LA SIDRA DE LA SEMAINE
CHOFTIM
Moché donne l’instruction de nommer des juges et des officiers de police dans chaque ville (chaque portail). La justice doit s’accomplir rigoureusement.
Dans chaque génération, des hommes seront chargés d’enseigner la loi. Il faudra les écouter scrupuleusement.
La Paracha comprend également l’interdiction de pratiquer l’idolâtrie et la sorcellerie, les lois de nomination du roi, l’obligation de construire des villes de refuge.
Sont précisées également les lois régissant la guerre.
La Paracha se conclut par la loi concernant la découverte, dans un champ, d’un assassinat dont on ignore l’auteur et la responsabilité de la communauté dans ce cas.
DES JUGES ET DES OFFICIERS
Choftim poursuit le rappel par Moïse des lois tirées des Livres de Chemot (l'Exode), Vayikra (le Lévitique) et Bamidbar (les Nombres). Il y introduit également des lois pertinentes pour la nouvelle génération sur le point d'entrer en Terre d'Israël. Les sujets abordés incluent : un nouveau système judiciaire, des détails complémentaires concernant l’interdiction de pratiquer l’idolâtrie, les lois des sacrifices, l’établissement de la monarchie, les droits des prêtres et leurs distinctions, la distinction entre les fausses pratiques de la divination et la prophétie, les villes de refuge, le vol, le témoignage, le faux serment, la guerre et le meurtre sans témoin.
Nous y lisons l'autorité confirmée et formalisée des quatre formes principales de leadership juif : le judiciaire et législatif (le Juge), l’exécutif (le Roi), le rituel (le Prêtre) et enfin le religieux (le Prophète).
LE JUGE : PROTOTYPE DU LEADERSHIP
Dans la mesure où ces quatre responsabilités sont évoquées dans la même Paracha dont le nom est Choftim, nous pouvons en conclure que, dans la Torah, le juge est considéré comme le prototype générique de leadership. Cela tient au fait que le rôle du juge, tel qu’il est envisagé ici, est fondamental pour s'assurer que le comportement individuel et national est conforme aux normes éthiques, morales et rituelles de la Torah. Cela est crucial pour maintenir une société fonctionnelle, sûre et sainte, essentielle pour révéler la présence de D.ieu sur terre et faire de ce monde une résidence adéquate pour Lui. Comme nous nous le rappelons, la dégradation de la société en une jungle sans loi et l'exclusion de D.ieu de la vie humaine ont conduit au Déluge.
SOUMISSION À L’AUTORITÉ
Dans le contexte plus large du Livre de Devarim qui met l'accent sur la Techouvah (le retour à D.ieu après une période d'éloignement ou un moment d’égarement) ainsi que sur les moyens d’y procéder, Choftim souligne l'importance de reconnaître l'autorité et de s’y soumettre. Il nous faut aligner notre comportement avec les directives de ceux auxquels a été confiée la tâche de nous aider à vivre selon les instructions et le plan divins.
La soumission à l’autorité n’est pas, dans le projet de la Torah, une soumission absolue à une oppression totalitaire dictée par l’imperfection humaine.
Bien au contraire, puisque notre essence, notre âme Divine, ne désire intrinsèquement qu’accomplir la Volonté de D.ieu, dans son sens le plus absolu, et réaliser notre potentiel divin unique sans entrave, toute déviation de ce chemin est contraire à notre nature profonde.
En d'autres termes, la soumission à une autorité qui détermine si nous agissons en conformité avec les directives de la Torah n'est pas une contrainte mais un moyen de nous aligner sur notre véritable essence. L'autorité religieuse, en nous guidant selon les principes de la Torah, nous aide à vivre en accord avec notre nature divine, qui aspire naturellement à suivre la Volonté de D.ieu.
Ainsi, se soumettre à une telle autorité est en réalité un acte de fidélité à notre moi profond car il permet de surmonter les obstacles et les distractions qui nous éloigneraient de notre véritable potentiel spirituel. La Torah enseigne que la véritable liberté se trouve dans la conformité avec les lois divines car elles sont en parfaite harmonie avec notre essence divine et nos aspirations les plus profondes.
LA GESTION DE LA FAUTE COLLECTIVE
La conclusion de la Paracha Choftim illustre de manière éloquente cette notion. Lorsque la victime d'un meurtre sans témoin, commis hors des limites de la ville, est découverte, la Torah prescrit un rituel élaboré, destiné à lever toute culpabilité collective présumée de la communauté, dans son ensemble, pour ce crime.
Puisque le meurtre : priver une personne de la capacité de remplir sa mission de vie, est le péché archétypique et, par conséquent, une métaphore de tous les péchés, ce rituel indique en effet que nous ne pouvons pas être tenus finalement responsables du péché. C'est parce que nous sommes hors de notre élément originel, dans ce monde matériel et déniant D.ieu, que nous tombons parfois dans des...
