Les jours du mois de ‘Hechvan se sont écoulés avec une noble lenteur. Ils ont eu cette régularité puissante de la quotidienneté. Comme tous les instants de l’année, ils ont une valeur inestimable car, comme cela est dit à propos de nos patriarches, « chaque jour, ils ont fait leur travail ». En d’autres termes, aucune seconde qui passe n’est superflue dans le service de D.ieu, et à plus forte raison un jour ou un mois. Pourtant, cette régularité même a pu nous faire oublier la nécessité de la transcendance ou, si l’on veut, la recherche du Divin au cœur du monde. Voici qu’arrive le mois de Kislev, celui de la lumière, et, à son entrée, le congrès international des délégués du Rabbi. Il a lieu à New York dans la période, chaque année. On pourrait penser que c’est là un de ces rendez-vous rituels dont la récurrence ne peut qu’effacer l’enthousiasme des débuts. Mais, comme pour le mois qui l’accueille, c’est bien là une histoire de lumière. Et cela change tout.
Que ressent-on quand, par un jour de grisaille, les nuages se déchirent et que, du ciel éclatant, jaillit une lumière qui transforme tout ce qu’elle touche ? C’est plus que de bonheur qu’il s’agit, c’est comme une renaissance et, en même temps, le sentiment d’une inéluctable victoire. Ainsi est le mois de Kislev dès son approche : tout de lumière infinie. Ainsi est le congrès des délégués du Rabbi : la réunion des porteurs de lumière partout dans le monde. Car c’est bien là leur fonction ultime : chasser l’obscurité là où elle se trouve, quelles qu’en soient les formes.
Le combat paraît inégal, sans beaucoup de chance de réussite ? Kislev vient nous dire qu’il n’en est rien. Par sa venue, il fait pénétrer la lumière en tous lieux. Et celle-ci a une caractéristique : rien ne peut l’arrêter ni la faire reculer. Elle est la conquérante pacifique de toute la réalité. C’est également ainsi que les délégués du Rabbi accomplissent leur tâche.
C’est de cette façon que le monde change pour le bien. C’est sur cette voie que nous avançons car nous sommes aussi, selon le mot de nos sages, « les acteurs du jour », ceux qui le faisons naître. La victoire de la lumière survient à chaque instant, il nous appartient d’en être les maîtres d’œuvre.