La réponse réside peut-être dans notre compréhension de la différence fondamentale entre les humains et les animaux. En termes simples : les animaux manquent de peu de choses. Leurs besoins sont élémentaires et leurs désirs ne dépassent pas leurs besoins. Mais, comme nous le savons bien, les hommes ont de très nombreux besoins : des besoins physiques, émotionnels et spirituels. Et chacune de ces catégories se subdivise elle-même en de nombreuses sous-catégories de besoins. Et cela ne s’arrête pas là. Les hommes aspirent également à des choses dont ils n’ont pas besoin. Et quand bien même nous obtenons ce que nous voulons, cela devient souvent notre « besoin », au point que nous ressentons que nous ne pouvons pas nous en passer.
Être humain signifie être fondamentalement incomplet et être une créature intrinsèquement faillible. Pourquoi donc D.ieu généra-t-Il en nous cette permanente insatisfaction ?
En réalité, notre condition humaine exige que nous ne soyons jamais satisfaits puisque notre âme divine est animée d’une insatiable soif de Divinité. D.ieu est infini et donc l’homme, dans lequel réside une âme divine, ne peut, par définition, se sentir pleinement content. Le Tsadik, dominé par son âme divine, veut se rapprocher de D.ieu. Il veut étudier davantage de Torah et accomplir plus de Mitsvot. Il n’en a jamais assez. Quant à celui qui a l’air le moins préoccupé par D.ieu, il peut aussi être obsédé par ses désirs parce que son âme divine lui envoie des messages subliminaux qui lui indiquent de vouloir plus. Malheureusement, l’âme animale ne reçoit qu’un aspect du message et le traduit par un désir de toujours encore plus de plaisirs matériels.
Tsadik ou non, être humain signifie ne jamais être complet, ne jamais satisfaire entièrement ses désirs et toujours rester sensible à ce qui manque.
Cela peut expliquer pourquoi notre aptitude à pécher nous rend inférieurs aux animaux, y compris le plus juste parmi nous. On peut suggérer que notre aptitude à pécher, qui nous rend inférieurs aux animaux, vient du fait de mener une vie dans laquelle nos désirs nous rendent des insatisfaits perpétuels. Nous avons failli, même avant de pécher.
Nous pouvons, dès lors, comprendre pourquoi nous fûmes créés après toutes les autres créatures. Ce ne sont pas nos péchés eux-mêmes qui nous discréditent. C’est parce que notre potentiel de pécher, de faire preuve de déficience morale et spirituelle, est enraciné dans notre statut de créatures qui ne peuvent jamais être complètes.
