Editorial Le roi est dans les champs
Mosaic Express | August 18, 2023
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Editorial Le roi est dans les champs

Mosaic Express | December 31, 2025

L'année s'achève. Dernier mois de l'année, Elloul annonce les « Jours redoutables » de Roch Hachanah et de Yom Kippour. Temps d'introspection donc et, plus encore, temps de préparation. Temps par excellence de prière, d'étude et de bonnes actions. Temps d'une sainteté particulière et, pourtant, temps profane.

Au cours de notre traversée du temps, nous rencontrons des jours qui nous placent en retrait du quotidien. Ainsi, chaque Chabbat, cessons-nous tout travail. Mais les semaines d'Elloul ressemblent à cet égard à toutes les semaines de l'année : nous sommes dans le monde et nous y travaillons. N'y a-t-il pas là un paradoxe ? Ne devrions-nous pas nous retirer du monde pour nous préparer aux jours solennels dont Elloul est le prélude ?

Rabbi Schnéour Zalman de Liady nous a enseigné une belle métaphore issue du Zohar. Le roi, nous dit-il, se tient habituellement dans son palais. L'approcher n'est pas alors chose aisée. On doit formuler sa demande auprès d'une bureaucratie sourcilleuse, se rendre au palais et y parcourir d'interminables corridors, franchir de nombreuses portes, patienter dans des antichambres, obéir à un strict protocole.

Mais il arrive aussi que le roi, ayant quitté son palais, traverse les champs. Le plus humble paysan peut alors l'approcher et le roi, en cette circonstance exceptionnelle, l'accueille et lui réserve son plus bienveillant sourire. En Elloul, nous dit Rabbi Schnéour Zalman, « le roi est dans les champs ».

Le champ figure ici le pain que nous devons gagner, ces travaux que la sainteté du Chabbat nous interdit d'accomplir. Pendant onze mois le temps du calendrier juif distingue ainsi des temps réservés, comme celui du Chabbat, du temps profane, le temps du labeur. Evidemment, ce temps profane est infiniment précieux. Notre travail quotidien s'inscrit toujours dans cette perspective : faire de ce monde une demeure pour D.ieu. Et le Chabbat ou les fêtes sont des moments d'élévation, les temps réservés qui nous offrent le recul et le ressourcement par lesquels la perspective peut être maintenue ou rétablie. En quelque sorte, nous séjournons le Chabbat au palais après avoir, la semaine durant, œuvré aux champs.

Cette dualité connait une considérable exception : Elloul. Parce que, dans le temps si élevé du mois d'Elloul, ce qui fait l'essence de notre vie et lui donne son horizon devient bien plus sensible, le voile perd de son opacité : le Roi, Père de la miséricorde, vient alors à notre rencontre où que nous nous trouvions. Puissions-nous L'accueillir comme il convient.

Barou'h Ziegelman

L'année s'achève. Dernier mois de l'année, Elloul annonce les « Jours redoutables » de Roch Hachanah et de Yom Kippour. Temps d'introspection donc et, plus encore, temps de préparation. Temps par excellence de prière, d'étude et de bonnes actions. Temps d'une sainteté particulière et, pourtant, temps profane.

Au cours de notre traversée du temps, nous rencontrons des jours qui nous placent en retrait du quotidien. Ainsi, chaque Chabbat, cessons-nous tout travail. Mais les semaines d'Elloul ressemblent à cet égard à toutes les semaines de l'année : nous sommes dans le monde et nous y travaillons. N'y a-t-il pas là un paradoxe ? Ne devrions-nous pas nous retirer du monde pour nous préparer aux jours solennels dont Elloul est le prélude ?

Rabbi Schnéour Zalman de Liady nous a enseigné une belle métaphore issue du Zohar. Le roi, nous dit-il, se tient habituellement dans son palais. L'approcher n'est pas alors chose aisée. On doit formuler sa demande auprès d'une bureaucratie sourcilleuse, se rendre au palais et y parcourir d'interminables corridors, franchir de nombreuses portes, patienter dans des antichambres, obéir à un strict protocole.

Mais il arrive aussi que le roi, ayant quitté son palais, traverse les champs. Le plus humble paysan peut alors l'approcher et le roi, en cette circonstance exceptionnelle, l'accueille et lui réserve son plus bienveillant sourire. En Elloul, nous dit Rabbi Schnéour Zalman, « le roi est dans les champs ».

Le champ figure ici le pain que nous devons gagner, ces travaux que la sainteté du Chabbat nous interdit d'accomplir. Pendant onze mois le temps du calendrier juif distingue ainsi des temps réservés, comme celui du Chabbat, du temps profane, le temps du labeur. Evidemment, ce temps profane est infiniment précieux. Notre travail quotidien s'inscrit toujours dans cette perspective : faire de ce monde une demeure pour D.ieu. Et le Chabbat ou les fêtes sont des moments d'élévation, les temps réservés qui nous offrent le recul et le ressourcement par lesquels la perspective peut être maintenue ou rétablie. En quelque sorte, nous séjournons le Chabbat au palais après avoir, la semaine durant, œuvré aux champs.

Cette dualité connait une considérable exception : Elloul. Parce que, dans le temps si élevé du mois d'Elloul, ce qui fait l'essence de notre vie et lui donne son horizon devient bien plus sensible, le voile perd de son opacité : le Roi, Père de la miséricorde, vient alors à notre rencontre où que nous nous trouvions. Puissions-nous L'accueillir comme il convient.

Barou'h Ziegelman

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