je vous conduirai sur la terre », « une bonne et vaste terre, où coulent le lait et le miel. » Et quand bien même les espions seraient restés dignes de confiance, en quoi les envoyer était-il nécessaire ?

De plus, pourquoi leur dit-il : « Soyez forts et prenez des fruits de la terre » ? D.ieu avait déjà promis que c’était « une terre où coulaient le lait et le miel ». Et même sans la promesse de D.ieu, les Juifs venaient de quitter l’Égypte. Il est évident, à la lecture du Tana’h, qu’il y avait du commerce entre l’Égypte et Israël. Il est tout à fait probable que Moché et la majorité du Peuple juif aient déjà vu les fruits d’Israël en Égypte.

La réponse à ces questions réside dans le principe de la Torah : « ne comptez pas sur les miracles ». Pour découvrir la meilleure stratégie pour conquérir Israël, selon l’ordre naturel, Moché envoya ces hommes. Bien qu’il crût totalement en la promesse Divine, de conduire Son peuple en Israël, il envoya des explorateurs pour trouver des méthodes concrètes, adaptées, pour réaliser cette promesse. Il voulait savoir par quelle direction était-il préférable de rentrer, serait-il nécessaire de prendre d’assaut des villes fortifiées, ainsi que d’autres points de stratégie militaire. Pour encourager le Peuple juif tout entier et le charger de la conquête d’Erets Israël, Moché ordonna aux espions de revenir avec certains fruits d’Israël. Ils communiqueraient ainsi l’importance et la cherté de la terre et motiveraient le peuple à aller à sa conquête, convainquant même ceux qui seraient plus touchés par les fruits que par la sainteté de la terre.

Ainsi, au lieu d’attendre que ces individus évoluent et mûrissent jusqu’à être motivés par la sainteté de la terre, Moché demanda qu’on rapporte d’Israël quelque chose du pays avec lequel ils pourraient établir un point d’ancrage.

Ce concept a des implications encore plus profondes. Avant la conquête juive d’Israël, la terre était appelée « Terre de Canaan » et dominée par l’influence des Cananéens.

La Torah elle-même proclame : « Envoyer les explorateurs était nécessaire pour transformer la terre de Canaan en Terre d’Israël, une terre que “toujours contemplent les yeux de l’Éternel, D.ieu”. »

Les Juifs eux-mêmes venaient de quitter l’Égypte (aussi décrite comme une société corrompue et appelée dans la Torah : « la nudité de la terre ») où ils avaient passé des centaines d’années dans l’oppression, l’esclavage et les travaux forcés. Soudain, dans un espace de temps très rapide, on leur disait de se préparer à pénétrer et conquérir la terre de Canaan. On leur demandait de la conquérir de telle manière que non seulement, ils ne devaient pas être affectés par son impureté, mais être capables de la transformer en Terre d’Israël, une terre où la Divinité est directement manifeste, comme cela serait visible dans le Temple.

Confronté à la fois à la nécessité et à la difficulté de cette tâche, Moché chercha un moyen et une méthode pour l’endiguer et c’est pour cela qu’il envoya les explorateurs.

Puisque les Juifs étaient chargés de la conquête et de la transformation d’Erets Israël, et qu’ils devaient l’accomplir par leurs propres efforts, il n’y eut aucun commandement spécifique d’envoyer les espions. D.ieu laissa la décision entre les mains de Moché.

Il avait l’intention de rendre la tâche plus facile. Il choisit les Nessiim (les Princes) de chaque tribu. Le Nassi (le prince) était le membre le plus élevé et le plus raffiné de la tribu, le meilleur pour cette démarche. L’entrée en Canaan et leur comportement là-bas, en « étant forts », avaient pour but de paver le chemin et d’accomplir les premières et plus difficiles étapes de la conquête par la nation juive tout entière.

Cette explication concerne la vie de chaque Juif.

Même si un Juif, quand il observe le monde autour de lui, prend conscience que son environnement est équivalent à la terre de Canaan, c’est-à-dire spirituellement impur, il doit réaliser qu’il a été chargé par D.ieu de la mission de le transformer en demeure pour Lui.

Cependant, il peut se demander : mais comment est-il possible de réussir ? Il est « le plus petit parmi les nations » et même parmi les Juifs, il n’est pas (du moins pour l’instant) d’une grande stature. Il a été chargé d’une mission difficile : transformer son environnement immédiat en sa ville, et faire de chaque endroit que son influence peut atteindre, une résidence pour D.ieu. Il ne s’agit pas seulement de s’extraire des impuretés de Canaan et d’Égypte mais également de transformer la terre de Canaan en Terre d’Israël, terre « que toujours contemplent les yeux de l’Éternel, D.ieu. » Il ne sait comment faire face à l’énormité de la tâche.

Pour y parvenir plus facilement, la Torah offre le conseil suivant : « Envoie des explorateurs - un prince de chaque tribu ». Un Juif doit trouver le niveau de son âme qui correspond à un prince, (c’est à dire la force de sa foi, la force la plus puissante qu’il possède) et l’utiliser pour transformer son environnement en Erets Israël.

Cette force est présente en chaque Juif. Chacun l’a obtenue en héritage de nos patriarches. Sa présence ne dépend pas de notre volonté ou d’un processus intellectuel. Un Juif possède la foi, qu’il le désire ou non. La foi libre est accordée à chacun. S’il le veut, il peut choisir de ne pas exercer la force de sa foi. Elle n’en reste pas moins constamment présente.

S’il choisit de l’exercer, alors, tout comme un prince domine et contrôle toute la nation, « le prince des forces de l’âme » contrôle et règne sur tous ses autres sens et facultés.

Alors, non seulement n’est-il pas affecté par l’impureté et l’immoralité de son environnement (sa terre de Canaan personnelle) mais, bien au contraire, la conscience qu’il appartient à une nation sainte lui permet de transformer en objet de sainteté tout ce avec quoi il entre en contact. Par le biais de la sainte Torah, il réussit à lier avec le Saint D.ieu tout et tous ceux qu’il croise sur son chemin.

PDF Preview