Toledot: La Sidra de la Semaine
Mosaic Express | November 29, 2024
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Toledot: La Sidra de la Semaine

Mosaic Express | June 27, 2025

TOLEDOT

LA SIDRA DE LA SEMAINE

Le personnage de la Paracha Toledot est Its’hak, l’héritier et le successeur d’Avraham. Its’hak était l’enfant d’Avraham et de Sarah, né dans leur vieillesse et attendu pendant des dizaines d’années. C’est sur ce fils qu’ils mettaient tous leurs espoirs pour qu’il continue l’œuvre de leur vie, de sorte que leur dessein de faire du monde une résidence pour D.ieu aboutisse. Ils firent de grands sacrifices pour l’élever convenablement pour le rôle qu’il devait jouer et lui organisèrent un mariage qui lui permettrait à son tour de perpétuer leur héritage et leur vision.

UNE APPARENTE PASSIVITÉ

Et pourtant, l’image que nous présente la Torah semble par de nombreux aspects à l’antithèse de tout ce que nous savons d’Avraham. En réalité, Its’hak n’est pas moins dévoué dans l’accomplissement de la volonté divine qu’Avraham. Il est même prêt à sacrifier sa vie sans hésitation, à la demande de D.ieu. Mais dans le récit que fait la Torah de la vie d’Its’hak, nous ne voyons pas d’expansion des grands projets de son père pour éduquer l’humanité, pas de nouvelles branches dans l’entreprise familiale. Contrairement à Avraham, Its’hak ne mène pas de grandes batailles, se mêle à peine aux affaires du monde, ne quitte jamais les confins de la Terre Sainte et ne prend pas d’épouses ou de servantes pour agrandir sa famille au-delà des deux enfants qui lui sont nés de son unique femme. Il semble se satisfaire de mener une vie passive ; il ne semble pas affecté par les événements et les activités initiés autour de lui. En fait, sa vie est si dépourvue d’activité que, bien qu’il soit celui des Patriarches qui ait vécu le plus longtemps, il n’est le protagoniste que d’une seule Paracha (Avraham et Sarah avaient fait l’objet de trois Parachiot et Yaakov sera le centre de six !). La seule et unique entreprise que relate la Torah concernant Its’hak est qu’il creuse des puits. Est-ce donc cela le seul accomplissement dont est capable l’héritier unique d’Avraham ?

UN COURS PREPARE

Cependant, la Torah n’évoque à aucun moment, que quiconque, que ce soit Avraham ou D.ieu Lui-même, n’ait été insatisfait de l’apparente passivité d’Its’hak. Il semble y avoir une compréhension tacite que ce que fait Its’hak est bien ce qu’il est sensé faire. Calmement et sans fanfare, il continue l’œuvre de son père, n’imitant pas le comportement de ce dernier mais passant à l’étape suivante, à un niveau plus élevé.

Its’hak avait compris (et vraisemblablement Avraham aussi) que le travail d’Avraham, aussi révolutionnaire et nécessaire fût-il, ne pouvait avoir qu’un impact limité. La méthode de son père pour disséminer la conscience Divine consistait à englober tout le monde, à atteindre la plus grande audience possible en ne demandant rien de ses auditeurs. C’était réellement la seule manière de réussir dans la diffusion de son message puisque le monde n’était pas encore intéressé par ce qu’il avait à dire. Le fait de stipuler des conditions aurait inutilement limité son influence. Le désavantage de son approche était qu’elle ne pouvait susciter de changement durable chez ceux qui n’avaient à s’impliquer en rien.

Quand nous lisons le sujet et les consignes de ce que l’on attend de nous avant d’entendre un cours, nous en absorbons mieux le contenu que si le sujet nous est entièrement inconnu. De la même façon, Avraham a pu inspirer son public mais puisqu’il ne leur demandait pas de «devoirs», c'est-à-dire de suivre ses enseignements en se raffinant davantage, ses auditeurs ne pouvaient atteindre des niveaux de conscience de la Divinité plus hauts que ceux qu’il avait lui-même exposés. Cela ne minimise en rien l’impact extraordinaire des efforts d’Avraham, il influença des milliers de personnes et entraîna dans son sillon de nombreux adeptes. Mais ces masses étaient entièrement nourries par son inspiration, son charisme et son exemple personnel. Mais quand elles n’étaient plus en sa présence et reprenaient leur propre vie, leur enthousiasme faiblissait.

DU BAS VERS LE HAUT

Its’hak sentit donc que cette approche, qui avait produit le succès extraordinaire de son père, causait paradoxalement une menace pour sa perpétuation. Il prit conscience du fait que, pour assurer la continuité de cette entreprise, sa propre discipline, sa rigueur, sa droiture et le respect de normes (gvourah) devraient désormais compléter l’amour altruiste de son père (‘hessed) tout comme le particularisme de sa mère avait complété l’universalisme de son père (voir la Sidra de la semaine dernière).

Il introduisit dans le programme d’Avraham l’idéal de raffinement de soi, l’encouragement du disciple à assumer la responsabilité de préparer spirituellement le cours avant d’entendre la leçon du maître. Là où la démarche d’Avraham avait été comme « du haut vers le bas », c'est-à-dire d’apporter la Divinité vers le bas, jusqu’aux couches les plus basses de l’humanité, l’approche d’Its’hak peut être considérée comme «du bas vers le haut», élevant les gens pour qu’ils puissent intégrer sans cesse de nouveaux degrés de conscience Divine dans leur vie.

(Continued on page 15)

TOLEDOT

LA SIDRA DE LA SEMAINE

Le personnage de la Paracha Toledot est Its’hak, l’héritier et le successeur d’Avraham. Its’hak était l’enfant d’Avraham et de Sarah, né dans leur vieillesse et attendu pendant des dizaines d’années. C’est sur ce fils qu’ils mettaient tous leurs espoirs pour qu’il continue l’œuvre de leur vie, de sorte que leur dessein de faire du monde une résidence pour D.ieu aboutisse. Ils firent de grands sacrifices pour l’élever convenablement pour le rôle qu’il devait jouer et lui organisèrent un mariage qui lui permettrait à son tour de perpétuer leur héritage et leur vision.

UNE APPARENTE PASSIVITÉ

Et pourtant, l’image que nous présente la Torah semble par de nombreux aspects à l’antithèse de tout ce que nous savons d’Avraham. En réalité, Its’hak n’est pas moins dévoué dans l’accomplissement de la volonté divine qu’Avraham. Il est même prêt à sacrifier sa vie sans hésitation, à la demande de D.ieu. Mais dans le récit que fait la Torah de la vie d’Its’hak, nous ne voyons pas d’expansion des grands projets de son père pour éduquer l’humanité, pas de nouvelles branches dans l’entreprise familiale. Contrairement à Avraham, Its’hak ne mène pas de grandes batailles, se mêle à peine aux affaires du monde, ne quitte jamais les confins de la Terre Sainte et ne prend pas d’épouses ou de servantes pour agrandir sa famille au-delà des deux enfants qui lui sont nés de son unique femme. Il semble se satisfaire de mener une vie passive ; il ne semble pas affecté par les événements et les activités initiés autour de lui. En fait, sa vie est si dépourvue d’activité que, bien qu’il soit celui des Patriarches qui ait vécu le plus longtemps, il n’est le protagoniste que d’une seule Paracha (Avraham et Sarah avaient fait l’objet de trois Parachiot et Yaakov sera le centre de six !). La seule et unique entreprise que relate la Torah concernant Its’hak est qu’il creuse des puits. Est-ce donc cela le seul accomplissement dont est capable l’héritier unique d’Avraham ?

UN COURS PREPARE

Cependant, la Torah n’évoque à aucun moment, que quiconque, que ce soit Avraham ou D.ieu Lui-même, n’ait été insatisfait de l’apparente passivité d’Its’hak. Il semble y avoir une compréhension tacite que ce que fait Its’hak est bien ce qu’il est sensé faire. Calmement et sans fanfare, il continue l’œuvre de son père, n’imitant pas le comportement de ce dernier mais passant à l’étape suivante, à un niveau plus élevé.

Its’hak avait compris (et vraisemblablement Avraham aussi) que le travail d’Avraham, aussi révolutionnaire et nécessaire fût-il, ne pouvait avoir qu’un impact limité. La méthode de son père pour disséminer la conscience Divine consistait à englober tout le monde, à atteindre la plus grande audience possible en ne demandant rien de ses auditeurs. C’était réellement la seule manière de réussir dans la diffusion de son message puisque le monde n’était pas encore intéressé par ce qu’il avait à dire. Le fait de stipuler des conditions aurait inutilement limité son influence. Le désavantage de son approche était qu’elle ne pouvait susciter de changement durable chez ceux qui n’avaient à s’impliquer en rien.

Quand nous lisons le sujet et les consignes de ce que l’on attend de nous avant d’entendre un cours, nous en absorbons mieux le contenu que si le sujet nous est entièrement inconnu. De la même façon, Avraham a pu inspirer son public mais puisqu’il ne leur demandait pas de «devoirs», c'est-à-dire de suivre ses enseignements en se raffinant davantage, ses auditeurs ne pouvaient atteindre des niveaux de conscience de la Divinité plus hauts que ceux qu’il avait lui-même exposés. Cela ne minimise en rien l’impact extraordinaire des efforts d’Avraham, il influença des milliers de personnes et entraîna dans son sillon de nombreux adeptes. Mais ces masses étaient entièrement nourries par son inspiration, son charisme et son exemple personnel. Mais quand elles n’étaient plus en sa présence et reprenaient leur propre vie, leur enthousiasme faiblissait.

DU BAS VERS LE HAUT

Its’hak sentit donc que cette approche, qui avait produit le succès extraordinaire de son père, causait paradoxalement une menace pour sa perpétuation. Il prit conscience du fait que, pour assurer la continuité de cette entreprise, sa propre discipline, sa rigueur, sa droiture et le respect de normes (gvourah) devraient désormais compléter l’amour altruiste de son père (‘hessed) tout comme le particularisme de sa mère avait complété l’universalisme de son père (voir la Sidra de la semaine dernière).

Il introduisit dans le programme d’Avraham l’idéal de raffinement de soi, l’encouragement du disciple à assumer la responsabilité de préparer spirituellement le cours avant d’entendre la leçon du maître. Là où la démarche d’Avraham avait été comme « du haut vers le bas », c'est-à-dire d’apporter la Divinité vers le bas, jusqu’aux couches les plus basses de l’humanité, l’approche d’Its’hak peut être considérée comme «du bas vers le haut», élevant les gens pour qu’ils puissent intégrer sans cesse de nouveaux degrés de conscience Divine dans leur vie.

(Continued on page 15)

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