Le Récit de la Semaine Le Lion et le Chien
Mosaic Express | February 28, 2026
Print This Article
View Original PDF

Le Récit de la Semaine Le Lion et le Chien

Mosaic Express | February 28, 2026

LE RECIT DE LA SEMAINE

LE LION ET LE CHIEN

torturés, exilés en Sibérie ou même exécutés. La cause officielle de son arrestation était une phrase que ‘Hakham Yaakov avait prononcée devant un de ses élèves : sur la grande place de la ville, des ouvriers avaient déboulonné la statue de Lénine pour ériger à sa place une statue de Staline (autant préciser que ni l’un ni l’autre de ces dirigeants n’était apprécié, ni par les Juifs ni par les non-Juifs encore imprégnés de la morale la plus élémentaire). ‘Hakham Yaakov avait alors simplement commenté la situation avec le verset : « Le chien vivant vaut mieux que le lion mort ». Son élève avait éclaté de rire et, le lendemain, alors qu’il assistait à une Brit Mila clandestine, il avait répété ce bon mot devant des amis. Il ignorait que, parmi l’assistance, se trouvait un espion du KGB qui s’empressa de rapporter à ses supérieurs que le ‘Hakham avait osé qualifier Staline de chien et Lénine de lion !

Donc appelé pour un deuxième interrogatoire cette nuit de Pourim, ‘Hakham Yaakov se traîna avec peine le long des couloirs pour arriver dans la pièce où l’attendaient des officiers qui lui enjoignirent de reconnaître les « crimes » dont on l’accusait. Il refusa. L’un des hommes lui ordonna de s’approcher de la chaudière et, le choc thermique entre le froid glacial de sa cellule et les flammes ardentes fut si intense qu’il s’évanouit. On appela un médecin qui le ranima, on le réveilla avec des seaux d’eau puis l’interrogatoire reprit. A la grande surprise des officiers, ‘Hakham Yaakov demanda à raconter une histoire :

Un jour, des non-Juifs accusèrent leurs voisins juifs d’avoir tué un enfant chrétien pour utiliser son sang dans la fabrication des Matsot de Pessa’h (ce qu’on appelait le « crime rituel »). A la suite de cela, le rabbin et d’autres notables furent arrêtés et torturés. Le rabbin qui était déjà vieux ne put supporter les souffrances et « avoua » tout ce qu’on voulait. Les juges le battirent autant que vous m’avez battu - et, en racontant cela, ‘Hakham Yaakov montra ses mollets couverts de blessures afin que les officiers constatent la cruauté des bourreaux : effectivement, les officiers eurent un haut-le-cœur en constatant l’ampleur des coups qu’il avait reçus. Le roi ordonna de punir tous les « coupables » de façon ignoble et de les tuer. Il se « dévoua » même pour donner le premier coup mais soudain, il subit une crise cardiaque et s’écroula. Quand il reprit ses esprits, il comprit que D.ieu protégeait Ses enfants et ordonna de reprendre tout le procès à zéro. Bien entendu, la vérité émergea alors et les accusés furent libérés ».

Les officiers soviétiques avaient écouté attentivement son histoire et avaient compris l’allusion. Mais l’un d’entre eux sourit de façon sarcastique : « Alors pourquoi ton D.ieu ne punit-Il pas le soldat qui t’a frappé ainsi ? ».

S’attendant à cette question, ‘Hakham Yaakov ne sourcilla point : « Personnellement, je ne mérite pas qu’un tel miracle m’arrive comme à ce rabbin. Mais il est évident pour moi que D.ieu saura comment punir ce cruel personnage ! ».

L’interrogatoire était achevé et il fut ramené dans sa cellule.

Le lendemain, il entendit le bruit familier des clés dans la serrure mais cette fois, à sa grande surprise, on l’amena avec déférence dans une pièce propre : on le fit asseoir à une table chargée de fruits et de pain, des délices auxquels aucun prisonnier n’avait droit évidemment. Il remarqua

LE RECIT DE LA SEMAINE

LE LION ET LE CHIEN

torturés, exilés en Sibérie ou même exécutés. La cause officielle de son arrestation était une phrase que ‘Hakham Yaakov avait prononcée devant un de ses élèves : sur la grande place de la ville, des ouvriers avaient déboulonné la statue de Lénine pour ériger à sa place une statue de Staline (autant préciser que ni l’un ni l’autre de ces dirigeants n’était apprécié, ni par les Juifs ni par les non-Juifs encore imprégnés de la morale la plus élémentaire). ‘Hakham Yaakov avait alors simplement commenté la situation avec le verset : « Le chien vivant vaut mieux que le lion mort ». Son élève avait éclaté de rire et, le lendemain, alors qu’il assistait à une Brit Mila clandestine, il avait répété ce bon mot devant des amis. Il ignorait que, parmi l’assistance, se trouvait un espion du KGB qui s’empressa de rapporter à ses supérieurs que le ‘Hakham avait osé qualifier Staline de chien et Lénine de lion !

Donc appelé pour un deuxième interrogatoire cette nuit de Pourim, ‘Hakham Yaakov se traîna avec peine le long des couloirs pour arriver dans la pièce où l’attendaient des officiers qui lui enjoignirent de reconnaître les « crimes » dont on l’accusait. Il refusa. L’un des hommes lui ordonna de s’approcher de la chaudière et, le choc thermique entre le froid glacial de sa cellule et les flammes ardentes fut si intense qu’il s’évanouit. On appela un médecin qui le ranima, on le réveilla avec des seaux d’eau puis l’interrogatoire reprit. A la grande surprise des officiers, ‘Hakham Yaakov demanda à raconter une histoire :

Un jour, des non-Juifs accusèrent leurs voisins juifs d’avoir tué un enfant chrétien pour utiliser son sang dans la fabrication des Matsot de Pessa’h (ce qu’on appelait le « crime rituel »). A la suite de cela, le rabbin et d’autres notables furent arrêtés et torturés. Le rabbin qui était déjà vieux ne put supporter les souffrances et « avoua » tout ce qu’on voulait. Les juges le battirent autant que vous m’avez battu - et, en racontant cela, ‘Hakham Yaakov montra ses mollets couverts de blessures afin que les officiers constatent la cruauté des bourreaux : effectivement, les officiers eurent un haut-le-cœur en constatant l’ampleur des coups qu’il avait reçus. Le roi ordonna de punir tous les « coupables » de façon ignoble et de les tuer. Il se « dévoua » même pour donner le premier coup mais soudain, il subit une crise cardiaque et s’écroula. Quand il reprit ses esprits, il comprit que D.ieu protégeait Ses enfants et ordonna de reprendre tout le procès à zéro. Bien entendu, la vérité émergea alors et les accusés furent libérés ».

Les officiers soviétiques avaient écouté attentivement son histoire et avaient compris l’allusion. Mais l’un d’entre eux sourit de façon sarcastique : « Alors pourquoi ton D.ieu ne punit-Il pas le soldat qui t’a frappé ainsi ? ».

S’attendant à cette question, ‘Hakham Yaakov ne sourcilla point : « Personnellement, je ne mérite pas qu’un tel miracle m’arrive comme à ce rabbin. Mais il est évident pour moi que D.ieu saura comment punir ce cruel personnage ! ».

L’interrogatoire était achevé et il fut ramené dans sa cellule.

Le lendemain, il entendit le bruit familier des clés dans la serrure mais cette fois, à sa grande surprise, on l’amena avec déférence dans une pièce propre : on le fit asseoir à une table chargée de fruits et de pain, des délices auxquels aucun prisonnier n’avait droit évidemment. Il remarqua

PDF Preview