Editorial Un Monde en Désordre
Mosaic Express | January 12, 2024
Print This Article
View Original PDF

Editorial Un Monde en Désordre

Mosaic Express | December 10, 2025

Sans doute vivons-nous un temps particulier. Lorsque nous regardons autour de nous, nous sommes bien souvent pris d’un sentiment de vertige, comme si les choses auxquelles nous sommes quotidiennement confrontés nous donnaient une impression nouvelle de déséquilibre. D’une certaine manière, tout se passe comme si le monde n’avait plus tout à fait la stabilité qu’il assurait jusqu’ici mais que nous étions entrés dans une phase de désordre généralisé, qui deviendrait alors le cadre de la vie de tous. Le débat entre l’ordre et le désordre est certainement l’un des plus complexes qui soit. Où est la valeur positive à rechercher, dans le premier ou dans le second ? Et, avant même de réfléchir à cela, qu’appelle-t-on ordre et que qualifie-t-on de désordre ? Y en a-t-il véritablement une définition objective ? Tout ordre en formation n’est-il pas lui-même désordre, et tout désordre en consolidation, une forme d’ordre ? Pourtant, force est de constater qu’une certaine harmonie coutumière semble s’être peu à peu effacée. Toute insatisfaisante ait-elle été, elle avait produit un monde plus serein, bouleversé à présent par une multiplication nouvelle de conflits meurtriers, et par une violence déchaînée au cœur même de nos sociétés qui pensaient l’avoir maîtrisée. La question en prend un nouvel accent. Que comprendre, que rechercher et que vivre ? Comme un lancinant triptyque, l’interrogation se soulève naturellement en chacun.

Il est bon alors de se souvenir de l’enseignement des Sages : D.ieu créa le monde « pour y établir de façon stable », c’est-à-dire pour que l’homme y trouve le lieu de son développement et de son progrès, individuellement et collectivement. Avec un tel objectif, la Torah a donné une vision des choses. Toute société humaine doit, bien sûr, tendre vers la paix et la justice. Mais également tout homme doit faire siens de tels buts et œuvrer concrètement, et d’abord en lui-même, pour leur réalisation. Reste à déterminer comment aller vers l’harmonie rêvée, comment écarter la tentation d’un désordre destructeur pour parvenir à un ordre garant de la liberté et du bonheur de chacun, et comme tel, accepté par tous.

Et si l’on se prenait à se soucier d’abord de l’autre. Le célèbre principe d’amour du prochain nous conduit à cette attitude. Se préoccuper de son prochain, autant de ses besoins que de ses désirs ou de son ressenti, c’est aussi s’oublier un peu soi-même. C’est finalement faire du monde, non un lieu de tensions opposées mais un espace de construction commune. Si l’autre passe avant soi dans l’esprit de chacun, l’harmonie remplace nécessairement la concurrence. Tout cela peut ne pas être qu’un beau rêve. Le Créateur a donné à l’homme un merveilleux pouvoir : celui de bâtir la réalité qu’il désir par son effort, sa conviction... et sa sagesse. C’est aujourd’hui que demain commence : à nous d’agir.

Sans doute vivons-nous un temps particulier. Lorsque nous regardons autour de nous, nous sommes bien souvent pris d’un sentiment de vertige, comme si les choses auxquelles nous sommes quotidiennement confrontés nous donnaient une impression nouvelle de déséquilibre. D’une certaine manière, tout se passe comme si le monde n’avait plus tout à fait la stabilité qu’il assurait jusqu’ici mais que nous étions entrés dans une phase de désordre généralisé, qui deviendrait alors le cadre de la vie de tous. Le débat entre l’ordre et le désordre est certainement l’un des plus complexes qui soit. Où est la valeur positive à rechercher, dans le premier ou dans le second ? Et, avant même de réfléchir à cela, qu’appelle-t-on ordre et que qualifie-t-on de désordre ? Y en a-t-il véritablement une définition objective ? Tout ordre en formation n’est-il pas lui-même désordre, et tout désordre en consolidation, une forme d’ordre ? Pourtant, force est de constater qu’une certaine harmonie coutumière semble s’être peu à peu effacée. Toute insatisfaisante ait-elle été, elle avait produit un monde plus serein, bouleversé à présent par une multiplication nouvelle de conflits meurtriers, et par une violence déchaînée au cœur même de nos sociétés qui pensaient l’avoir maîtrisée. La question en prend un nouvel accent. Que comprendre, que rechercher et que vivre ? Comme un lancinant triptyque, l’interrogation se soulève naturellement en chacun.

Il est bon alors de se souvenir de l’enseignement des Sages : D.ieu créa le monde « pour y établir de façon stable », c’est-à-dire pour que l’homme y trouve le lieu de son développement et de son progrès, individuellement et collectivement. Avec un tel objectif, la Torah a donné une vision des choses. Toute société humaine doit, bien sûr, tendre vers la paix et la justice. Mais également tout homme doit faire siens de tels buts et œuvrer concrètement, et d’abord en lui-même, pour leur réalisation. Reste à déterminer comment aller vers l’harmonie rêvée, comment écarter la tentation d’un désordre destructeur pour parvenir à un ordre garant de la liberté et du bonheur de chacun, et comme tel, accepté par tous.

Et si l’on se prenait à se soucier d’abord de l’autre. Le célèbre principe d’amour du prochain nous conduit à cette attitude. Se préoccuper de son prochain, autant de ses besoins que de ses désirs ou de son ressenti, c’est aussi s’oublier un peu soi-même. C’est finalement faire du monde, non un lieu de tensions opposées mais un espace de construction commune. Si l’autre passe avant soi dans l’esprit de chacun, l’harmonie remplace nécessairement la concurrence. Tout cela peut ne pas être qu’un beau rêve. Le Créateur a donné à l’homme un merveilleux pouvoir : celui de bâtir la réalité qu’il désir par son effort, sa conviction... et sa sagesse. C’est aujourd’hui que demain commence : à nous d’agir.

PDF Preview