Le Recit De La Semaine Des Dettes Moi Jamais
Mosaic Express | February 21, 2026
Print This Article
View Original PDF

Le Recit De La Semaine Des Dettes Moi Jamais

Mosaic Express | February 21, 2026

Avraham Rotenberg était un ‘Hassid de Gour ; il n’était pas Loubavitch mais, après son mariage, il partit habiter quelques années dans une maison appartenant à la grand-mère de son épouse, dans le quartier de Crown Heights à Brooklyn. Il lui arrivait souvent d’aller compléter un Minyane (prière nécessitant la présence de dix Juifs) car la communauté n’était pas très grande à l’époque ou même d’assister aux réunions ‘hassidiques dans la grande synagogue Loubavitch du 770 Eastern Parkway à Brooklyn. Il comprenait le yiddish et pouvait donc apprécier pleinement les discours du Rabbi.

Un jour, il assista à un incident qui l’impressionna profondément. Durant l’une de ces réunions en été, alors qu’à cause des vacances et de la chaleur suffocante, il n’y avait que très peu de monde dans la synagogue, un des épiciers bien connus du quartier, Yankel Lipsker s’était approché du Rabbi et avait demandé une bénédiction pour un de ses amis qui traversait une période difficile : il était criblé de dettes. Le Rabbi était connu pour son grand amour du prochain et Yankel était persuadé que le Rabbi donnerait instantanément sa bénédiction pour aider son ami à se sortir de cette situation fâcheuse. Mais, à son grand étonnement, le Rabbi haussa le ton et remarqua : « Pourquoi s’est-il endetté ? Pourquoi ne se suffit-il pas de son salaire ? Pourquoi a-t-il emprunté de l’argent ? Pourquoi ne se contente-t-il pas de ce que D.ieu lui donne directement ? ».

Avraham Rotenberg entendit parfaitement cette conversation et, conformément à l’enseignement du Baal Chem Tov comme quoi, puisqu’il avait assisté à cela, il devait en prendre une leçon, il réfléchit. En rentrant chez lui, il en discuta avec son épouse et tous deux décidèrent que, puisqu’ils étaient au début de leur vie commune, ils partiraient d’un bon pied et ne contracteraient jamais d’emprunt. Il travaillait, elle travaillait et, bien qu’ils ne soient vraiment pas riches, réussiraient à élever dignement leurs nombreux enfants sans jamais emprunter d’argent.

Ils habitaient maintenant à Bné Brak en Israël. Arriva le moment tant attendu du mariage de leur premier enfant, puis du deuxième, du troisième... Pour le sixième, il ne leur restait vraiment plus un sou et tous leurs amis leur conseillèrent d’agir comme tout le monde dans le pays : emprunter. « Pas question ! Je me suis promis de ne jamais emprunter ! ».

Mais son compte en banque était vidé par les mariages précédents et il ne voyait même pas comment payer à l’avance le car qui devait amener les amis de son fils invités au mariage sans compter, les fleurs, l’orchestre, le photographe... Au matin, il accompagna son fils prier à la petite synagogue des ‘Hassidim de Gour sur la rue Ben Zakaï : comme c’est la coutume chez ces ‘Hassidim, le fiancé portait déjà le Spodek, le haut chapeau en fourrure que d’autres ne portent qu’à partir du moment du mariage proprement dit. Perdu dans ses soucis, il fut cependant étonné qu’un ‘Hassid de Loubavitch qu’il ne connaissait pas l’aborde.

Il s’agissait de Rav Moché Yaroslavsky qui lui annonça tout de go :

- Je vois que ton fils va se marier aujourd’hui puisqu’il porte le Spodek et j’ai une enveloppe pour toi !

- Une enveloppe ? Pour moi ? Mais je ne vous connais pas !

- Voilà ! Je reviens à l’instant de New York. Dès que je suis sorti de l’aéroport, je suis allé m’immerger dans le Mikvé (bain rituel) pour me purifier et maintenant je vais prier. Il y a deux jours, je suis entré en Ye’hidout (entrevue privée) chez le Rabbi et, à la fin de l’entretien, il a sorti de son tiroir une enveloppe remplie de billets en me recommandant que, dès mon arrivée en Terre sainte, je la remette à un Juif qui marierait son fils le jour-même ! En voyant que ton fils portait le Spodek, j’ai compris qu’il se mariait aujourd’hui et je te remets donc l’enveloppe du Rabbi !

Rav Rotenberg dansa à ce mariage comme il n’avait jamais dansé de sa vie : non seulement parce qu’il pouvait s’acquitter de toutes les dépenses mais parce qu’il savait que D.ieu dansait avec lui !

Rav Shneor Ashkenazi
Traduits par Feiga Lubecki

Avraham Rotenberg était un ‘Hassid de Gour ; il n’était pas Loubavitch mais, après son mariage, il partit habiter quelques années dans une maison appartenant à la grand-mère de son épouse, dans le quartier de Crown Heights à Brooklyn. Il lui arrivait souvent d’aller compléter un Minyane (prière nécessitant la présence de dix Juifs) car la communauté n’était pas très grande à l’époque ou même d’assister aux réunions ‘hassidiques dans la grande synagogue Loubavitch du 770 Eastern Parkway à Brooklyn. Il comprenait le yiddish et pouvait donc apprécier pleinement les discours du Rabbi.

Un jour, il assista à un incident qui l’impressionna profondément. Durant l’une de ces réunions en été, alors qu’à cause des vacances et de la chaleur suffocante, il n’y avait que très peu de monde dans la synagogue, un des épiciers bien connus du quartier, Yankel Lipsker s’était approché du Rabbi et avait demandé une bénédiction pour un de ses amis qui traversait une période difficile : il était criblé de dettes. Le Rabbi était connu pour son grand amour du prochain et Yankel était persuadé que le Rabbi donnerait instantanément sa bénédiction pour aider son ami à se sortir de cette situation fâcheuse. Mais, à son grand étonnement, le Rabbi haussa le ton et remarqua : « Pourquoi s’est-il endetté ? Pourquoi ne se suffit-il pas de son salaire ? Pourquoi a-t-il emprunté de l’argent ? Pourquoi ne se contente-t-il pas de ce que D.ieu lui donne directement ? ».

Avraham Rotenberg entendit parfaitement cette conversation et, conformément à l’enseignement du Baal Chem Tov comme quoi, puisqu’il avait assisté à cela, il devait en prendre une leçon, il réfléchit. En rentrant chez lui, il en discuta avec son épouse et tous deux décidèrent que, puisqu’ils étaient au début de leur vie commune, ils partiraient d’un bon pied et ne contracteraient jamais d’emprunt. Il travaillait, elle travaillait et, bien qu’ils ne soient vraiment pas riches, réussiraient à élever dignement leurs nombreux enfants sans jamais emprunter d’argent.

Ils habitaient maintenant à Bné Brak en Israël. Arriva le moment tant attendu du mariage de leur premier enfant, puis du deuxième, du troisième... Pour le sixième, il ne leur restait vraiment plus un sou et tous leurs amis leur conseillèrent d’agir comme tout le monde dans le pays : emprunter. « Pas question ! Je me suis promis de ne jamais emprunter ! ».

Mais son compte en banque était vidé par les mariages précédents et il ne voyait même pas comment payer à l’avance le car qui devait amener les amis de son fils invités au mariage sans compter, les fleurs, l’orchestre, le photographe... Au matin, il accompagna son fils prier à la petite synagogue des ‘Hassidim de Gour sur la rue Ben Zakaï : comme c’est la coutume chez ces ‘Hassidim, le fiancé portait déjà le Spodek, le haut chapeau en fourrure que d’autres ne portent qu’à partir du moment du mariage proprement dit. Perdu dans ses soucis, il fut cependant étonné qu’un ‘Hassid de Loubavitch qu’il ne connaissait pas l’aborde.

Il s’agissait de Rav Moché Yaroslavsky qui lui annonça tout de go :

- Je vois que ton fils va se marier aujourd’hui puisqu’il porte le Spodek et j’ai une enveloppe pour toi !

- Une enveloppe ? Pour moi ? Mais je ne vous connais pas !

- Voilà ! Je reviens à l’instant de New York. Dès que je suis sorti de l’aéroport, je suis allé m’immerger dans le Mikvé (bain rituel) pour me purifier et maintenant je vais prier. Il y a deux jours, je suis entré en Ye’hidout (entrevue privée) chez le Rabbi et, à la fin de l’entretien, il a sorti de son tiroir une enveloppe remplie de billets en me recommandant que, dès mon arrivée en Terre sainte, je la remette à un Juif qui marierait son fils le jour-même ! En voyant que ton fils portait le Spodek, j’ai compris qu’il se mariait aujourd’hui et je te remets donc l’enveloppe du Rabbi !

Rav Rotenberg dansa à ce mariage comme il n’avait jamais dansé de sa vie : non seulement parce qu’il pouvait s’acquitter de toutes les dépenses mais parce qu’il savait que D.ieu dansait avec lui !

Rav Shneor Ashkenazi
Traduits par Feiga Lubecki

PDF Preview