Des Doutes
Mosaic Express | January 17, 2026
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Des Doutes

Mosaic Express | January 20, 2026

LE RECIT DE LA SEMAINE

DES DOUTES ?

Mon ami Avi est issu d’une famille ‘hassidique très connue et respectable. Très jeune, il travaillait à Sao Paulo comme ingénieur dans un des grands bureaux qui appartenait à un des géants juifs de la finance internationale. Tous les après-midis, il allait prier Min’ha puis mangeait dans un des restaurants cachères proches de son lieu de travail avec d’autres ‘Hassidim qui travaillaient dans le quartier.

Un jour, en 1971, alors qu’il venait de se fiancer (avec celle qui est toujours son épouse encore pour de longues années) et qu’il s’apprêtait à prier Min’ha selon son habitude, Rav Naftali Greenspan, un des plus anciens ‘Hassidim, s’approcha de lui et lui annonça : je reviens aujourd’hui de New York. Hier, je suis entré en Ye’hidout (entrevue privée) chez le Rabbi qui m’a demandé, entre autres, si je connaissais un certain Avi (et il a cité ton nom de famille). Bien sûr, ai-je répondu et le Rabbi m’a demandé de te transmettre son bonjour et a ajouté : certainement il a la réponse à la question qu’il m’avait posée !

Avi était stupéfait et ne comprenait pas de quoi il s’agissait. Déjà, le fait que le Rabbi mentionne son nom et lui transmette ses salutations était peu ordinaire. Mais surtout, il ne comprenait pas du tout à quoi le Rabbi faisait allusion ! Il ne se souvenait pas avoir posé quelque question que ce soit ! Entre temps, tous les fidèles s’étaient rassemblés autour de lui pour obtenir des explications de sa part. Très intrigué et, comme il était originaire de Galicie, il a déclaré que la coutume dans sa famille était de ne rien dévoiler des directives personnelles du Rabbi. On l’a donc laissé tranquille et tous ont prié Min’ha. Avi est retourné au bureau mais ne cessait de réfléchir à cet épisode curieux : à quoi le Rabbi faisait-il allusion ? Il ne parvenait pas à se concentrer dans son travail, un projet ambitieux et complexe dans lequel il occupait un rôle primordial. Son supérieur s’en aperçut et eut pitié de lui : Avi, je vois que tu ne vas pas bien, tu ne te concentres pas suffisamment alors que de nombreuses personnes dépendent de ton travail, rentre chez toi !

Avi rentra chez lui et toute la nuit, il réfléchit à ce qui s’était passé. Soudain, au petit matin, il se souvint !

Six ou sept années auparavant, alors qu’il n’avait que quinze ans, il étudiait la Torah avec une centaine d’autres jeunes gens du Brésil dans la Yechiva de Telz à Cleveland. Cette Yechiva n’est pas Loubavitch mais Avi était déjà bien attaché au Rabbi et, lors de la fête de Pessa’h 1965, alors qu’il se trouvait à New York, il lui avait écrit une question qui ne le préoccupait pas vraiment mais, pour lui, c’était plutôt un jeu. Le Rabbi lui avait répondu quelques jours plus tard. Avi avait laissé à la Yechiva la copie de sa lettre et la réponse du Rabbi et les avait égarées. De fait, le Rabbi n’avait pas répondu à une de ses questions...

« Il est écrit dans le traité Kidouchine (chapitre deux) : il est interdit de se marier sans avoir vu auparavant sa fiancée de peur de lui trouver quelque chose de déplaisant et d’en divorcer. Or, précisait le jeune Avi dans sa lettre, n’est-il pas écrit : Tu aimeras ton prochain comme toi-même ? Comment toute cette procédure de Chidou’him, de rencontres arrangées peut-elle aboutir à des mariages heureux alors que la coutume ambiante est de privilégier une longue relation entre les jeunes gens avant qu’ils ne prennent la décision de se fiancer ? N’est-ce pas risquer de contrevenir à un commandement de la Torah et ne vaudrait-il pas mieux agir comme les gens autour de nous qui préfèrent d’abord bien se connaître avant de se marier ? Le Rabbi n’avait à l’époque pas répondu à cette question. Apparemment, il ne servait à rien de répondre à un adolescent qui devait plutôt se concentrer sur ses études et non sur ces sujets-là. Mais maintenant, les années avaient passé, Avi avait grandi et mûri et s’était fiancé : le Rabbi lui souhaitait donc Mazal Tov et mentionnait discrètement qu’il se souvenait de ses doutes passés qui n’étaient certainement plus de mise maintenant, surtout que sa décision de se fiancer avait été prise après un très petit nombre de rencontres : celles-ci avaient suffi à Avi pour apprécier les qualités de la jeune fille qu’on lui présentait et accepter la proposition. De fait, le Rabbi voulait signifier que maintenant Avi comprenait certainement comment ce processus de Chidou’him était bien plus efficace que de longues fréquentations puisqu’il venait d’ailleurs de l’expérimenter par lui-même !

Pour lui, cette fine allusion du Rabbi à sa question fut le plus beau cadeau de mariage ; ce n’était pas tant la mémoire extraordinaire du Rabbi qui l’avait ému mais surtout son empathie pour répondre à une question posée par un jeune garçon de quinze ans...

Mena’hem Cohen
Traduits par Feiga Lubecki

LE RECIT DE LA SEMAINE

DES DOUTES ?

Mon ami Avi est issu d’une famille ‘hassidique très connue et respectable. Très jeune, il travaillait à Sao Paulo comme ingénieur dans un des grands bureaux qui appartenait à un des géants juifs de la finance internationale. Tous les après-midis, il allait prier Min’ha puis mangeait dans un des restaurants cachères proches de son lieu de travail avec d’autres ‘Hassidim qui travaillaient dans le quartier.

Un jour, en 1971, alors qu’il venait de se fiancer (avec celle qui est toujours son épouse encore pour de longues années) et qu’il s’apprêtait à prier Min’ha selon son habitude, Rav Naftali Greenspan, un des plus anciens ‘Hassidim, s’approcha de lui et lui annonça : je reviens aujourd’hui de New York. Hier, je suis entré en Ye’hidout (entrevue privée) chez le Rabbi qui m’a demandé, entre autres, si je connaissais un certain Avi (et il a cité ton nom de famille). Bien sûr, ai-je répondu et le Rabbi m’a demandé de te transmettre son bonjour et a ajouté : certainement il a la réponse à la question qu’il m’avait posée !

Avi était stupéfait et ne comprenait pas de quoi il s’agissait. Déjà, le fait que le Rabbi mentionne son nom et lui transmette ses salutations était peu ordinaire. Mais surtout, il ne comprenait pas du tout à quoi le Rabbi faisait allusion ! Il ne se souvenait pas avoir posé quelque question que ce soit ! Entre temps, tous les fidèles s’étaient rassemblés autour de lui pour obtenir des explications de sa part. Très intrigué et, comme il était originaire de Galicie, il a déclaré que la coutume dans sa famille était de ne rien dévoiler des directives personnelles du Rabbi. On l’a donc laissé tranquille et tous ont prié Min’ha. Avi est retourné au bureau mais ne cessait de réfléchir à cet épisode curieux : à quoi le Rabbi faisait-il allusion ? Il ne parvenait pas à se concentrer dans son travail, un projet ambitieux et complexe dans lequel il occupait un rôle primordial. Son supérieur s’en aperçut et eut pitié de lui : Avi, je vois que tu ne vas pas bien, tu ne te concentres pas suffisamment alors que de nombreuses personnes dépendent de ton travail, rentre chez toi !

Avi rentra chez lui et toute la nuit, il réfléchit à ce qui s’était passé. Soudain, au petit matin, il se souvint !

Six ou sept années auparavant, alors qu’il n’avait que quinze ans, il étudiait la Torah avec une centaine d’autres jeunes gens du Brésil dans la Yechiva de Telz à Cleveland. Cette Yechiva n’est pas Loubavitch mais Avi était déjà bien attaché au Rabbi et, lors de la fête de Pessa’h 1965, alors qu’il se trouvait à New York, il lui avait écrit une question qui ne le préoccupait pas vraiment mais, pour lui, c’était plutôt un jeu. Le Rabbi lui avait répondu quelques jours plus tard. Avi avait laissé à la Yechiva la copie de sa lettre et la réponse du Rabbi et les avait égarées. De fait, le Rabbi n’avait pas répondu à une de ses questions...

« Il est écrit dans le traité Kidouchine (chapitre deux) : il est interdit de se marier sans avoir vu auparavant sa fiancée de peur de lui trouver quelque chose de déplaisant et d’en divorcer. Or, précisait le jeune Avi dans sa lettre, n’est-il pas écrit : Tu aimeras ton prochain comme toi-même ? Comment toute cette procédure de Chidou’him, de rencontres arrangées peut-elle aboutir à des mariages heureux alors que la coutume ambiante est de privilégier une longue relation entre les jeunes gens avant qu’ils ne prennent la décision de se fiancer ? N’est-ce pas risquer de contrevenir à un commandement de la Torah et ne vaudrait-il pas mieux agir comme les gens autour de nous qui préfèrent d’abord bien se connaître avant de se marier ? Le Rabbi n’avait à l’époque pas répondu à cette question. Apparemment, il ne servait à rien de répondre à un adolescent qui devait plutôt se concentrer sur ses études et non sur ces sujets-là. Mais maintenant, les années avaient passé, Avi avait grandi et mûri et s’était fiancé : le Rabbi lui souhaitait donc Mazal Tov et mentionnait discrètement qu’il se souvenait de ses doutes passés qui n’étaient certainement plus de mise maintenant, surtout que sa décision de se fiancer avait été prise après un très petit nombre de rencontres : celles-ci avaient suffi à Avi pour apprécier les qualités de la jeune fille qu’on lui présentait et accepter la proposition. De fait, le Rabbi voulait signifier que maintenant Avi comprenait certainement comment ce processus de Chidou’him était bien plus efficace que de longues fréquentations puisqu’il venait d’ailleurs de l’expérimenter par lui-même !

Pour lui, cette fine allusion du Rabbi à sa question fut le plus beau cadeau de mariage ; ce n’était pas tant la mémoire extraordinaire du Rabbi qui l’avait ému mais surtout son empathie pour répondre à une question posée par un jeune garçon de quinze ans...

Mena’hem Cohen
Traduits par Feiga Lubecki

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