À chaque lecture des Parachiot de la Torah intitulées Tazrya et Metsora, nous est rappelée l’importance du pouvoir du langage. Nos Sages expliquent que la forme d’affection de la peau décrite dans la Torah : la Tsara’at, ne constitue pas un état naturel. Bien que cette maladie présente une ressemblance apparente avec la lèpre, la Tsara’at, selon les termes bibliques, ne correspond ni à la lèpre ni à aucune autre maladie dermatologique reconnue par la médecine contemporaine.
Cette affection n’était pas contagieuse. La personne atteinte n’était pas systématiquement isolée, sauf si un Cohen en décidait ainsi. Cette condition apparaissait de manière intermittente et aucun traitement médical spécifique n’existait pour y remédier.
Selon nos Sages, la Tsara’at représentait le signe manifeste qu’un individu avait prononcé des paroles diffamatoires à l’encontre d’autrui. En propageant de la calomnie et des médisances, on engendre division et discorde entre les membres d’une communauté. L’individu frappé par ce mal était lui-même mis à l’écart afin de lui rappeler que les mots ont un impact réel et peuvent provoquer séparation et conflit au sein des relations humaines.
Notre Paracha constitue donc un appel à surveiller notre langage et à éviter des propos calomnieux.
Le pouvoir de la parole est souvent illustré ainsi : une confidence faite à un ami est rapidement relayée à d’autres personnes qui, en y ajoutant parfois des éléments supplémentaires, transmettent l’information encore plus loin. En peu de temps, une rumeur peut s’étendre dans toute une communauté au sujet d’un individu donné, compromettant gravement sa réputation et mettant potentiellement en péril son existence entière.