TAZRIA - METSORA
5 IYAR 5785
3 MAI 2025
LA SIDRA DE LA SEMAINE
TAZRYA
La Paracha continue la discussion concernant les lois de Touma véTahara, les lois d’impureté et de pureté spirituelles, qui incluent l’immersion dans un Mikvé (bassin d’eau naturelle) et les offrandes dans le Saint Temple. Tous les bébés garçons doivent être circoncis le huitième jour de leur vie.
Tsaraat (que l’on traduit parfois, de façon erronée, par « lèpre ») est une plaie surnaturelle qui peut également infecter les vêtements. Si des taches roses ou blanches apparaissent sur la peau d’une personne (rouge foncé ou vert sur les vêtements), l’on convoque un Cohen. S’appuyant sur différents signes, comme l’augmentation de la surface de la zone infectée, après une mise en quarantaine de sept jours, le Cohen déclare si la tache est Tamée (impure) ou Tahor (pure).
La personne affligée de la Tsaraat doit résider seule, à l’extérieur du campement (ou de la ville) jusqu’à sa guérison. La partie infectée d’un vêtement est enlevée. Si la Tsaraat s’étend ou réapparaît, tout l’habit doit être brûlé.
EST-CE VOTRE CHOIX OU BIEN AVEZ-VOUS ÉTÉ FORCÉ ?
Nous évoquons ici votre Judaïsme, le fait d’être un Juif dans le monde d’aujourd’hui et de porter toutes ces lois et ces traditions. Est-ce quelque chose que vous avez choisi ? En avez-vous réellement le choix ?
Comme à de nombreuses questions, les enseignements du Judaïsme apportent au moins deux réponses. Tout d’abord, une réponse affirmative, c’est votre choix. Puis une seconde réponse, différente celle-là : en effet vous êtes né dans votre Judaïsme, c’est ce que vous êtes et vous ne pouvez y échapper... Comment ces deux réponses peuvent-elles être toutes deux justes ? Pour pouvoir répondre à cette interrogation, observons la Paracha de cette semaine ainsi que les Pirké Avot (Maximes de nos Pères).
La Torah nous parle d’ « une femme qui conçoit et donne naissance à un fils ». Il est intéressant d’observer que le texte commence avec la femme plutôt qu’avec un homme et une femme qui se marient. Il n’est pas dit : « un homme qui épouse une femme et elle donne naissance à un garçon ». L’accent est donc mis ici sur la femme elle-même. La ‘Hassidout enseigne que cette femme de notre Paracha représente le Peuple juif ou l’individu juif que nos prophètes décrivent comme « la femme » ou « la promise » de D.ieu.
La Torah parle donc d’une personne qui progresse d’un pas dans sa vie juive, de son propre gré. Le choix a été fait et cela a pour résultat positif la naissance d’un fils, ce qui, ici, fait allusion à l’accomplissement et au succès.
Selon cette optique, ce qui est vraiment important est notre propre choix. Si l’on prend comme option d’exprimer son Judaïsme de son propre chef plutôt que d’y être forcé, l’effet en sera positif et durable.
Les Pirké Avot évoquent la même idée. Le premier chapitre commence par « Moché reçut la Torah sur le mont Sinaï... » Le deuxième chapitre débute en posant la question : « quel chemin l’homme devrait-il choisir ? ». Le Rabbi souligne que le premier chapitre commence par quelque chose qui a été imposé d’En Haut : Moché reçut la Torah de D.ieu au Sinaï et la transmit aux générations futures de Sages et de dirigeants. Le résultat en est que si quelqu’un est élevé dans un environnement juif traditionnel, il mémorise une bonne quantité de pratiques et d’enseignements juifs pour sa vie quotidienne. Cela vient « d’En Haut », il ne les a pas choisis lui-même.
Par contre, poursuit le Rabbi, le second chapitre commence par l’idée du choix. Les hommes choisissent d’eux-mêmes et cela leur donne une relation plus profonde avec leur identité juive.
En fait, nous avons besoin de ces deux aspects. Nous avons besoin d’être enrichis le plus possible par la chaîne de traditions, par l’environnement juif, l’ambiance familiale et l’éducation qui font de nous un modèle juif. Puis vient la seconde étape, celle de notre propre choix, de la reconnaissance personnelle de notre identité et de notre relation avec la Torah.
On peut se demander si cette prise de conscience survient toujours. Chaque Juif trouve-t-il obligatoirement sa véritable identité dans le Judaïsme ? Le commentaire du Talmud sur l’ouverture de notre Paracha, à propos de la grossesse et de la naissance, nous éclaire sur ce point.
Le Talmud affirme que lorsqu’une femme est enceinte, l’enfant à naître étudie toute la Torah. Quand il naît, « un ange frappe l’enfant sur sa lèvre supérieure » afin qu’il oublie tout. Cela signifie que très loin dans les profondeurs de sa conscience, l’enfant garde enfouie en lui toute la Torah.
Chaque Juif, homme ou femme, possède ce niveau profond de connaissance et de reconnaissance. La vie est un processus de « souvenir » et les modèles imposés d’En haut, nous « forçant » à pénétrer dans le mode de vie juive suscitent en fait notre reconnaissance profonde et notre propre choix d’être un Juif vivant.
LA NAISSANCE ET LA RENAISSANCE
Les deux thèmes de la Paracha, la naissance et la renaissance correspondent également à la période de notre calendrier juif.
Nous l’avons vu, la Paracha commence par les lois concernant une femme qui a conçu et donné naissance à un enfant. Les cérémonies entourant cet événement important et l’idée que la Brit Mila, l’Alliance de la circoncision, conduit l’enfant dans son lien particulier avec D.ieu, y sont ici expliquées. Nos Sages nous disent qu’une fille est considérée comme étant née circoncise. Ainsi chaque Juif apparaît-il au monde avec une...