Depuis que la guerre a éclaté, je ne suis pas rentré très souvent chez moi. Certaines visites n’ont duré que 10 heures, d’autres un jour entier, un vrai luxe. J’ai une fois reçu une permission un vendredi après-midi. Tout en conduisant ma voiture, je m’inquiétais : allais- je arriver à temps avant Chabbat ?
Même quand j’approchais de ma maison, je pensais à retourner à la base. Le fait est qu’une fois que le soleil s’est couché, je n’ai plus le droit de conduire en direction de la maison car ce serait déjà Chabbat. Par contre, si je devais être appelé à la base, je n’aurais aucun problème à conduire en ce jour sacré car, dans ce cas, je serais sur le terrain des opérations militaires et je sauverais peut-être des vies – ce qui est plus important que de respecter Chabbat : « transgresse pour un blessé ou un malade un Chabbat afin qu’il puisse en respecter de nombreux autres par la suite ». Le paradoxe est étrange : la maison ou la base... Finalement je suis arrivé à la maison à l’heure : ma femme n’avait pas prévenu les enfants de ma visite éventuelle afin de leur réserver la surprise ou peut-être leur éviter la déception au cas où... Comment décrire la joie de mes enfants ? Ce sont de tels petits baisers de la Providence divine qui me donnent la force de continuer.
Nombre de nos hommes qui se considèrent comme « non-religieux » se sont engagés à porter des Tsitsits. L’un d’entre eux a une fois été atteint par un grand débris de missile qui s’est emmêlé dans les fils des Tsitsits et il n’a même pas été blessé ! Ce genre de miracles est tellement fréquent qu’on n’y prête presque plus attention !
Encore plus remarquable : à un moment donné, il nous a semblé qu’un de nos tanks avait été touché par un tir du Hamas. Depuis notre centre de commandement, nous avons constaté avec effroi qu’il n’y avait plus de communication et qu’une très forte chaleur s’en dégageait. Vous pouvez imaginer notre frayeur et notre angoisse.
Une heure plus tard, le contact radio a été rétabli : tout allait bien. Que s’était-il passé ? De fait, le missile envoyé contre le tank n’avait heurté qu’un arbre – et il n’y a que très peu d’arbres à Gaza. La chaleur que nous avions remarquée provenait juste de l’arbre en feu... L’arbre était carbonisé mais nos hommes étaient en bonne santé.
Notre unité possède un Séfer Torah dans lequel nous lisons régulièrement la Paracha. Comment est-il parvenu jusqu’à Gaza ? Nous l’avons obtenu d’une autre unité qui était entrée dans l’enclave avant nous.
Avant que n’éclate la guerre, la famille d’un des hommes avait commandé un Séfer Torah mais hésitait quant à la synagogue à laquelle l’offrir. Une semaine avant la guerre, la sœur de cet homme fit un cauchemar : son frère était appelé pour la guerre. Elle suggéra alors que ce Séfer Torah soit affecté à son unité militaire. Puis le terrible pogrome se produisit à Sim’hat Torah le 7 octobre. Quand l’homme fut mobilisé, il emporta avec lui le Séfer Torah ; quand ses camarades notèrent qu’il y avait un Séfer Torah dans leurs bagages, leurs yeux s’illuminèrent et ils purent l’utiliser entre deux missions. Ils ne cessent de le contempler, de le toucher respectueusement, de l’embrasser les yeux fermés.
Le Récit de la Semaine
Chaque vendredi après-midi, des centaines de soldats se rassemblent pour un gigantesque Kabbalat Chabbat, l’accueil de la sainteté du Chabbat, en chantant et en dansant : tous écoutent respectueusement le Kiddouch, tous ! Même ceux qui ne sont pas pratiquants chez eux mangent les plats qui ont été cuits avant Chabbat, ils sont conscients qu’ils font partie du Peuple juif et que nous sommes tous concernés par cette guerre. Et, bien sûr, toute la nourriture est cachère. Ce ne sont que du riz et des pâtes mais c’est cachère et préparé selon les lois du Chabbat.
L’armée nous fournit des rations mais combien de temps peut-on se contenter de conserves de thon et de ‘Houmous ? Alors les gars se mettent à cuisiner en utilisant les plaques de cuisson et les casseroles qu’ils trouvent sur place, à Gaza. Par radio, je leur indique comment cachériser les ustensiles et les plaques. Si un des soldats tient à un standard plus élevé de cacherout, tout le bataillon agit de même ! Plusieurs fois, on m’a demandé : « Rabbin ! Comment abattre un mouton pour qu’il soit cachère ? » J’ai répondu : « Très simple ! Assied-toi, passe une année à étudier les lois et à les pratiquer puis tu pourras savourer ta côtelette d’agneau ! ».
Ce ne sont que de petits exemples de ce qui se passe sur le terrain et, peut-être qu’un jour, je pourrais raconter davantage. Continuez de prier pour moi, Eliézer Chnéour Zalman Halevi ben Sarah, ainsi que pour les captifs et tous les soldats partis les délivrer au péril de leur vie !
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Ezzy Morgenstern - Chabad.org
Traduit par Feiga Lubecki
