Pour répondre à toutes ces questions, il nous faut au préalable énoncer une déclaration énigmatique, dans le Talmud, selon laquelle : « Celui qui reçoit l’injonction d’accomplir une Mitsva et qui s’y plie est plus grand que celui qui l’accomplit volontairement ». Cela semble paradoxal.
Les Tossefot (les commentateurs talmudiques des douzième et treizième siècles, en Allemagne et en France) expliquent qu’une personne, obligée d’accomplir une Mitsva, est toujours soucieuse, de peur de l’oublier ou de la négliger, alors que celle qui l’accomplit de sa propre volonté ne ressent ni pression ni anxiété.
D’autres commentateurs nous proposent une explication à la dimension spirituelle plus profonde.
Quand nous sommes obligés d’accomplir une Mitsva, notre Yétsèr Hara, notre inclination vers le mal, tente de nous en empêcher. Lorsque nous accomplissons une Mitsva parce que nous y sommes obligés par un commandement divin, normalement, cela ne nourrit pas notre égo. A l’opposé, cela nous oblige à reconnaître qu’il y a un Commandant divin auquel nous devons obéir, quoique nous désirions ou pensions être dans notre propre intérêt. C’est à cette prise de conscience et à ce sens d’obligation que le Yetser Hara s’oppose vivement.
