Vivre Avec La Paracha Tétsavé
Mosaic Express | February 28, 2026
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Vivre Avec La Paracha Tétsavé

Mosaic Express | February 28, 2026

LA SIDRA DE LA SEMAINE

TÉTSAVÉ

11 ADAR 5786
28 FEVRIER 2026

« Moché est vrai et sa Torah est vérité. » (Talmud Baba Batra 74a)
« Sois parmi les disciples d’Aharon : celui qui aime la paix, poursuit la paix, aime les créatures de D.ieu et les rapproche de la Torah. » (Maximes de nos Pères 1 : 12)

L’histoire de la génération formatrice du peuple juif trace le portrait de Moché comme l’incarnation parfaite du chef d’Israël. C’est lui qui sort les Enfants d’Israël d’Egypte. C’est lui qui reçoit la Torah de D.ieu et l’enseigne au peuple, etc. Mais une lecture plus attentive du récit de la Torah révèle que la conduite d’Israël devait être le résultat d’un double effort : toujours présent aux côtés de Moché est son frère aîné, Aharon.

Quand Moché affronte le Pharaon, c’est avec Aharon, qui joue un rôle majeur dans l’accomplissement des miracles et des plaies qui le forceront à libérer les Juifs.

Quand D.ieu ordonne Sa première Mitsva au Peuple juif, elle est adressée à Moché et Aharon. Quand le peuple se plaint, c’est à Moché et Aharon qu’il adresse ses réclamations ; quand Kora’h défie Moché, c’est également une rébellion (et en fait essentiellement) contre la place.

Ce qui est frappant à propos du duo Moché/Aharon est qu’Aharon n’entre pas dans le moule habituel du « bras droit » ou du « second ». Il n’existe pas non plus une claire distinction des tâches réparties entre les deux frères. S’il est vrai que Moché paraît la figure dominante du récit, Aharon est un partenaire à part entière des événements et des entreprises qui transforment un clan d’esclaves libérés en Peuple de D.ieu. Tout se passe comme si Moché ne pouvait rien accomplir sans Aharon et ce dernier, quant à lui, paraît dépendant de Moché dans l’accomplissement de son rôle.

La construction et le service dans le Tabernacle nous en offrent un exemple. Dans la Paracha Tétsavé, nous lisons la façon dont D.ieu assigne à Aharon et à ses fils la responsabilité de conduire le service dans le Tabernacle : ils doivent représenter le Peuple dans les tentatives pour s’approcher de D.ieu en Lui offrant des sacrifices et en accomplissant les autres services du Sanctuaire. Il semblerait que cela désigne le Sanctuaire comme étant le domaine d’Aharon. Et pourtant, comme cela a été mentionné plus haut, c’est Moché qui doit construire le Tabernacle. Et c’est Moché qui doit initier Aharon à la prêtrise.

Pendant sept jours, Moché doit servir de Cohen (assumant en effet le rôle d’Aharon), offrant les sacrifices apportés par Aharon et ses fils. Le Tabernacle sera de fait le domaine d’Aharon, après les sept jours d’initiation. Seuls lui et ses fils pourront y accomplir le service, mais c’est un domaine qu’ils ne peuvent atteindre qu’en conjonction avec Moché.

LE BAISER

Les versets qui ouvrent notre Paracha offrent un exemple frappant de l’interchangeabilité des rôles de Moché et d’Aharon.

« Et toi (dit D.ieu à Moché) tu commanderas aux enfants d’Israël qu’ils t’apportent de l’huile d’olive pure écrasée pour que la lumière s’élève de la lampe qui brûlera toujours. »

« Dans la Tente d’Assignation, en dehors du Parokhet qui se trouve devant le Témoignage, Aharon et ses fils l’ordonneront du soir au matin devant D.ieu. »

La tâche d’allumer la Menorah revenait à Aharon et à ses fils ; et pourtant l’huile pour l’allumer devait être apportée à Moché.

En fait, c’est dans ces deux versets que réside la clé pour comprendre le partenariat de Moché et d’Aharon dans la direction d’Israël.

Dans Chemot 4 : 27, la Torah décrit une rencontre émouvante des deux frères au pied du Mont Sinaï. Soixante ans plus tôt, jeune homme de vingt ans, Moché avait fui l’Egypte ; maintenant, le berger de 80 ans était sur le chemin de retour de l’Egypte, missionné par D.ieu pour libérer son peuple de l’esclavage.

Et D.ieu dit à Aharon : « va dans le désert à la rencontre de Moché ». Et il y alla et le rencontra au pied de la montagne de D.ieu et il l’embrassa.

Le Midrach décrit de façon plus profonde le baiser des frères :

C’est à cela que se réfère le verset (Psaumes 85 : 11) quand il dit « la bienveillance et la vérité se sont rencontrées, la droiture et la paix se sont embrassées ». La bienveillance, c’est Aharon, la vérité, c’est Moché. La droiture, c’est Moché, la paix, c’est Aharon.

Moché et Aharon avaient la tâche de créer un peuple qui allait servir comme « Lumière de D.ieu pour les nations », qui allait disséminer la sagesse et la Volonté de D.ieu, Sa création. C’est une tâche qui est, par définition, impossible : D.ieu est infini, parfait et absolu ; le monde qu’Il a créé est fini, toujours insatisfait et terriblement instable. Et pourtant, le Juif doit et peut dépasser ce paradoxe, il fait de sa vie un ensemble d’absolus divins basés sur un monde temporel.

Les deux aspects de ce paradoxe s’expriment dans les versets cités ci-dessus du commencement de Tétsavé : le peuple d’Israël est appelé pour « élever une lampe qui brûle sans fin », une lampe éternelle et immuable ; et pourtant cette lampe doit brûler et jeter sa lumière « du soir au matin », au sein même des conditions toujours changeantes du monde temporel dans lequel alternent, se mélangent et se supplantent la lumière et l’obscurité.

C’est ici que se trouvent délimitées les fonctions respectives de Moché et d’Aharon : Moché est la source de « l’huile pure » qui nourrit « la lampe éternelle », Aharon est celui qui introduit la lumière dans la réalité « du soir jusqu’au matin ».

Forger une nation qui dépassera ce paradoxe requiert des « représentants » des diverses forces divines en jeu : d’un côté, les attributs divins de « vérité » et de « justice » d’où émergent la perfection et l’immuabilité de la Torah de D.ieu ; de l’autre, les attributs divins de « paix » et de « bienveillance » d’où jaillissent la diversité et la subjectivité de la création de D.ieu.

Moché, Maître de la Torah et rapporteur de la Sagesse et de la Volonté divines, est la représentation absolue de la perfection et de la vérité. Aharon qui figure l’effort humain pour servir D.ieu en élevant jusqu’à Lui les matériaux de Sa création est le véhicule de la bienveillance et de la paix. Ensemble, ils font le pont entre le Créateur et Sa création et conduisent Israël.

LA SIDRA DE LA SEMAINE

TÉTSAVÉ

11 ADAR 5786
28 FEVRIER 2026

« Moché est vrai et sa Torah est vérité. » (Talmud Baba Batra 74a)
« Sois parmi les disciples d’Aharon : celui qui aime la paix, poursuit la paix, aime les créatures de D.ieu et les rapproche de la Torah. » (Maximes de nos Pères 1 : 12)

L’histoire de la génération formatrice du peuple juif trace le portrait de Moché comme l’incarnation parfaite du chef d’Israël. C’est lui qui sort les Enfants d’Israël d’Egypte. C’est lui qui reçoit la Torah de D.ieu et l’enseigne au peuple, etc. Mais une lecture plus attentive du récit de la Torah révèle que la conduite d’Israël devait être le résultat d’un double effort : toujours présent aux côtés de Moché est son frère aîné, Aharon.

Quand Moché affronte le Pharaon, c’est avec Aharon, qui joue un rôle majeur dans l’accomplissement des miracles et des plaies qui le forceront à libérer les Juifs.

Quand D.ieu ordonne Sa première Mitsva au Peuple juif, elle est adressée à Moché et Aharon. Quand le peuple se plaint, c’est à Moché et Aharon qu’il adresse ses réclamations ; quand Kora’h défie Moché, c’est également une rébellion (et en fait essentiellement) contre la place.

Ce qui est frappant à propos du duo Moché/Aharon est qu’Aharon n’entre pas dans le moule habituel du « bras droit » ou du « second ». Il n’existe pas non plus une claire distinction des tâches réparties entre les deux frères. S’il est vrai que Moché paraît la figure dominante du récit, Aharon est un partenaire à part entière des événements et des entreprises qui transforment un clan d’esclaves libérés en Peuple de D.ieu. Tout se passe comme si Moché ne pouvait rien accomplir sans Aharon et ce dernier, quant à lui, paraît dépendant de Moché dans l’accomplissement de son rôle.

La construction et le service dans le Tabernacle nous en offrent un exemple. Dans la Paracha Tétsavé, nous lisons la façon dont D.ieu assigne à Aharon et à ses fils la responsabilité de conduire le service dans le Tabernacle : ils doivent représenter le Peuple dans les tentatives pour s’approcher de D.ieu en Lui offrant des sacrifices et en accomplissant les autres services du Sanctuaire. Il semblerait que cela désigne le Sanctuaire comme étant le domaine d’Aharon. Et pourtant, comme cela a été mentionné plus haut, c’est Moché qui doit construire le Tabernacle. Et c’est Moché qui doit initier Aharon à la prêtrise.

Pendant sept jours, Moché doit servir de Cohen (assumant en effet le rôle d’Aharon), offrant les sacrifices apportés par Aharon et ses fils. Le Tabernacle sera de fait le domaine d’Aharon, après les sept jours d’initiation. Seuls lui et ses fils pourront y accomplir le service, mais c’est un domaine qu’ils ne peuvent atteindre qu’en conjonction avec Moché.

LE BAISER

Les versets qui ouvrent notre Paracha offrent un exemple frappant de l’interchangeabilité des rôles de Moché et d’Aharon.

« Et toi (dit D.ieu à Moché) tu commanderas aux enfants d’Israël qu’ils t’apportent de l’huile d’olive pure écrasée pour que la lumière s’élève de la lampe qui brûlera toujours. »

« Dans la Tente d’Assignation, en dehors du Parokhet qui se trouve devant le Témoignage, Aharon et ses fils l’ordonneront du soir au matin devant D.ieu. »

La tâche d’allumer la Menorah revenait à Aharon et à ses fils ; et pourtant l’huile pour l’allumer devait être apportée à Moché.

En fait, c’est dans ces deux versets que réside la clé pour comprendre le partenariat de Moché et d’Aharon dans la direction d’Israël.

Dans Chemot 4 : 27, la Torah décrit une rencontre émouvante des deux frères au pied du Mont Sinaï. Soixante ans plus tôt, jeune homme de vingt ans, Moché avait fui l’Egypte ; maintenant, le berger de 80 ans était sur le chemin de retour de l’Egypte, missionné par D.ieu pour libérer son peuple de l’esclavage.

Et D.ieu dit à Aharon : « va dans le désert à la rencontre de Moché ». Et il y alla et le rencontra au pied de la montagne de D.ieu et il l’embrassa.

Le Midrach décrit de façon plus profonde le baiser des frères :

C’est à cela que se réfère le verset (Psaumes 85 : 11) quand il dit « la bienveillance et la vérité se sont rencontrées, la droiture et la paix se sont embrassées ». La bienveillance, c’est Aharon, la vérité, c’est Moché. La droiture, c’est Moché, la paix, c’est Aharon.

Moché et Aharon avaient la tâche de créer un peuple qui allait servir comme « Lumière de D.ieu pour les nations », qui allait disséminer la sagesse et la Volonté de D.ieu, Sa création. C’est une tâche qui est, par définition, impossible : D.ieu est infini, parfait et absolu ; le monde qu’Il a créé est fini, toujours insatisfait et terriblement instable. Et pourtant, le Juif doit et peut dépasser ce paradoxe, il fait de sa vie un ensemble d’absolus divins basés sur un monde temporel.

Les deux aspects de ce paradoxe s’expriment dans les versets cités ci-dessus du commencement de Tétsavé : le peuple d’Israël est appelé pour « élever une lampe qui brûle sans fin », une lampe éternelle et immuable ; et pourtant cette lampe doit brûler et jeter sa lumière « du soir au matin », au sein même des conditions toujours changeantes du monde temporel dans lequel alternent, se mélangent et se supplantent la lumière et l’obscurité.

C’est ici que se trouvent délimitées les fonctions respectives de Moché et d’Aharon : Moché est la source de « l’huile pure » qui nourrit « la lampe éternelle », Aharon est celui qui introduit la lumière dans la réalité « du soir jusqu’au matin ».

Forger une nation qui dépassera ce paradoxe requiert des « représentants » des diverses forces divines en jeu : d’un côté, les attributs divins de « vérité » et de « justice » d’où émergent la perfection et l’immuabilité de la Torah de D.ieu ; de l’autre, les attributs divins de « paix » et de « bienveillance » d’où jaillissent la diversité et la subjectivité de la création de D.ieu.

Moché, Maître de la Torah et rapporteur de la Sagesse et de la Volonté divines, est la représentation absolue de la perfection et de la vérité. Aharon qui figure l’effort humain pour servir D.ieu en élevant jusqu’à Lui les matériaux de Sa création est le véhicule de la bienveillance et de la paix. Ensemble, ils font le pont entre le Créateur et Sa création et conduisent Israël.

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