Vivre avec la Paracha
Mosaic Express | July 28, 2023
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Vivre avec la Paracha

Mosaic Express | December 31, 2025

Sarah avait été envoyée par son père, Rav Bentsion Raskin, de Russie en Pologne, à Varsovie plus précisément, chez son frère aîné Leibel qui était devenu un prospère homme d’affaires. Là-bas, espérait-il avec raison, sa fille serait préservée de tous les « ...ismes » : socialisme, communisme, Boudisme... qui se répandaient dangereusement parmi la jeunesse juive en Russie et qui menaçaient d’effacer tous les principes sacrés de la tradition juive. Sarah resta à Varsovie jusqu’à ce qu’elle soit en âge de se marier et qu’on lui proposât d’épouser Michoel Katzenllenbogen : Rabbi Chalom Dov Ber Schneerson avait donné son accord pour le mariage et le jeune couple s’installa près du Rabbi, dans le village de Loubavitch.

A l’époque, la coutume voulait que les jeunes gens de la Yechiva soient hébergés dans un dortoir ; ce fut Sarah et Michoel qui surveillaient cette structure, Sarah s’occupant essentiellement de la cuisine tandis que Michoel veillait à ce que les étudiants se comportent correctement, se lavent les mains rituellement le matin, récitent scrupuleusement leurs prières et progressent dans leurs études de la Torah et de la ‘Hassidout. Comme Michoel restait de longues heures le Chabbat à prier et à étudier, Sarah fut souvent invitée par la Rabbanit Shterna Sarah à participer au Kiddouch et au repas de son mari, Rabbi Chalom Dovber qui, lui, revenait plus tôt de la synagogue.

Durant la Première Guerre mondiale, la Yechiva de Loubavitch se déplaça à Rostov puis fut fermée par les autorités. Le jeune couple s’installa alors à Gzhatsk, une petite ville où vivaient peu de Juifs : « Les grandes villes sont remplies de Juifs communistes, raisonna Michoel et ceux-ci risquent d’influencer nos enfants. Il vaut mieux que nous nous installions parmi des non-Juifs, notre identité juive n’en sera que plus évidente et remarquée, ceci aidera nos enfants à rester fermement attachés à nos traditions ».

Michoel passait de longues heures à prier et étudier mais avait du mal à subvenir aux besoins grandissants de sa famille. Par contre, Sarah était une véritable femme d’affaires et se « débrouillait » : elle tissait des pelotes de laine qu’elle revendait au marché noir. Un jour, probablement fatiguée, elle demanda à son mari de l’aider : elle lui remit un panier rempli de sabots qu’il devait revendre au marché. Moins vigilant qu’elle, Michoel ne remarqua pas tout de suite les policiers qui arrivaient et il fut arrêté pour trafic illégal. Dès que Sarah l’apprit, elle se précipita au commissariat en criant : « Où est ce gredin de Katzenllenbogen ? Que je l’attrape et il comprendra qu’on ne se moque pas ainsi de moi ! ».

Amusés par les cris de cette femme « en furie contre son mari » et se régalant à l’avance d’assister à une belle scène de ménage, les policiers l’amenèrent dans la salle du tribunal : le juge était sur le point de condamner le contrevenant à dix ans de prison (ou même de travaux forcés en Sibérie) pour le « crime » de trahison et de trafic au marché noir.

Le Recit de la Semaine

Continuant de jouer à la femme furieuse contre son mari, Sarah entra en trombe dans la salle du tribunal, passa devant le juge sans même lui accorder un regard et se précipita vers Michoel : « Ah te voici ! Comment as-tu osé ? Mère Russie est si bonne envers nous et toi, tu lui craches à la figure en te livrant à des activités aussi criminelles ? Tu vas voir comment je vais te faire comprendre la gravité de ton crime ! ».

Elle se tourna vers le juge : « C’est un ivrogne que j’ai épousé ! Pour acheter sa vodka, il a volé les chaussures de mes enfants et a essayé de les revendre ! Votre Honneur ! Dans votre grande bonté, renvoyez-le à la maison et je lui enseignerai une bonne leçon ! ».

Convaincu que le renvoi de Michoel auprès de sa « terrible épouse » serait pire qu’une heure en enfer, le juge ordonna sa libération.

Loin de se contenter de cette victoire, Sarah continua courageusement son combat : elle exigea qu’on lui rende les sabots qu’il avait essayé de revendre au marché noir afin que leurs enfants n’aient pas à souffrir de « l’irresponsabilité » de leur père.

Et l’incroyable se produisit : le juge ordonna qu’on lui rende les marchandises.

Ce fut la première et dernière fois que Sarah tenta d’impliquer Michoel dans les tracas matériels de la famille...

Rebbetzin Shula Kazen - « The Queen of Cleveland »
Traduit par Feiga Lubecki

Sarah avait été envoyée par son père, Rav Bentsion Raskin, de Russie en Pologne, à Varsovie plus précisément, chez son frère aîné Leibel qui était devenu un prospère homme d’affaires. Là-bas, espérait-il avec raison, sa fille serait préservée de tous les « ...ismes » : socialisme, communisme, Boudisme... qui se répandaient dangereusement parmi la jeunesse juive en Russie et qui menaçaient d’effacer tous les principes sacrés de la tradition juive. Sarah resta à Varsovie jusqu’à ce qu’elle soit en âge de se marier et qu’on lui proposât d’épouser Michoel Katzenllenbogen : Rabbi Chalom Dov Ber Schneerson avait donné son accord pour le mariage et le jeune couple s’installa près du Rabbi, dans le village de Loubavitch.

A l’époque, la coutume voulait que les jeunes gens de la Yechiva soient hébergés dans un dortoir ; ce fut Sarah et Michoel qui surveillaient cette structure, Sarah s’occupant essentiellement de la cuisine tandis que Michoel veillait à ce que les étudiants se comportent correctement, se lavent les mains rituellement le matin, récitent scrupuleusement leurs prières et progressent dans leurs études de la Torah et de la ‘Hassidout. Comme Michoel restait de longues heures le Chabbat à prier et à étudier, Sarah fut souvent invitée par la Rabbanit Shterna Sarah à participer au Kiddouch et au repas de son mari, Rabbi Chalom Dovber qui, lui, revenait plus tôt de la synagogue.

Durant la Première Guerre mondiale, la Yechiva de Loubavitch se déplaça à Rostov puis fut fermée par les autorités. Le jeune couple s’installa alors à Gzhatsk, une petite ville où vivaient peu de Juifs : « Les grandes villes sont remplies de Juifs communistes, raisonna Michoel et ceux-ci risquent d’influencer nos enfants. Il vaut mieux que nous nous installions parmi des non-Juifs, notre identité juive n’en sera que plus évidente et remarquée, ceci aidera nos enfants à rester fermement attachés à nos traditions ».

Michoel passait de longues heures à prier et étudier mais avait du mal à subvenir aux besoins grandissants de sa famille. Par contre, Sarah était une véritable femme d’affaires et se « débrouillait » : elle tissait des pelotes de laine qu’elle revendait au marché noir. Un jour, probablement fatiguée, elle demanda à son mari de l’aider : elle lui remit un panier rempli de sabots qu’il devait revendre au marché. Moins vigilant qu’elle, Michoel ne remarqua pas tout de suite les policiers qui arrivaient et il fut arrêté pour trafic illégal. Dès que Sarah l’apprit, elle se précipita au commissariat en criant : « Où est ce gredin de Katzenllenbogen ? Que je l’attrape et il comprendra qu’on ne se moque pas ainsi de moi ! ».

Amusés par les cris de cette femme « en furie contre son mari » et se régalant à l’avance d’assister à une belle scène de ménage, les policiers l’amenèrent dans la salle du tribunal : le juge était sur le point de condamner le contrevenant à dix ans de prison (ou même de travaux forcés en Sibérie) pour le « crime » de trahison et de trafic au marché noir.

Le Recit de la Semaine

Continuant de jouer à la femme furieuse contre son mari, Sarah entra en trombe dans la salle du tribunal, passa devant le juge sans même lui accorder un regard et se précipita vers Michoel : « Ah te voici ! Comment as-tu osé ? Mère Russie est si bonne envers nous et toi, tu lui craches à la figure en te livrant à des activités aussi criminelles ? Tu vas voir comment je vais te faire comprendre la gravité de ton crime ! ».

Elle se tourna vers le juge : « C’est un ivrogne que j’ai épousé ! Pour acheter sa vodka, il a volé les chaussures de mes enfants et a essayé de les revendre ! Votre Honneur ! Dans votre grande bonté, renvoyez-le à la maison et je lui enseignerai une bonne leçon ! ».

Convaincu que le renvoi de Michoel auprès de sa « terrible épouse » serait pire qu’une heure en enfer, le juge ordonna sa libération.

Loin de se contenter de cette victoire, Sarah continua courageusement son combat : elle exigea qu’on lui rende les sabots qu’il avait essayé de revendre au marché noir afin que leurs enfants n’aient pas à souffrir de « l’irresponsabilité » de leur père.

Et l’incroyable se produisit : le juge ordonna qu’on lui rende les marchandises.

Ce fut la première et dernière fois que Sarah tenta d’impliquer Michoel dans les tracas matériels de la famille...

Rebbetzin Shula Kazen - « The Queen of Cleveland »
Traduit par Feiga Lubecki

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