Vivre Avec La Paracha La Sidra De La Semaine Teroumah
Mosaic Express | February 21, 2026
Print This Article
View Original PDF

Vivre Avec La Paracha La Sidra De La Semaine Teroumah

Mosaic Express | February 21, 2026

TEROUMA

Il est rappelé au Peuple d’Israël les treize matériaux qu’ils doivent apporter en contribution : de l’or, de l’argent et du cuivre ; de la laine teinte en rouge, bleu, violet ; du lin, des poils de chèvre, des peaux animales, du bois, de l’huile d’olive, des épices et des pierres précieuses, à partir desquels, dit D.ieu à Moché, « ils Me feront un Sanctuaire et Je résiderai parmi eux ».

Moché reçoit, au sommet du Mont Sinaï, les instructions détaillées sur la façon de construire cette résidence pour D.ieu, de manière à ce qu’elle puisse être immédiatement démontée, transportée et réassemblée, au cours du voyage du peuple dans le désert.

Dans la chambre la plus intérieure du Sanctuaire, derrière un rideau tissé avec art, se trouvait l’Arche contenant les Tables de la Loi, gravées des Dix Commandements. Sur le couvercle de l’Arche, se tenaient deux anges enlacés, en or pur. Dans la chambre extérieure, s’élevait la Menorah à sept branches et était dressée la table sur laquelle étaient disposés « les pains de proposition ».

Les trois murs du Sanctuaire étaient fixés à partir de quarante-huit planches de bois. Chacune d’elles était plaquée d’or et soutenue par une paire de socles en argent. Le toit était constitué de trois couvertures : a) des tapisseries de lin et de laine multicolores, b) une couverture de poils de chèvre, c) une couverture de peaux de taureau et de Ta’hach.

Devant le Sanctuaire était tendu un écran brodé, tenu par cinq piliers. Autour du Sanctuaire et de l’autel de cuivre, placé devant, des rideaux de lin pendaient, soutenus par soixante piliers de bois, avec des crochets et des garnitures en argent, renforcés par des piquets en cuivre.

POURQUOI UN SANCTUAIRE ?

La lecture de la Torah de cette semaine met en lumière le commandement divin : « Construisez- Moi un Sanctuaire, et J’y résiderai ». Ce commandement soulève certaines questions. En effet, d’autres religions accordent une importance fondamentale à un lieu sacré où l’on prie et accomplit des rites rapprochant le fidèle de D.ieu.

Le Judaïsme, en revanche, repose sur un système de valeurs distinct. S’appuyant sur le verset : « Reconnais D.ieu dans toutes tes voies », nos Sages affirment que « c’est un court verset dont dépend toute la Torah ». En effet, l’essentiel du Judaïsme ne se concentre pas uniquement sur la prière ou le culte, mais plutôt sur une conduite quotidienne conforme à la Volonté divine. C’est pourquoi le Talmud et les écrits rabbiniques ultérieurs consacrent la majeure partie de leurs textes aux lois monétaires, aux relations familiales et à l’agriculture. Plutôt que mettre une plus grande emphase sur les rites effectués dans des lieux sacrés, le Judaïsme est une religion ancrée dans la vie quotidienne, invitant D.ieu à s’insérer dans les détails ordinaires de notre existence et démontrant comment ceux-ci peuvent être vécus en harmonie avec ses préceptes. Ainsi, quelle que soit la situation ou l’activité d’un individu, il peut servir D.ieu.

Telle est la signification profonde des mots « D.ieu est Un » dans le Chema : non seulement il n’existe qu’un seul D.ieu, mais D.ieu est uni à chaque aspect de l’existence. La loi juive énonce des directives qui nous permettent d’exprimer cette unité en vivant notre vie en relation avec Lui.

Dès lors, pourquoi un Sanctuaire est-il nécessaire ? Si « toute la terre est remplie de Sa gloire » et que nous pouvons nous relier à Lui en toute circonstance, pourquoi doit-il exister un lieu spécial désigné comme Son Sanctuaire ?

Ces questions peuvent être abordées en se concentrant sur un verset de notre liturgie qui exprime notre regret de ne pas avoir l’opportunité de « monter, paraître et nous prosterner devant Toi ». Certes, il est vrai que nous ne pouvons pas accéder au Mont du Temple ni nous tenir devant la présence révélée de D.ieu, mais pourquoi ne pourrions- nous pas nous incliner devant Lui ?

En réalité, nos prières évoquent une manière radicalement différente de se prosterner. Lorsqu’un Juif se rendait au Temple, il ne choisissait pas de s’incliner en signe d’hommage envers D.ieu par simple volonté. Il s’inclinait parce qu’il n’avait pas d’autre alternative. Sa conscience divine était si intense et écrasante qu’elle le faisait littéralement tomber à terre. Il ne pouvait plus rester debout ; il se prosternait alors, perdant toute conscience de son identité personnelle.

Par la suite, lorsqu’il retournait chez lui, il n’était plus la même personne. Le contact direct avec D.ieu qu’il avait expérimenté à Yerouchalayim l’inspirait à intégrer la Divinité dans sa vie quotidienne. Cependant, cette influence ne perdurait pas indéfiniment. C’est pourquoi la Torah nous ordonne d’effectuer un pèlerinage à Yerouchalayim au moins trois fois par an.

L’objectif de la Torah ne réside pas dans le fait de rester dans le Temple. En effet, le dessein de la création n’est pas que nous soyons submergés par la Divinité. Au contraire, son but premier est le service : il s’agit de rendre le monde divin en nous engageant pleinement dans tous les aspects de l’expérience mondaine et en exprimant la divinité au sein de ces sphères. Afin de faciliter cette démarche, un lieu unique a été établi où la présence divine se manifestait clairement, offrant ainsi à l’individu une source d’inspiration pour insuffler cette divinité dans son vécu ordinaire.

La Torah prescrit donc l’édification d’un Sanctuaire, non pas comme une finalité en soi, mais comme un moyen visant à développer une conscience globale et profonde de la divinité.

C’est pour cette raison que, même à l’époque du Machia’h, lorsque « la terre sera remplie de la connaissance de D.ieu comme les eaux couvrent le fond des océans », le Temple sera reconstruit. En effet, l’un des signes distinctifs permettant d’identifier le Machia’h sera sa capacité à rebâtir cet édifice.

À cette époque, l’unicité de D.ieu se manifestera à travers toute l’existence ; néanmoins, la nature de cette révélation au sein du Temple sera plus puissante et plus saisissante. C’est à partir de ce lieu que nous puiserons l’énergie et la conscience nécessaires pour apprécier la Divinité dans tous les éléments de l’existence.

Il ne s’agit pas uniquement d’une perspective futuriste. Le prophète Ézékiel qualifie l’étude de la structure du Temple comme une « construction de la Maison de D.ieu », et plusieurs figures majeures du Judaïsme ont appelé à renforcer l’étude de ce sujet en notre temps, bien qu’il n’existe aucune possibilité concrète de reconstruire effectivement cet édifice. Car lorsqu’une personne étudie ce qui concerne le Temple, elle dépasse l’apprentissage d’une simple structure historique datant de plusieurs siècles : elle participe spirituellement à son édification et agit ainsi comme un catalyseur favorisant sa révélation dans le monde. De surcroît, il ne s’agit pas seulement d’un espoir lointain, mais bien d’une anticipation d’une réalité qui va se dévoiler de façon imminente.

TEROUMA

Il est rappelé au Peuple d’Israël les treize matériaux qu’ils doivent apporter en contribution : de l’or, de l’argent et du cuivre ; de la laine teinte en rouge, bleu, violet ; du lin, des poils de chèvre, des peaux animales, du bois, de l’huile d’olive, des épices et des pierres précieuses, à partir desquels, dit D.ieu à Moché, « ils Me feront un Sanctuaire et Je résiderai parmi eux ».

Moché reçoit, au sommet du Mont Sinaï, les instructions détaillées sur la façon de construire cette résidence pour D.ieu, de manière à ce qu’elle puisse être immédiatement démontée, transportée et réassemblée, au cours du voyage du peuple dans le désert.

Dans la chambre la plus intérieure du Sanctuaire, derrière un rideau tissé avec art, se trouvait l’Arche contenant les Tables de la Loi, gravées des Dix Commandements. Sur le couvercle de l’Arche, se tenaient deux anges enlacés, en or pur. Dans la chambre extérieure, s’élevait la Menorah à sept branches et était dressée la table sur laquelle étaient disposés « les pains de proposition ».

Les trois murs du Sanctuaire étaient fixés à partir de quarante-huit planches de bois. Chacune d’elles était plaquée d’or et soutenue par une paire de socles en argent. Le toit était constitué de trois couvertures : a) des tapisseries de lin et de laine multicolores, b) une couverture de poils de chèvre, c) une couverture de peaux de taureau et de Ta’hach.

Devant le Sanctuaire était tendu un écran brodé, tenu par cinq piliers. Autour du Sanctuaire et de l’autel de cuivre, placé devant, des rideaux de lin pendaient, soutenus par soixante piliers de bois, avec des crochets et des garnitures en argent, renforcés par des piquets en cuivre.

POURQUOI UN SANCTUAIRE ?

La lecture de la Torah de cette semaine met en lumière le commandement divin : « Construisez- Moi un Sanctuaire, et J’y résiderai ». Ce commandement soulève certaines questions. En effet, d’autres religions accordent une importance fondamentale à un lieu sacré où l’on prie et accomplit des rites rapprochant le fidèle de D.ieu.

Le Judaïsme, en revanche, repose sur un système de valeurs distinct. S’appuyant sur le verset : « Reconnais D.ieu dans toutes tes voies », nos Sages affirment que « c’est un court verset dont dépend toute la Torah ». En effet, l’essentiel du Judaïsme ne se concentre pas uniquement sur la prière ou le culte, mais plutôt sur une conduite quotidienne conforme à la Volonté divine. C’est pourquoi le Talmud et les écrits rabbiniques ultérieurs consacrent la majeure partie de leurs textes aux lois monétaires, aux relations familiales et à l’agriculture. Plutôt que mettre une plus grande emphase sur les rites effectués dans des lieux sacrés, le Judaïsme est une religion ancrée dans la vie quotidienne, invitant D.ieu à s’insérer dans les détails ordinaires de notre existence et démontrant comment ceux-ci peuvent être vécus en harmonie avec ses préceptes. Ainsi, quelle que soit la situation ou l’activité d’un individu, il peut servir D.ieu.

Telle est la signification profonde des mots « D.ieu est Un » dans le Chema : non seulement il n’existe qu’un seul D.ieu, mais D.ieu est uni à chaque aspect de l’existence. La loi juive énonce des directives qui nous permettent d’exprimer cette unité en vivant notre vie en relation avec Lui.

Dès lors, pourquoi un Sanctuaire est-il nécessaire ? Si « toute la terre est remplie de Sa gloire » et que nous pouvons nous relier à Lui en toute circonstance, pourquoi doit-il exister un lieu spécial désigné comme Son Sanctuaire ?

Ces questions peuvent être abordées en se concentrant sur un verset de notre liturgie qui exprime notre regret de ne pas avoir l’opportunité de « monter, paraître et nous prosterner devant Toi ». Certes, il est vrai que nous ne pouvons pas accéder au Mont du Temple ni nous tenir devant la présence révélée de D.ieu, mais pourquoi ne pourrions- nous pas nous incliner devant Lui ?

En réalité, nos prières évoquent une manière radicalement différente de se prosterner. Lorsqu’un Juif se rendait au Temple, il ne choisissait pas de s’incliner en signe d’hommage envers D.ieu par simple volonté. Il s’inclinait parce qu’il n’avait pas d’autre alternative. Sa conscience divine était si intense et écrasante qu’elle le faisait littéralement tomber à terre. Il ne pouvait plus rester debout ; il se prosternait alors, perdant toute conscience de son identité personnelle.

Par la suite, lorsqu’il retournait chez lui, il n’était plus la même personne. Le contact direct avec D.ieu qu’il avait expérimenté à Yerouchalayim l’inspirait à intégrer la Divinité dans sa vie quotidienne. Cependant, cette influence ne perdurait pas indéfiniment. C’est pourquoi la Torah nous ordonne d’effectuer un pèlerinage à Yerouchalayim au moins trois fois par an.

L’objectif de la Torah ne réside pas dans le fait de rester dans le Temple. En effet, le dessein de la création n’est pas que nous soyons submergés par la Divinité. Au contraire, son but premier est le service : il s’agit de rendre le monde divin en nous engageant pleinement dans tous les aspects de l’expérience mondaine et en exprimant la divinité au sein de ces sphères. Afin de faciliter cette démarche, un lieu unique a été établi où la présence divine se manifestait clairement, offrant ainsi à l’individu une source d’inspiration pour insuffler cette divinité dans son vécu ordinaire.

La Torah prescrit donc l’édification d’un Sanctuaire, non pas comme une finalité en soi, mais comme un moyen visant à développer une conscience globale et profonde de la divinité.

C’est pour cette raison que, même à l’époque du Machia’h, lorsque « la terre sera remplie de la connaissance de D.ieu comme les eaux couvrent le fond des océans », le Temple sera reconstruit. En effet, l’un des signes distinctifs permettant d’identifier le Machia’h sera sa capacité à rebâtir cet édifice.

À cette époque, l’unicité de D.ieu se manifestera à travers toute l’existence ; néanmoins, la nature de cette révélation au sein du Temple sera plus puissante et plus saisissante. C’est à partir de ce lieu que nous puiserons l’énergie et la conscience nécessaires pour apprécier la Divinité dans tous les éléments de l’existence.

Il ne s’agit pas uniquement d’une perspective futuriste. Le prophète Ézékiel qualifie l’étude de la structure du Temple comme une « construction de la Maison de D.ieu », et plusieurs figures majeures du Judaïsme ont appelé à renforcer l’étude de ce sujet en notre temps, bien qu’il n’existe aucune possibilité concrète de reconstruire effectivement cet édifice. Car lorsqu’une personne étudie ce qui concerne le Temple, elle dépasse l’apprentissage d’une simple structure historique datant de plusieurs siècles : elle participe spirituellement à son édification et agit ainsi comme un catalyseur favorisant sa révélation dans le monde. De surcroît, il ne s’agit pas seulement d’un espoir lointain, mais bien d’une anticipation d’une réalité qui va se dévoiler de façon imminente.

PDF Preview